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Ange de l'édito

ÉDITORIAL

Nous sommes ensemble pour vivre l’essentiel !

Durant ce mois de juin, nous allons célébrer la fête de notre paroisse dédiée à la Sainte Trinité. Une telle dédicace n’est pas neutre. Elle nous place immédiatement au centre de notre foi.

L’Église proclame la Trinité comme Sainte, Consubstantielle et Indivisible. Elle a été, et est, souvent au centre de controverses – les hommes se sont battus, divisés en son nom. En réalité, on peut se demander comment des mots peuvent dire le mystère de Dieu en trois Personnes ? C’est par un mouvement incessant d’amour entre les trois Personnes divines que jaillit la Vie ; qu’elle rejaillit sur l’Église et le monde entier. En réalité, la Sainte Trinité ne se dit pas, elle se vit.

Nous le savons, le Christ agit dans le monde par l’Église qui est son propre Corps. Ainsi, lorsque nous nous réunissons en Église, lorsque des chrétiens se rassemblent, ils deviennent participants au sacerdoce du Christ, portés par l’Esprit Saint. Quand nous nous unissons au Christ, Il nous mène à son Père par le Saint-Esprit. Ainsi, l’Église tout entière, à l’image de la Sainte Trinité, à l’image de cet amour trinitaire, témoigne de l’amour fou de Dieu pour les hommes. Chacun devient le collaborateur de notre Seigneur.

Je reviens de quelques jours passés à Saint-Pétersbourg où j’accompagnai, dans le cadre d’un programme soutenu par l’ACER Russie, le Père Pierre de Parcevaux et sœur Marie Bernard Chicaud, tous deux en charge d’un centre catholique d’accueil pour les toxicomanes, "La Luciole". Ils allaient à la rencontre de prêtres et de travailleurs sociaux engagés dans le même service, dans le cadre de l’Église orthodoxe russe, afin de partager ensemble leurs expériences respectives. J’ai été frappé par leur capacité, dès lors que l’on se met au service de son frère, de s’oublier, de dépasser les différences et les divisions malgré la diversité de cultures et d’approches. Devant la souffrance de l’homme, ces divisions devenaient insignifiantes, pour ne pas dire scandaleuses. Leur service à Dieu et au monde nous offre une belle image de notre vocation en tant que peuple au service de la Sainte Trinité.

À chaque fois que nous tendons la main à notre prochain, à chaque fois que nous proclamons la Bonne Nouvelle au monde, nous célébrons devant le monde l’unité "parfaite" du Fils devenu homme, avec le Père et l’Esprit. C’est cela, la communion éternelle de la création dans le mystère de l’amour. Nous entrons dans l’intimité de la vie Trinitaire. Nous-mêmes devenons un, car de la Trinité vient toute unification, mais aussi toute différence. Quelle richesse ! Toutes nos différences se rejoignent, s’enrichissant les unes les autres, nous invitant à témoigner de l’unité et de l’amour de l’Unique. C’est, je crois aussi, une des caractéristiques de notre communauté.

Ce qui est vrai pour notre communauté l’est aussi pour notre diocèse. Dans notre grande diversité d’origines, de cultures, de pratiques, par la grâce du Saint-Esprit nous restons toujours un en Christ. Au milieu du bruit et de la fureur du monde, notre diocèse, notre paroisse sont appelés à être havres de communion, de paix, de prière, de silence, de témoignage, de vérité, de joie, d’amour. Être des lieux où notre Seigneur puisse reposer sa tête.

Et pourtant le bruit et la fureur pénètrent dans la communauté ecclésiale : la division, les tensions entre les personnes, nos propres faiblesses, limitations, contingentements, nos tentations sont là et bien là ! Il faut savoir remettre ces tensions à leur place et surtout écouter saint Paul nous dire : "Supportez-vous les uns les autres avec charité ; appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix" (Eph 4,2-3). À nous d’ouvrir les fenêtres et les portes de nos cœurs pour laisser pénétrer le souffle de l’Esprit. En Christ l’Église est l’Église de l’Esprit Saint où l’homme trouve "amour, joie, paix, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses, il n’y a pas de loi" (Ga 5, 22).

Quelle joie pour notre communauté de porter une telle dédicace mais aussi quelle responsabilité pour notre assemblée appelée à être un fidèle reflet de l’Assemblée trinitaire !

Père Alexis
 

Bulletin de la Crypte N° 413 juin 2013