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Éditorial de décembre 2008    


Si le grain de blé jeté en terre ne meurt

Il y a exactement 40 ans, le 3 décembre 1968, le fondateur de notre communauté de la crypte, le Père Pierre Struve était tragiquement emporté dans un accident de voiture. Durant les quatre dernières années de sa vie il s’était dévoué sans compter à la naissance et au développement de notre paroisse.

La semence jetée en terre s’avéra féconde et en lui se justifia grandement la parole du Seigneur : « Si le grain de blé jeté en terre ne meurt, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12,24).

Pierre StruveComment évoquer la si riche personnalité spirituelle du Père Pierre qui me fut un ami personnel depuis notre jeunesse commune. Il s’engagea très tôt dans le service de l’Eglise, tout d’abord au sein de l’Action Chrétienne des Étudiants Russes tout en étant très sensible et attentif à l’importance de l’insertion des descendants d’émigrés russes dans la vie sociale de leur patrie d’adoption, la France. C’est ainsi que de pair avec sa profession médicale dans laquelle il trouvait les moyens pour soulager les misères humaines, il embrassa le sacerdoce et sût gagner la confiance et l’affection de notre archevêque, Monseigneur Georges Tarassoff. Le Père Pierre convainquit Mgr Georges de la nécessité d’assurer un lieu de prière pour les orthodoxes de langue française ne connaissant pas ou peu le russe et encore moins le slavon d’église. À sa demande Mgr Georges accepta de mettre à sa disposition la crypte de notre cathédrale qui était pratiquement vacante. Très vite le Père Pierre s’entoura de collaborateurs et une minuscule communauté priante s’organisa et se développa. L’élan était donné et très vite une stabilité à la fois spirituelle et matérielle s’assura, à tel point qu’après le décès du Père Pierre la vie put continuer avec ses successeurs.

Je relis actuellement le N° spécial de notre bulletin de la crypte qui parut en janvier 1969 et qui fut entièrement consacré au Père Pierre.

J’y retrouve avec émotion les témoignages et les condoléances de nombreuses personnalités de l’Eglise catholique, du Conseil œcuménique des Églises, d’amis orthodoxes, manifestant par cela son rayonnement spirituel et le respect et l’affection dont il jouissait, bien au-delà des frontières canoniques de notre diocèse.  Voici quelques paroles que j’en extrais :

« C’est dans la totalité de toutes ses charges que le Père Pierre assumait dans son sacerdoce son ministère de chrétienne et inconditionnelle amitié à l’égard de tous ceux qu’il pouvait aider que nous avons touché à travers lui la présence, la douceur et l’amour de Jésus, de son Eglise. Sœur Marie, Supérieure des Sœurs de Bethléem.

« On sentait chez lui une profonde vie spirituelle qui donnait son sens à toute son activité pastorale, médicale, théologique.» Dom Philibert Zobel, Prieur de l’Abbaye Notre-Dame du Bec-Hellouin.

« Par la sûreté de son jugement, sa modération qui en faisait un PACIFIQUE au sens le plus profond du mot, il jouait un rôle éminent dans les contacts toujours plus fréquents et fraternels qui se sont établis depuis bien des années entre nos Églises. Sa modestie et son dévouement en faisaient un exemple pour tous » Mgr Dumont, fondateur du Centre Istina

« En plein vingtième siècle, en pleine société de gain et de rapacité, le Père Pierre, médecin des corps et des âmes, a exercé son double ministère dans un total désintéressement. Non seulement, lui aussi savait refuser l’argent des autres, mais encore c’est lui qui, corps et âme, se « dépensait » pour les autres. En fait, sa vie ne fut qu’un seul et même ministère, au service de Dieu et de ses frères, dont il n’a cessé de soulager les détresses physiques et morales, afin de les aider tout au long des jours, à passer de la mort à la vie » Père Bernard Dupire

Pour terminer, j’aimerais mentionner avant tout son épouse Tatiana, compagne fidèle et infatigable de son si fécond ministère qui lui survécut de longues années. Elle savait si bien partager avec lui à la fois ses soucis et ses joies et faire de leur maison un lieu chaleureux d’accueil et de réconfort. Par ailleurs c’est son fils le Père Alexis qui lui succède dans le sacerdoce et dans le service ecclésial de cette crypte. Je ne peux dire que ma joie et ma reconnaissance au Seigneur pour pouvoir me trouver avec lui, ainsi qu’avec le Père René et le Père Élisée dans la succession du Père Pierre et de servir tous ensemble « d’un seul cœur et d’une seule bouche » notre communauté.
Quant à moi, d’y servir pendant toutes ces quarante dernières années tellement bénies de mon sacerdoce. « Souvenez vous de ceux qui vous conduisent, eux qui vous ont annoncé la parole de Dieu, et, considérant la fin de leur vie, imitez leur foi »       (Heb 13,7).

 

Père Boris

Bulletin de la Crypte N° 368 décembre2008