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Ouvrir son cœur

En guise d’éditorial pour ce bulletin de l’été, j’aimerais très fortement recommander comme lecture estivale un petit livre d’une richesse et d’une actualité extrêmes « Ouvrir son cœur », du Père Michel Evdokimov (Paris, Desclée de Brouwer, mai 2004, 156 p).

Cet essai représente à la fois une synthèse de toute l’expérience spirituelle et chrétienne traditionnelle sur le cœur, comme centre de la personne humaine, lieu privilégié de la présence de Dieu et de l’illumination de l’homme par les énergies de la lumière divine, mais aussi le fruit de l’expérience la plus personnelle de l’auteur, à travers une vie entière consacrée au témoignage et à la transmission de l’Unique nécessaire. La simple énumération de quelques uns des nombreux titres et sous-titres de l’ouvrage suggère déjà la richesse et l’importance de la vision chrétienne du cœur relatée par le P.Michel : « Le cœur au centre de la personne – Les blessures du cœur – Sentir et penser avec le cœur – Descendre dans l’arène du cœur – Le cœur en paix : l’hésychasme – Le cœur transpercé. »

Il s’agit d’une véritable découverte – pour le lecteur - du mystère du cœur, de ce lieu d’une intériorité et profondeur insoupçonnées, d’un puis profond ou différents niveaux se découvrent successivement : le cœur superficiel et instable, siège des sentiments versatiles, mais aussi de l’intuition, le cœur où s’enracinent les désirs et les pulsions du subconscient ténébreux à la fois collectif et individuel, le cœur arène, c’est-à-dire lieu du combat spirituel, de ce « combat invisible » (titre de l’œuvre célèbre de saint Nicodème l’Hagiorite), mais combien meurtrier et douloureux, enfin cœur profond, à la fois occulté et emprisonné par les blindages du vieil homme, mais aussi lieu de la présence indicible de l’image de Dieu, c’est-à-dire l’allumière du Christ « qui éclaire tout homme venant dans le monde ».

Monseigneur Georges Khodr disait jadis que le monde ignore le mystère qu’il porte en lui. Nous pouvons transposer cela au niveau de la personne humaine et dire que lui aussi ignore le mystère (du Christ) qu’il porte dans ses profondeurs. Mais c’est là que se font entendre les gémissements de l’Esprit Consolateur, à la fois au cœur de la création et dans lest cœurs humains. Se réalise alors la parole de l’apôtre qui « souffre les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que le Christ soit manifesté en vous ». Plus encore que l’apôtre, c’est l’Esprit Lui-même en qui et par qui cet enfantement douloureux se produit jusqu’à ce que l’icône intérieure du Christ se manifeste, jaillissant de nos profondeurs et illuminant notre être entier, notre psychisme, nos sentiments, purifiant nos sens, éclairant notre intelligence et la rendant sensible au mystère de Dieu, fortifiant notre volonté et l’accordant à la volonté aimante de Dieu, et enfin en marquant notre corps même du sceau indélébile de l’Esprit du Christ.

Ainsi notre cœur est transpercé, livré sans défense à l’amour du Christ. Les yeux du cœur se dessillent pour la vision de Dieu et deviennent capables de le reconnaître dans l’autre, qui devient prochain et même frère. Par cette ouverture du cœur la personne humaine devient un levier capable de soulever, de transformer le monde, car nous devenons les coopérateurs de Dieu dans son dessein éternel de salut et de vie.

Après ces envolées où transparaît ma joie et mon émotion de cette lecture, je vous la recommande vivement.

Puisse-t-elle vous aider à traverser ce temps de l’été en gardant dans vos cœurs le désir et la quête de l’Unique nécessaire.

Père Boris

Bulletin de la Crypte N° 325 juillet-septembre 2004