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Saint PaulDeuxième lettre de Paul à Timothée

Chapitre IV versets 5 à 8

Celui qui sème abondamment moissonnera abondamment

5 Mais toi, garde, en toute circonstance, le contrôle de toi-même. Supporte les souffrances. Remplis bien ton rôle de prédicateur de l’Evangile(1). Accomplis pleinement ton ministère.

6 Car, en ce qui me concerne, je suis près d’offrir ma vie comme une libation(2) pour Dieu. Le moment de mon départ est arrivé.

7 J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi.

8 Le prix de la victoire, c’est-à-dire une justice éternelle, est déjà préparé pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me le remettra au jour du jugement, et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui, avec amour, attendent sa venue.

Notes :
(1) Autre traduction : Fais le travail d’un évangéliste.
(2) Voir Ph 2.17 "si je dois verser mon sang pour l’ajouter au sacrifice que vous offrez à Dieu par votre foi, je m’en réjouis et je partage votre joie à tous."

saint Jean Chrysostome Commentaire patristique par saint Jean Chrysostome

Quelle confusion pour nous, mes frères que certains hommes aiment l'argent beaucoup plus que nous n'aimons Dieu, et que Dieu soit pour nous d'un moindre prix que n'est l'or pour eux ? Veilles, lointains voyages, dangers sur dangers, inimitiés et embûches, les hommes bravent tout pour l'amour de l'argent.

Et nous, nous ne hasarderions pas de dire une simple parole pour Dieu, ni d'encourir la moindre disgrâce ?

Quand il faudrait venir en aide à quelque opprimé, comme nous redoutons de nous exposer au ressentiment de quelque grand personnage, comme nous avons peur d'une ombre de péril, comme nous nous hâtons d'abandonner la malheureuse victime de l'injustice  ! Lorsque nous avons reçu de Dieu le pouvoir de secourir ceux qui en ont besoin, nous laissons ce pouvoir se perdre inutilement entre nos mains, pour ne pas nous attirer de désagréments ni de haines.

Cette lâcheté est même réputée sagesse et est passée en proverbe. "Sans raison faites-vous aimer, mais sans raison ne vous faites point haïr" voilà un propos que le monde a sans cesse à la bouche. Quoi  ! Est-ce donc s'exposer sans raison à la haine que de la faire pour secourir un malheureux ? Quoi de préférable à cette haine ? L'amitié que l'on s'attire pour Dieu ne vaut pas, à beaucoup près, la haine que l'on encourt à cause de lui. Lorsqu'on nous aime à cause de Dieu, c'est un honneur dont nous lui sommes redevables. Lorsqu'au contraire nous nous faisons haïr à cause de Dieu, c'est lui qui nous doit pour cela une récompense. Quelque amour que les avares montrent pour l'or, ils n'y peuvent mettre de bornes, et dès que nous avons fait la moindre chose pour Dieu, nous croyons avoir tout fait. Nous sommes bien loin d'aimer Dieu autant qu'ils aiment l'or. Ils sont certes bien coupables d'avoir cette folle passion pour l'or ; mais que nous sommes nous-mêmes condamnables de n'avoir pas autant d'amour pour Dieu  ! Cet honneur qu'ils rendent à un peu de terre, car l'or n'est pas autre chose que nous sommes malheureux de ne pas le rendre au Maître de toutes choses.

Considérons, mes frères, cette folle passion, et rougissons de notre indifférence. Que gagnerons-nous à être moins enflammés pour l'or, si nous sommes froids pour Dieu dans nos prières. Les avares méprisent leurs femmes, leurs enfants et même leur salut, et cela sans savoir s'ils réussiront à grossir leur avoir, puisque souvent ils meurent au milieu de leurs plus belles espérances, après avoir travaillé en vain ; et nous qui sommes certains d'atteindre l'objet de nos désirs, si nous l'aimons comme il faut l'aimer, nous ne daignons pas même l'aimer ainsi, mais nous sommes froids en tout, froids dans l'amour du prochain, froids dans l'amour de Dieu.
Car notre indifférence pour Dieu vient de celle que nous avons pour notre prochain. Il n'est possible qu'un homme qui ne sait pas aimer ? soit capable d'un sentiment noble et viril.

L'amour est le fondement de toutes les vertus.

"La charité, dit le Seigneur, renferme la loi et les prophètes." (Mt 22,40) Comme lorsque le feu s'est saisi d'une forêt d'épines, il les réduit en cendres, et en purifie la terre ; de même le feu de la charité brûle et détruit, partout où il tombe, tout ce qui peut être contraire à la moisson de Dieu, et purifiant la terre de nos âmes, la rend propre à recevoir la semence que Dieu y répand. Là où se trouve l'amour, tous les maux disparaissent. Il n'y a plus d'avarice, cette racine de tous les maux, il n'y a plus d'égoïsme, plus de morgue ; qui voudrait, en effet, s'élever au-dessus d'un ami ? Rien ne nous rend si humbles que la charité. Elle nous fait, sans rougir, rendre à nos amis les plus bas services, et même nous leur en rendons grâces. La charité fait que nous n'épargnons pas notre argent, ni même nos personnes pour le bien de nos amis, puisque nous exposons pour eux notre vie. La charité véritable et sincère ne souffre ni envie ni médisance. Bien loin de calomnier nos amis, nous fermons au contraire la bouche à ceux qui les calomnient. La charité met partout le calme et la tranquillité, elle bannit les disputes et les querelles, elle fait régner une paix profonde.

"La charité, dit saint Paul, est l'accomplissement de la loi". (Rom 13,10) Il n'y a rien de désagréable en elle. Tous les crimes qui troublent la paix : l'avarice, la violence, les rapines, l'envie, les accusations, le parjure, le mensonge, disparaissent en présence de la charité, puisqu'on ne commet des parjures que pour ravir le bien des autres. Qui voudrait penser à ravir le bien d'un ami ? On est prêt au contraire à lui donner ce qu'on a, et on croit même qu'il nous fait grâce de le recevoir. Vous me comprenez, vous tous qui avez des amis, non pas des amis de nom seulement, mais des amis véritables et que vous aimez autant qu'on doit aimer des amis.

Si quelqu'un ignore ces choses, qu'il les apprenne de ceux qui les savent.

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