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Éditorial

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Le sens d’une élection en Église

Dans les prochaines semaines, une assemblée générale sera appelée à élire notre nouvel archevêque, notre nouveau pasteur. Ce choix devra ensuite être confirmé par le Saint-Synode de l’Église de Constantinople.

Cette élection est un acte important dans la vie de notre diocèse. Il s’agit de désigner celui qui a pour tâche de garder la communauté dans la vérité et dans l’unité, celui qui va personnifier le lien entre toutes les composantes de notre diocèse – paroisses, communautés, monastères – celui qui sera appelé à faire croître cette communauté vers la "pleine stature du Christ" (Éph 4,13).

Dès ses origines, les fondateurs de notre diocèse ont découvert et compris que notre vocation était d’être les témoins de l’orthodoxie là où le Seigneur nous avait placés. Aujourd’hui, l’enracinement de notre entité sur la terre occidentale est plus manifeste encore. Ouvert à tous, indépendamment de la nationalité ou de la langue, notre archevêché se distingue par sa richesse et sa diversité tout en restant fidèle et attaché à la tradition spirituelle et théologique russe dont il est issu.

Cette assemblée générale réunira le clergé ainsi que les délégués laïcs de l’ensemble des paroisses, communautés et monastères de notre diocèse. C’est un privilège rare dans l’Église orthodoxe que d’avoir la possibilité de choisir son évêque dirigeant par une assemblée clérico-laïque. Cependant , tout privilège appelle en retour des devoirs. Il est, je crois, important de comprendre qu’élection ne veut pas forcément dire démocratie au sens où celle-ci est pratiquée dans la société civile, avec des partis politiques et des stratégies de pouvoir. En Église une telle approche a peu de sens. L’Église du Christ n’est pas une institution ! C’est nous qui la constituons. La vraie Église est une vie nouvelle avec le Christ et en Christ. Une vie nouvelle dirigée par l’Esprit Saint qui circule dans tout le corps de l’Église nous offrant unité et liberté, respectant les particularités de chacun, faisant communier chacun de nous et la communauté au Christ, pour le salut du monde.

Dans l’Église nous cherchons avant tout à vivre la conciliarité et celle-ci ne peut se réaliser que si nous laissons l’Esprit Saint souffler. Là est le premier des devoirs.

Concrètement, cela veut aussi dire éviter de se laisser envahir par des tentations partisanes, idéologiques, politiques ; en tâchant de ne pas poser des actes de divisions qui ensuite meUent des années à se résorber. Les tentations peuvent être nombreuses.

Si la diversité est incontestablement une richesse, elle peut être également source de tension. Il est tellement facile et réducteur de meUre des étiqueUes : moderniste, conservateur, oecuméniste, que sais-je encore... C’est laisser la division oeuvrer en nous. Laisser la division régner, l’accepter comme norme, c’est transformer notre péché en norme. Mais pour le chrétien il n’y a pas d’autre norme que notre Seigneur, mort et ressuscité. Notre Seigneur, l’Un de la Sainte Trinité, dont l’unicité en trois Personnes ne cesse d’être un mystère. Essayons autant qu’il est possible de Lui ressembler.
Tous ensemble, nous participons au même calice. Tous, au-delà de nos différences, membres du même Corps, nous sommes appelés à faire de ceUe élection un acte fondateur – fondateur pour chacun d’entre nous, en renonçant à toutes les tentations, fondateur pour notre diocèse. Tous, portés par l’Esprit Saint, participants au sacerdoce du Christ, essayons que ceUe élection soit un acte ecclésial afin que notre diocèse, avec un nouveau pasteur, soit, sans prétention mais avec assurance, ce lieu où se reflète la lumière du Christ pour que le monde croie.

Père Alexis.

Bulletin de la Crypte N° 415 septembre 2013