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Éditorial

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Ange de l'éditoLe péché, le repentir, le pardon ...

Le péché, le repentir, le pardon ... Autant de mots étranges pour notre époque où sont escamotées les réalités exigeantes de l'homme créé à l'image de Dieu ... Qu'est-ce à dire pour nos enfants ?

« Me repentir ... Mais me repentir de quoi ? C'est pas ma faute, la faute d'Adam et Ève ! » Me dit un enfant, le dimanche du Pardon. « Et, d'ailleurs, c'est quoi leur faute ? ».

Et puis « moi, il m'a rien fait le prêtre ... Pourquoi il me demande pardon ? » dit un autre.

Les petits pardons quotidiens et naturels sont par trop présents dans nos vies. Mais le pardon qui nous remet de plain-pied dans un face à face fécond, ce pardon-là est rare !

Lors de notre dernière séance de catéchisme nous avons tenté de parler de la réconciliation de Dieu avec l'homme.

La parabole du fils prodigue est « incroyable » ! Quand même, il n'a pas pu ne pas le punir ! s'étonne une petite fille. Ce fils est vraiment allé « trop loin ».

Tous les enfants avaient oublié que le père n'a pas puni, mais bien « fêté » le retour de son fils.

Ils s'offusquent de ce que le Christ nous demande d'aimer nos ennemis : « Non, mais ça, c'est impossible, c'est pas logique ! ».

Les enfants, par leurs réactions saines, nous montrent qu'il ne suffit pas de vivre dans une famille chrétienne pour être chrétiens. Reconnaître la Vérité des Évangile est le fruit d'une rencontre personnelle avec Dieu. C'est cette rencontre qui fait germer en nous la Parole de Vie.

Le carême est un temps privilégié pour se disposer à cette rencontre, pour que Dieu fasse sa demeure en nous.

Entendre que« Dieu est amour » depuis toujours ne suffit pas à écarter toutes sortes d'idées sur Dieu ...

La confession est un rendez-vous extraordinaire pour rencontrer personnellement notre Seigneur. Si ce moment est parfois redouté de nous et des enfants, c'est peut-être à cause de cette peur de se montrer sous un jour où nous ne nous aimons pas nous-mêmes. Accepter d'être aimé est parfois pénible. Et pourtant, quelle joie de pouvoir recommencer à vivre – tout neuf !

Oui, par ce sacrement, je renouvelle mon union à l'Église et à Dieu. C'est une fête d'Amour !

Je présente tous ces actes desquels je désire me défaire. Je me démasque, certain d'être accueilli dans la Joie. Chaque éclairage que je porte sur moi-même face à Lui (représenté par le prêtre) est un resserrement de l'étreinte de Dieu. Lors de la confession, je me dispose à ce que Sa volonté soit faite.

Si souvent il y a un hiatus entre la vie dans le monde et la vie d'Église, la confession pourrait être un pont... C'est une expérience intime, simple et extrêmement profonde. Les enfants y sont invités: c'est avec leurs mots qu'ils ont à parler de ce qui les sépare de Dieu, des autres et d'eux-mêmes.

La mort et le péché face au repentir et au pardon, ne sont plus des mots galvaudés et morbides dont on se méfie, ils deviennent une désignation du jeu de cache-cache entre l'homme et Dieu.

Par la confession, nous répondons à la question que Dieu pose à Adam :« Où es-tu » ?

C'est alors le Christ lui-même qui nous reçoit: «Va, ta foi t'a sauvé ! » Et le Père dira comme celui de la parabole: « Mon fils était mort et il est revenu à la Vie ! ».

Puissent les enfants, comme nous-mêmes, faire l'expérience de la résurrection par la confession !

Audrey Barrin

Bulletin de la Crypte N° 442 avril 2016