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Éditorial

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Ange de l'édito Message pascal du patriarche œcuménique Bartholomée

Frères concélébrants et enfants bien-aimés dans le Seigneur,

Le Christ est ressuscité !

Cette année encore, nous tous les fidèles orthodoxes fêtons joyeusement la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ et nous chantons : "Célébrons l'anéantissement de la mort, la destruction de l'enfer, le commencement d'une vie nouvelle et éternelle, et dans la joie chantons celui qui en est l'Auteur" (Canon pascal, ode 7).

Et alors que nous sommes en train de fêter joyeusement la Résurrection du Seigneur comme réalité de vie et d'espérance, autour de nous, dans le monde, nous entendons des vociférations et des menaces de mort, lancées de nombreuses régions de la terre. Elles sont poussées par ceux qui croient pouvoir résoudre les différends entre humains en tuant leurs adversaires, éclatante preuve de leur faiblesse. Car, on ne saurait améliorer le monde ni résoudre les problèmes humains en causant la mort du semblable, en agissant par esprit de revanche contre autrui, contre ce qui est différent.

D'ailleurs, il est généralement admis et reconnu, notamment de la part des gens sensés de tout temps, que le mal n'est vaincu que par le bien, jamais par le mal. Les problèmes sont véritablement résolus par la reconnaissance de ce qui fait la valeur de la personne humaine, par l'honneur qui lui est dû et par le respect de ses droits. E t, vice-versa, les problèmes de toute sorte sont créés et exacerbés par le mépris de la personne humaine et la violation de ses droits. Pour que la paix puisse exister, il faut garantir surtout les droits du faible, qui doit éprouver le sentiment de sécurité et il faut que le puissant soit juste. Pourtant, le Christ est ressuscité des morts, apportant la preuve que la mort ne saurait prédominer ni opérer une transformation durable du monde. Les situations créées par la mort sont irréversibles, car, en dépit des apparences, elles sont temporaires, elles n'ont ni racine ni rameau, tant que Christ, qui a définitivement remporté la victoire sur la mort, est invisiblement présent.

Nous, forts de notre espérance en Lui, nous croyons que le droit à la vie appartient à l'humanité. Ayant vaincu la mort et son pouvoir sur les humains, Jésus-Christ offre la Vie et la Résurrection. C'est en Lui et en son enseignement que l'homme doit placer son espoir. La foi en Christ mène à la Résurrection, à notre résurrection à tous ; la foi et la pratique, dans notre vie, de son enseignement mènent à notre salut à tous, mais aussi à la solution de nos problèmes dans le monde.

Frères et enfants, le message de la Résurrection réside dans cette transcendance de la faiblesse humaine ; c'est l'annonce de la vie face à la corruption du monde et à l'aventure humaine. Nous, installé par la grâce de Dieu, primat de la charité orthodoxe dans la vérité, depuis le Patriarcat œcuménique, nous invitons tout un chacun à la connaissance et à la vie, sachant que ce n'est qu'ainsi que sera retrouvée l'espérance, la nôtre et celle du monde, que la confusion humaine nous avait "dérobée".

Que la lumière de la Résurrection éclaire le cœur de tous ceux qui se réjouissent avec leurs semblables dans l'amour, la paix et la concorde dans le Fils et Verbe de Dieu qui est la Lumière du monde, la Vérité et la Vie.

C'est à Lui seul - le Seigneur de gloire ressuscité des morts, le "souverain de vie et maître de la mort" qui vit dans les siècles des siècles et qui "a donné la Vie à ceux qui sont dans les tombeaux" - qu'appartiennent gloire, honneur et action de grâce. Amen.

†Bartholomaios de Constantinople,
votre fervent intercesseur dans le Christ ressuscité.
Phanar, saintes Pâques 2015

Ange de l'édito Éditorial
Le temps pascal

Le Christ est ressuscité !

Nous venons de fêter le premier temps de la Cinquantaine Pascale, faisant nôtre la foi de Thomas, huit jours après la Passion de notre Seigneur : un jour après la Grande Semaine Lumineuse, au cours de laquelle, le Christ est revenu sur terre, réunir et rassurer ses disciples, qui, sans rien perdre de leur foi, étaient livrés à la crainte, privés de leur berger, du guide qui, seul, pouvait les rassembler, après les avoir unis à Lui par sa Passion, - le jour où tout commence, sans fin.

Car si le Carême est la voie que nous avons suivie, chacun pour soi et tous dans l'Église, pour effacer en nous le vieil homme, dissipant peu à peu les ténèbres jusqu'à pouvoir suivre dans la Lumière incarnée la renaissance qui nous est offerte, c'est dans la Passion que notre ascèse nous a rendus dignes de vivre ce mystère, à la fois d'en être spectateurs et d'en devenir acteurs, faisant nôtres les souffrances de notre Seigneur, sa mort et sa renaissance, triomphant avec Lui de nos doutes et de nos ténèbres. "Par la mort nous avons vaincu la mort".

Réconfortés, les apôtres vont répandre l'Évangile, créant la nouvelle Alliance, dont l'Église est la demeure et eux les piliers. La venue du Paraclet, que nous devons maintenant attendre un temps aussi long que celui que nous avons vécu dans le Carême, illuminera leurs esprits, les ouvrant au langage universel de la foi, par delà les langues et les pays. Tous témoigneront ensuite, à leur tour, par la Passion du martyr, sauf un, Jean le Théologien, "le Disciple bien-aimé". le seul fidèle au pied de la Croix.

Ce pèlerinage vers Dieu, nous le commençons dans l'amour, ayant à nouveau "revêtu le Christ". chargés, nous aussi, d'annoncer la Bonne Nouvelle dans notre vie de tous les jours, pardonnant comme nous sommes pardonnés, tournant nos cœurs vers nos frères chrétiens, comme nous le faisons aussi vers tous les humains qui peuplent notre terre. En ces temps où ressurgissent des guerres et une barbarie que l'on voulait disparue à jamais, n'oublions pas nos frères chrétiens d'Orient, dont le seul tort est de vouloir vivre leur foi dans des lieux qui en furent le berceau. N'oublions pas non plus nos frères d'Afrique, qui connaissent le martyre et tous ceux qui, de par le monde souffrent pour leur foi.

Nos peines et nos souffrances sont humaines, les leurs dépassent l'humanité. Soyons unis dans notre foi avec eux, comme nous le sommes dans notre Église les uns aux autres. Tels les disciples retrouvant leur berger après l'avoir cru perdu à jamais, soyons rassemblés dans l'amour et l'obéissance, animés de l'esprit de paix, car c'est dans l'Église, par et dans l'Esprit Saint, que chacun de nous est, avec tous les autres, le contemporain et le témoin du Ressuscité.

Nicolas Grimal

Bulletin de la Crypte N° 433 mai 2015