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Sur le site de l'Exarchat : l'actualité de l'Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

Dans notre rubrique "Textes et documents" lire l'article sur La rencontre des primats des 14 Églises orthodoxes autocéphales du 10 au 12 octobre à Constantinople

"Vivre orthodoxes en Occident"
6e Rencontre Orthodoxe Régionale au Mans les 27-28 novembre 2010

Cette rencontre qui a eu lieu aurait pu s’appeler Congrès de la Fraternité Orthodoxe de l’Ouest, mais l’intitulé voulait souligner que la rencontre se situait dans la série des congrès intermédiaires entre les grands congrès triennaux de la Fraternité Orthodoxe en Europe occidentale, pour permettre aux fidèles disséminés de se retrouver dans un contexte local.

De tels « petits congrès » ont eu lieu en effet au Mans, à Bordeaux, à la Sainte Baume dans le sud-est et à Paray le Monial.
Michèle Nikitine a ouvert la Rencontre devant une assemblée qui réunissait 93 participants, la plupart venant des paroisses et communautés de l’ouest, quelques uns de Paris et même de Hollande, parmi lesquels Mgr Gabriel de Comane, le Père Arsenios, vicaire de la Métropole grecques du patriarcat œcuménique, l’évêque du Mans Mgr Yves Le Saulx, venu le dimanche assiste à la conférence du Père Syméon, higoumène du monastère St Silouane, plusieurs prêtres en charge des paroisses de l’ouest.

Le thème du congrès « Vivre orthodoxes en Occident » a été décliné de manière assez différente à travers conférences, ateliers et table ronde.

Daniel Struve, universitaire, membre de la rédaction de la revue Messager Orthodoxe, a abordé le thème du point de vue de l’Orthodoxie en général, en brossant d’abord quelques aspects très actuels de la situation. L’Orthodoxie, a-t-il dit, traverse un bouleversement important. Elle rentre dans une histoire dont elle avait été chassée. Donc elle est face à beaucoup de défis d’autant plus difficiles à relever que le changement a été brutal. L’orthodoxie occidentale ne peut rester à l’écart de l’orthodoxie mondiale. Daniel Struve a ensuite évoqué la réflexion de deux grandes personnalités de la « diaspora », Monseigneur Antoine Bloom et le P. Alexandre Schmemann. A travers leurs écrits il a en quelque sorte, revisité l’histoire de l’orthodoxie en Occident pour mettre en valeur leurs analyses qui restent d’actualité et, conservent donc tout leur intérêt.

C’est Monseigneur Bloom, a-t-il dit, qui a le mieux formulé la situation de l’exil chrétien.
Le P. Alexandre Schmemann a parlé du risque d’enfermement de la « diaspora » orthodoxe et il a toujours défendu le principe de l’Eglise locale.

Cette question de l’Église locale a soulevé ensuite dans l’assemblée un débat intéressant sur la différence entre les termes église territoriale et église locale et la légitimité du principe de territorialité.
C’est la question de vivre l’orthodoxie au quotidien, qui a été en jeu dans toutes les interventions et témoignages qui ont suivi. Après une introduction faite avec humour par Michèle Nikitine, le P.Lambert van Dinteren, recteur de la paroisse de Nantes, s’est interrogé sur la place de l’orthodoxie dans tous les domaines de son activité, la communauté, la famille, son travail parmi les pauvres, les handicapés : « Est-ce qu’à travers tout cela on peut dire avec des mots soit très anciens, soit contemporains, d’une façon honnête, en évitant l’orgueil ce qu’est l’orthodoxie et si c’est là l’Eglise, la fraternité vécue avec les autres ? ». D’autres témoignages suivirent lors de la « table ronde » qui réunissait 3 personnes d’origine étrangère vivant en France et un Français converti à l’orthodoxie auxquels J.M. Gourvil, sociologue, avait demandé (pour faire simple) de comparer du point de vue ecclésial et spirituel leur situation présente par rapport à l’antécédente. Leurs témoignages furent parfois percutants pour dire la différence entre la foi vécue dans leur pays d’origine et en France.

Toujours honnêtes, souvent vibrants, émouvants, ils trouvèrent des résonances dans l’assemblée.
Il appartenait à l’archimandrite Syméon de revenir sur les « fondamentaux » de notre foi pour clore les débats le lendemain après-midi. Mais le Père Syméon n’était pas d’humeur à faire un cours de théologie ! Il revenait d’un pèlerinage à Jérusalem et portait en lui toute la joie et l’émotion de ce voyage. Il nous le fit partager au cours de son exposé construit sur la seule réponse valable de quels sont les fondamentaux de l’Orthodoxie : l’amour. Il explora toutes les variations de cette réponse dans sa magnifique méditation qui sera certainement publiée comme toutes les autres interventions.

Cette rencontre se tenait au Centre de l’Etoile, un lieu accueillant et confortable ce qui n’était pas négligeable par ce temps hivernal. Au cours des pauses il y avait, comme toujours, la possibilité de rencontres, des échanges et aussi de découvertes.
C’est ainsi qu’à la petite librairie tenue par Mère Théodora du monastère Saint Silouane j’ai découvert deux ouvrages pour enfants édité par le monastère dont j’ai rapporté des exemplaires pour la Crypte. L’un concerne les icones, joyeusement illustré et pédagogiquement bien conçu, l’autre est un petit carnet destiné aux jeunes enfants pour suivre (avec l’aide des parents) la liturgie. Dans le genre c’est de loin le mieux de ce que j’ai vu. Au lieu des sages illustrations habituelles destinées à reproduire les gestes importants du liturge, les images de ce carnet sont chargées de poésie, à la fois évocatrices du moment liturgique auquel elles se réfèrent et en même temps susceptibles d’éveiller la sensibilité, de faire travailler l’imagination de l’enfant. Ce carnet a été conçu par une sœur du monastère St Jean Baptiste de Maldon en Angleterre. Il a été traduit en français (il s’agit uniquement de textes liturgiques brefs imprimés sur l’image) et édité par le monastère St Silouane.

Après les vêpres du soir célébrées au Centre de l’Etoile, Matthieu Sollogoub et Denys Clément ont préparé une lecture méditative de l’évangile du dimanche selon une méthode qu’ils avaient inauguré à Paray-le-Monial, méthode simple consistant à relever certains passages sans aucun commentaire personnel.
La liturgie du dimanche a eu lieu dans la crypte de l’église St Benoît située à environ 10 mn du centre.

Cette crypte, prêtée par l’église catholique, est le lieu de culte permanent de la communauté orthodoxe du Mans, placée sous la protection de la Métropole grecque. La crypte était archi-pleine, beaucoup d’autres personnes s’étant jointes aux congressistes et la belle liturgie fut célébrée par le P. Arsenios en présence de Mgr Gabriel qui bénit les fidèles.
Il revenait à Sophie Stavrou, secrétaire générale de la Fraternité Orthodoxe en France et Europe occidentale qui avec la Fraternité de l’Ouest était partie prenante de l’organisation, de clore la Rencontre. Elle le fit avec beaucoup de grâce et de précision, remerciant tous ceux qui s’étaient dévoués, en premier lieu Michèle Nikitine, en tirant les conclusions de la Rencontre et en donnant rendez-vous à tous pour le prochain Congrès de la Fraternité.

Danielle Gousseff