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Sur les pas de Moïse au Buisson Ardent

Arrachés au cours habituel des choses, nous nous sommes trouvés, Hélène et moi-même, pendant trois jours au monastère de Sainte-Catherine au Sinaï, au lieu de la plus extraordinaire manifestation de Dieu au peuple d'Israël.

Tout d'abord, la vision du Buisson ardent qui brûlait sans se consumer et de l'intérieur duquel se fit entendre la Voix de Dieu révélant son Nom sacré, porteur de sa Présence et de sa grâce. « Moïse alors se voila la face, dans la crainte que son regard ne se fixât sur Dieu » (Ex.3,6).

Cette première vision - ou théophanie - porte en elle en germe et en promesse toute la suite des évènements fondateurs de l'Alliance première avec Israël que l'Ange du Seigneur, figuré par la nuée de feu, conduira à travers le désert du Sinaï jusqu'à la Terre promise. Sur cette même montagne, Moïse recevra les Tables de la Loi, ce Décalogue qui préfigure le don de l'Evangile par Jésus le Nouveau Moïse.

Il ne nous a pas été donné de gravir le Mont Moïse, là où selon la tradition Moïse rencontra à nouveau le Seigneur, dans la tempête et le tonnerre et le son violent des trompes angéliques, quand la montagne toute fumante tremblait violemment (Ex.19,18-10).
C'est là aussi que plus tard le prophète Elie fut le témoin de Dieu, non plus dans la tempête et le feu violent, mais dans « le souffle d'une brise légère » (1 Rois,19,12), préfigurant ainsi la venue de Celui qui « ne brisera pas le roseau froissé, ni ne soufflera la mèche qui fume » (Is.42,3 et Mt.12,20), de Celui qui est « doux et humble de cœur'(Mt.11,28).

Aussi, je reviendrai à la chapelle du Buisson Ardent, à ce Buisson devant lequel Moïse « ôta les sandales de ses pieds » (Ex.2,5). Cette figure de Moïse devant le Buisson est immortalisée dans les extraordinaires icônes byzantines préservées au monastère de Sainte-Catherine . Se déchausser les sandales, geste fondamental de respect devant le Sacré, devant la Présence du Tout Autre, de Celui qui se révèle dans son infinie miséricorde. La paille au contact du feu. Et c'est là que s'opère le miracle du respect de Dieu devant la fragilité de sa créature.

Tout le plan d'amour de Dieu est déjà inscrit en germe dans son apparition au Buisson. Car c'est pour cela même que l'homme a été créé par une surabondance infinie d'amour du Créateur pour le faire participer à la vie divine.

Lorsque dans la plénitude des temps le Fils de Dieu assumera notre nature périssable et corrompue, Il la sanctifiera au contact du feu de son amour, en arrachant par sa mort le dard du péché et en la rendant de nouveau capable d'être porteur de Dieu, c'est-à-dire « théophore ».

La tradition chrétienne verra dans la maternité virginale de Marie l'accomplissement du miracle du Buisson Ardent, en celle qui deviendra par excellence et pour toujours le temple très saint de la Présence divine. C'est ainsi que l'iconographie byzantine du Buisson Ardent représente fréquemment au cœur même de la fournaise la Mère de Dieu portant déjà en elle son Enfant divin.

Enfin, l'homme retrouve sa destinée première, lorsqu'il reçoit le Corps et le Sang vivifiants du Christ, buvant au Calice « rempli de Feu et d'Esprit » (liturgie de St.Jacques de Jérusalem) et que son corps même devient « le Temple du Saint Esprit »(1 Cor.6,19).

C'est dans l'avion du retour du Caire que court ma plume dans la joie d'avoir vécu avec Hélène cette grâce insigne et une immense reconnaissance envers nos hôtes de nous avoir accueillis au Caire avec tant d'amour et de nous avoir véhiculés jusque vers le Buisson.

Père Boris

Bulletin de la Crypte N° 320 février 2004