Site de la Crypte

seraphin

Évangile du jour

Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Chapitre XI versets 1 à 45 (Lc 10,38; Mt 9,30; Mc 7,34))

Résurrection de LazareLa Résurrection de Lazare

11,1 Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe.

2 Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; c'était son frère Lazare qui était malade.

3 Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : "Seigneur, celui que tu aimes est malade."

4 À cette nouvelle, Jésus dit : "Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle."

5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare.

6 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait ;

7 alors seulement, il dit aux disciples : "Allons de nouveau en Judée."

8 Ses disciples lui dirent : "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas  !"

9 Jésus répondit : "N'y a-t-il pas douze heures de jour  ? Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ;

10 mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui."

11 Il dit cela, et ensuite : "Notre ami Lazare repose, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller."

12 Les disciples lui dirent : "Seigneur, s'il repose, il sera sauvé."

13 Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.

14 Alors Jésus leur dit ouvertement : "Lazare est mort,

15 et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui  !"

16 Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : "Allons, nous aussi, pour mourir avec lui  !"

17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà.

18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades,

19 et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère.

20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.

21 Marthe dit à Jésus : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera."

23 Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera" --

24 "Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour."

25 Jésus lui dit : "Je suis la Résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ;

26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu  ?"

27 Elle lui dit : "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde."

28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : "Le Maître est là et il t'appelle."

29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui.

30 Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.

31 Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.

32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort  !"

33 Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla.

34 Il dit : "Où l'avez-vous mis  ?" Ils lui dirent : "Seigneur, viens et vois."

35 Jésus pleura.

36 Les Juifs dirent alors : "Voyez comme il l'aimait  !"

37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : "Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas  ?"

11,38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus.

39 Jésus dit : "Enlevez la pierre  !" Marthe, la sœur du mort, lui dit : "Seigneur, il sent déjà : c'est le quatrième jour."

40 Jésus lui dit : "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu  ?"

41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : "Père, je te rends grâces de m'avoir écouté.

42 Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé."

43 Cela dit, il s'écria d'une voix forte : "Lazare, viens dehors  !"

44 Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : "Déliez-le et laissez-le aller."

45 Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui.


Commentaire patristique par saint Jean Chrysostome

Saint Jean ChrysostomeLe Seigneur a fait la lumière et les ténèbres, une chose que les hommes tiennent pour agréable, une autre qu’ils regardent comme pénible, puisqu’ils en viennent à maudire la nuit ; et voilà justement ce qu’ils font sous le premier rapport.

Mais la nuit et les ténèbres ne doivent pas plus être accusées que l’exil et la servitude.

Quel mal, je vous prie, voyez-vous dans les ténèbres  ? Ne nous reposent-elles pas de nos travaux  ? ne nous délivrent-elles pas de nos sollicitudes  ? n’imposent-elles pas une trêve à nos douleurs  ? ne raniment-elles pas nos forces  ?

Sans les ténèbres et la nuit, eussions-nous pu jouir de la lumière  ? Cet être animé qu’on appelle l’homme ne tomberait-il pas bientôt épuisé  ?

Il y a des insensés néanmoins qui prétendent que les ténèbres sont un mal ; mais il n’en est rien : elles concourent même à nous rendre le jour utile, en nous rendant plus aptes au travail par le repos qui le précède

Commentaire patristique par saint Grégoire de Nazianze : Lazare, viens dehors

Saint Grégoire de Nazianze"Lazare, viens dehors !"Couché dans la tombe, tu as entendu cet appel retentissant. Y a-t-il une voix plus grande que celle du Verbe ?

Alors tu es sorti, toi qui étais mort, et pas seulement depuis quatre jours, mais depuis si longtemps. Tu es ressuscité avec le Christ...; tes bandelettes sont tombées. Ne retombe pas maintenant dans la mort ; ne rejoins pas ceux qui habitent les tombeaux ; ne te laisse pas étouffer par les bandelettes de tes péchés. Car pourrais-tu ressusciter une autre fois ? Pourrais-tu sortir de la mort d'ici la résurrection de tous, à la fin des temps ?...

Que l'appel du Seigneur résonne donc à tes oreilles !

Ne les ferme pas aujourd'hui à l'enseignement et aux conseils du Seigneur.

Si tu étais aveugle et sans lumière en ton tombeau, ouvre les yeux pour ne pas sombrer dans le sommeil de la mort. Dans la lumière du Seigneur, contemple la lumière ; dans l'Esprit de Dieu, fixe les yeux sur le Fils. Si tu accueilles toute la Parole, tu concentres sur ton âme toute la puissance du Christ qui guérit et ressuscite... Ne crains pas de te donner du mal pour conserver la pureté de ton baptême et mets dans ton coeur les chemins qui montent vers le Seigneur. Conserve avec soin l'acte d'acquittement que tu as reçu par pure grâce...

Soyons lumière, comme les disciples l'ont appris de celui qui est la grande Lumière : "Vous êtes la lumière du monde" (Mt 5,14).

Soyons des luminaires dans le monde en tenant bien haut la Parole de vie, en étant puissance de vie pour les autres. Partons à la recherche de Dieu, à la recherche de celui qui est la première et la plus pure lumière.


Commentaire patristique par saint Jean Damascène : Jésus pleura. Les Juifs se dirent : Voyez comme il l'aimait

Saint Jean DamascèneÉtant Dieu véritable, tu connaissais, Seigneur, le sommeil de Lazare et tu l'as prédit à tes disciples... Étant dans la chair, toi qui es pourtant sans limite, tu viens à Béthanie. Vrai homme, tu pleures sur Lazare ; vrai Dieu, par ta volonté tu ressuscites ce mort de quatre jours. Aie pitié de moi, Seigneur ; nombreuses sont mes transgressions. De l'abîme des maux, je t'en supplie, ramène-moi. C'est vers toi que j'ai crié ; écoute-moi, Dieu de mon salut.

Pleurant sur ton ami, dans ta compassion tu as mis fin aux larmes de Marthe, et par ta Passion volontaire tu as essuyé toute larme du visage de ton peuple (Is 25,8). "Dieu de nos Pères, tu es béni." (Esd 7,27) Gardien de la vie, tu as appelé un mort comme s'il dormait. Par une parole tu as déchiré le ventre des enfers et tu as ressuscité celui qui s'est mis à chanter : "Dieu de nos Pères, tu es béni". Moi, étranglé par les liens de mes péchés, relève-moi aussi et je chanterai : "Dieu de nos Pères, tu es béni"...

Dans sa reconnaissance Marie t'apporte, Seigneur, un vase de myrrhe comme un dû pour son frère (Jn 12,3), et elle te chante dans tous les siècles. Comme mortel, tu invoques le Père ; comme Dieu, tu réveilles Lazare. C'est pourquoi nous te chantons, ô Christ, pour les siècles des siècles... Tu réveilles Lazare, un mort de quatre jours ; tu le fais surgir du tombeau, le désignant ainsi comme témoin véridique de ta résurrection le troisième jour. Tu marches, tu pleures, tu parles, mon Sauveur, montrant ta nature humaine ; mais en réveillant Lazare tu révèles ta nature divine. De manière indicible, Seigneur mon Sauveur, selon tes deux natures, souverainement, tu as accompli mon salut.

Saint Damascène (v. 675-749)
des Matines du Samedi de Lazare, Odes 6-9

Retour à la page "Chronique"

Analyse d'audience