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Saint Paul

Première lettre de Paul à Timothée

Chapitre IV versets 9 à 15

Montre-toi un modèle pour les croyants

9 Elle est sûre cette parole et entièrement digne de notre foi.

10 À savoir que si nous peinons et si nous combattons, c'est que nous avons mis tout notre espoir dans le Dieu vivant, le Sauveur de tous les hommes, des croyants surtout.

11 Prescris cela et enseigne le.

12 Que personne ne méprise ton jeune âge. Au contraire, montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté.

13 En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement.

14 Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres.

15 Prends cela à cœur. Sois-y tout entier, afin que tes progrès soient manifestes à tous.

saint Jean ChrysostomeCommentaire patristique par saint Jean Chrysostome [audio]

Il est des objets qui ont besoin de prescriptions, et d'autres, d'enseignement.

Si donc vous commandez là où il faut instruire, vous vous rendrez ridicule, et il en sera de même si vous enseignez là où il faut commander. Ainsi, ne pas être pervers, il ne faut pas l'enseigner, mais l'ordonner, l'interdire avec une grande énergie ; ne pas judaïser, c'est matière à prescription.

Mais si vous dites que l'on doit répandre ses biens, garder la virginité, si vous discourez sur la foi, alors il faut un enseignement.

Aussi Paul établit-il les deux choses : « Prescris cela et enseigne le », dit-il. Par exemple, si quelqu'un porte des amulettes ou quelque objet semblable, et sait qu'il fait mal, c'est de prescription qu'il a besoin ; s'il l'ignore, c'est d'instruction.

« Que personne ne méprise ton jeune âge », dit-il. Vous voyez que le prêtre doit prescrire, parler avec énergie et non toujours enseigner. La jeunesse est souvent méprisée par le préjugé commun ; c'est pourquoi il dit : « que personne ne méprise ton jeune âge. ».

Car il faut que celui qui enseigne soit honoré.

— Mais, dira-t-on, que devient le mérite de la modération et de la condescendance, si l'on est défendu contre le mépris ? Dans ces choses qui le concernent lui seul, qu'il souffre le mépris ; car c'est ainsi que par la longanimité, l'enseignement chrétien se perfectionne ; mais, pour ce qui regarde le prochain, il n'en doit plus être de même, car ce ne serait plus modération, mais, indifférence. S'il tire vengeance des injures qu'il a reçues, des insultes, des trames ourdies contre lui, on a raison de le blâmer ; mais, quand il s'agit du salut d'autrui, qu'il parle avec autorité, qu'il unisse l'énergie à la prévoyance : c'est d'énergie qu'il est alors besoin et non de douceur, afin d'éviter un dommage public.

Il n'y a pas d'ailleurs de moyen terme : « Que personne ne méprise ton jeune âge » c'est qu'en effet, si l'on mène une vie contraire à la légèreté de cet âge, au lieu du mépris on s'acquiert une haute estime.

« Mais soyez l'exemple des fidèles par vos paroles, vos relations, votre charité, votre foi, votre chasteté ; vous montrant en toutes choses un modèle de bonnes œuvres. »

C'est-à-dire, soyez un parfait modèle de conduite, et comme une image offerte aux regards de tous, une loi vivante, une règle, un exemplaire de bonne vie, car tel doit être celui qui enseigne.

« Par la parole » : qu'elle soit donc empreinte d'affabilité dans vos relations, dans la foi orthodoxe, la charité, la réserve.

« En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. »

L'apôtre ordonne à Timothée de s'appliquer à la lecture. Écoutons-le tous et apprenons à ne pas négliger la méditation des choses divines.

Il dit aussi : « en attendant que je vienne. » Voyez comment il le console, car ce disciple orphelin devait chercher son maître.

« Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres. ». C'est de la grâce d'enseigner qu'il parle.

« Méditez ces choses, arrêtez-y votre esprit ».

Voyez comment il revient auprès de Timothée sur les mêmes exhortations, voulant montrer que tel doit être l'objet principal du zèle de celui qui enseigne.

« Veille sur toi et sur ton enseignement, ne t'en laisse pas distraire ». C'est-à-dire, veille sur toi-même et enseigne les autres.

« Car en agissant ainsi, vous vous sauverez, vous et ceux qui vous écoutent (dit-il plus loin au verset 16) ». Car celui qui se nourrit des paroles de l'enseignement en recueille le premier les fruits : en avertissant les autres, il atteint son propre cœur. Ce que dit l'apôtre, il ne le dit pas à Timothée seul, mais à tous. S'il parle ainsi à un homme qui ressuscitait les morts, que pourrons-nous répondre ?

Le Christ a dit : « Semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et anciennes. »

Et le bienheureux Paul dit à son tour : « Afin que, par la patience et la consolation des Écritures, nous possédions l'espérance. » Surtout il l'a pratiqué lui-même, lorsqu'il s'instruisait de la loi de ses pères auprès de Gamaliel, en sorte que depuis lors il avait dû s'appliquer à la lecture ; il s'adressait sans doute les avertissements qu'il adressa depuis à autrui. Vous le voyez sans cesse citer les témoignages des prophètes et en scruter le sens caché. Ainsi Paul s'appliquait à la lecture, et ce n'est pas un mince profit que celui qu'on peut tirer des Écritures ; mais aujourd'hui nous les négligeons.

— « Afin que tes progrès soient manifestes à tous ». Vous voyez qu'il voulait que son disciple devînt, sur ce point aussi, grand et digne d'admiration, mais que Timothée avait encore besoin de cet avis.

« Afin que tes progrès soient manifestes à tous » ; non seulement dans sa conduite, mais dans les discours de son enseignement.

« Ne réprimandez point un ancien », dit-il plus loin .

Veut-il ici parler d'un prêtre ? Je ne le pense pas : il parle de tout homme avancé en âge.
Mais quoi ! S'il a besoin d'être redressé ? Comportez-vous envers lui, suivant l'avis de Paul, comme envers un père qui aurait commis une faute, parlez-lui de la même façon.

« Reprenez les femmes âgées comme des mères, les jeunes gens comme des frères, les femmes jeunes comme des sœurs, en toute chasteté ».

La chose est pénible de sa nature, je dis la nécessité de reprendre ; elle l'est surtout quand il s'agit d'un vieillard ; et, si c'est un jeune homme qui doit le faire, il est trois fois exposé à l'accusation de témérité. La rudesse du fond est adoucie par la douceur de la forme. Car il est possible de reprendre sans blesser, si l'on veut s'y appliquer ; il y faut une grande prudence, mais on le peut. « Les jeunes gens comme des frères ». Pourquoi l'apôtre lui donne-t-il ici cet avis ? Il fait entendre par là que la jeunesse est fière. Il faut donc là aussi adoucir la réprimande par la modération du langage. « Les femmes jeunes comme des sœurs ».

Et il ajoute: « En toute chasteté ».

N'évitez pas seulement des relations coupables, mais toute occasion de soupçon.
Comme les rapports avec les jeunes femmes y échappent difficilement, mais que l'évêque doit en avoir, il ajoute : « En toute chasteté ».

Mais, Paul, pourquoi adresser cette prescription à Timothée ?

Je le fais, répond-il, parce qu'en m'adressant à lui je parle à toute la terre.

S'il parle ainsi à Timothée, que chacun de nous comprenne ce qu'il doit être, évitant toute occasion de soupçon et ne donnant pas l'ombre d'un prétexte à ceux qui veulent nous calomnier.

Tt 2,7

Mt 13,52.

 Rm 15,4

 1 Tm 5,1

Ce texte est extrait de l'Homélie XIII de saint Jean Chrysostome sur la 1ère épître à Timothée

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