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Éditorial

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"Il est vivant, le Seigneur
devant qui je me tiens !" (I Rois, XVII-1)

Bien souvent lors des confessions ou des entretiens, le clergé est interrogé sur la prière : Comment prier ? Que demander dans la prière ? Est-ce que notre prière est bonne ? etc.…

Ces questions fondamentales sont à la fois vastes et simples.

Vastes car il en va dans la prière de notre relation avec Dieu – en tant que la prière est dialogue avec Lui – et quels horizons cela nous ouvre ! et simples car trop souvent nous nous compliquons la tâche en perdant de vue le but initial qui n’est rien d’autre que l’union à Dieu et notre relation à Lui.

Bien avant nous, les Saints Apôtres se sont posé les mêmes questions et les ont posées au Christ ; ainsi avons-nous reçu de Lui quelques conseils précieux :
– se retirer dans notre chambre (notre chambre intérieure bien entendu !),
– fermer notre porte (c’est-à-dire couper avec les pensées qui nous assaillent, chasser les impressions sombres que peut secréter l’imagination),
– que Sa volonté se fasse ; – et pardonner pour se savoir pardonnés et donc aimés (cf. le "Notre Père").

Car le postulat de base de toute prière doit être le suivant : se savoir infiniment aimés de Dieu.

En effet, comment la prière pourrait-elle être vraie et possible s’il n’y avait cette relation d’amour confiant et mutuel entre Dieu et nous-mêmes ?

Dès lors que l’Amour est présent, tout devient possible ; sans exception aucune.

Dieu – l’Amour par excellence – est un être de relation et c’est en relation avec Lui qu’Il nous veut… d’où la prière !
Ensuite, pour éviter toute illusion spirituelle, il est important et primordial de rejeter tout ce qui peut être émotionnel et affectif dans notre prière.

La prière n’est pas de l’ordre du "ressentir" mais elle est de l’ordre de "l’être" : il nous est juste demandé d’"être" ; de nous tenir devant Dieu, simplement.

Autrement dit, la prière juste est celle où nous avons l’impression qu’il ne se passe rien ; celle dans laquelle nous peinons, celle durant laquelle tout nous suggère que nous avons mieux à faire ailleurs et en général pour de saintes et nobles causes !
…C’est ainsi que la prière véritable s’avère être celle par laquelle le Seigneur nous voit combattre pour Lui, avec Lui et en Lui ; celle où nous nous tenons pauvres et démunis devant Lui ; tels que nous sommes ; mais "en esprit et en vérité", attendant tout de Sa miséricorde.

S’il peut nous arriver de douter, nous ne sommes pas sans fidélité pour autant. Le doute bien souvent n’est qu’un revers d’une foi authentique et, dans les nuits que nous pouvons traverser, la soif de la Présence de Dieu et de l’union à Lui font jaillir une lueur… une lumière intérieure.

Oui, lorsque nous sommes désorientés, cette soif emplit notre âme comme une attente de la présence de Dieu et notre cœur dépose aux pieds du Christ tout ce qui lui pesait et le retenait isolé ; loin de l’Amour Trinitaire qui se doit d’être notre joie, notre espérance et notre vie.

Alors, dans la simplicité et la pauvreté, nous nous retrouvons démunis, comme "vidés" intérieurement… mais si nous sommes "vidés" c’est par conséquent que nous sommes vides et donc plus à même d’être remplis par la grâce divine ; donc de posséder Dieu… et à qui possède Dieu, rien ne manque, car Dieu seul suffit à combler une vie puisqu’en Lui nous avons tout et qu’Il nous dispense tout ce dont nous avons besoin.

Et, en définitive, de quoi avons-nous besoin dans notre vie spirituelle ?

Simplement de retrouver en nous le plus vrai de ce que nous sommes, c’est-à-dire de retrouver Dieu en nous afin que ce soit Lui qui prie en nous et qu’Il devienne Lui-même notre prière.

Comme il en va de toute relation humaine ; qu’elle soit amicale ou amoureuse ; nous rencontrerons des "hauts" et des "bas" ; l’important est de tenir dans la durée et la fidélité sans s’effrayer des passages à vide que nous pourrons expérimenter. C’est là que la prière communautaire en Église et par les sacrements prendra toute son ampleur et sa valeur car elle fortifiera notre prière intérieure personnelle.

Il ne tient qu’à nous d’en abuser sans modération !

Ainsi, "confions nous, nous-mêmes et les uns les autres au Christ notre Dieu".

Courage, confiance et persévérance !

Père Élisée

Bulletin de la Crypte N° 416 octobre 2013