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Un Nom nouveau

L’Église a hérité du judaïsme la coutume de l’imposition du nom au huitième jour de la naissance. J’aimerais m’y arrêter et m’efforcer d’en mettre en relief toute l’importance pour toute notre vie chrétienne.

L’Évangéliste Luc nous précise que Jean Baptiste et Jésus reçurent tous deux leur nom révélé par l’ange au 8e jour, lors de la cérémonie juive de la circoncision. L’Église en fait mémoire au 1er janvier. Depuis la haute antiquité chrétienne, l’imposition du nom fait partie des rites baptismaux. Dans la prière de l’imposition du nom l’Église prie : « Fais que ton saint Nom demeure sur lui (sur elle) sans être jamais renié ». Ainsi, au-delà de nos propres prénoms, nous sommes porteurs du Nom de Jésus, depuis notre baptême, et pour toute l’éternité. Ce Nom de Jésus doit s’imprimer au plus profond de notre cœur dont il épousera les battements, oxygénant par l’Esprit Saint toutes les cellules de notre corps.

À travers les siècles, la tradition orthodoxe développera une véritable mystique du Nom de Jésus, particulièrement dans la pratique de l’invocation du Nom de Jésus dans la prière du cœur. Faire descendre le Nom divin dans le cœur, c’est en irradier la présence et la puissance dans l’être tout entier, corps, psychisme, sentiments, intelligence. Toute notre énergie spirituelle trouve dans le Nom de Jésus sa source et sa vitalité.

Ainsi, le signe propre du chrétien, c’est ce Nom de Jésus qui entre dans sa vie. L’invocation du Nom de Jésus et du Nom du Seigneur est une prière toute primitive dont nous ne mesurons pas toute l’importance. Lorsque nous disons : « Notre Seigneur Jésus Christ », nous méconnaissons bien souvent toute la puissance, toute la nouveauté que ce titre « Seigneur » avait pris dans la bouche des premiers chrétiens. Avant même de recevoir le nom de « chrétiens » à Antioche, comme le dit le livre des Actes, ils s’appelaient tout simplement « Ceux qui invoquent le Nom du Seigneur » (1 Co 1,2). Par conséquent, dans leur cœur profond comme dans leur culte collectif, c’est par l’invocation du Nom du Seigneur que les premiers chrétiens se distinguaient du judaïsme dont ils n’étaient pas encore séparés.

Enfin, la liturgie orthodoxe donne une place très grande au refrain Kyrie eleison dont nous ne mesurons pas non plus toute l’importance. Il faut préciser que contrairement à ce que l’on pense, le Kyrie eleison des litanies n’est pas un simple refrain aux demandes litaniques du diacre. Le Kyrie eleison des litanies est la prière proprement dite ; le diacre ne fait que donner des intentions. Nous devons prendre conscience de l’importance du Kyrie eleison et ne pas en faire une « kyrielle ». L’esprit et l’intelligence ne peuvent pas suivre, lorsque le Kyrie eleison devient une « kyrielle ».

Le Kyrie eleison est donc un vestige du temps où la prière du cœur n’était pas l’apanage des spécialistes, des professionnels de la prière, mais où le peuple de Dieu tout entier la pratiquait. Sous des formes très variées, elle épousait le profil le plus personnel de chacun. L’Église nous enseigne l’importance du Nom de Jésus, de ce Nom qui est flamboyant, que nous invoquons comme une bénédiction, que nous déposons comme une sanctification sur toute créature, particulièrement sur la souffrance.

Père Boris

Bulletin de la Crypte N° 330 février 2005