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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean

Chapitre XVII versets 1 à 13

Prière sacerdotale* de Jésus


17,1 Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : "Père, l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie

2 et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés !

3 Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

4 Je t'ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l'oeuvre que tu m'as donné de faire.

5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que fût le monde.

6 J'ai manifesté ton nom aux hommes, que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi et tu me les as donnés et ils ont gardé ta parole.

7 Maintenant ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi ;

8 car les paroles que tu m'as données, je les leur ai données, et ils les ont accueillies et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti d'auprès de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé.

9 C'est pour eux que je prie ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi,

10 et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux.

11 Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous.

12 Quand j'étais avec eux, je les gardais dans ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé et aucun d'eux ne s'est perdu, sauf le fils de perdition (**), afin que l'Ecriture fût accomplie.

13 Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu'ils aient en eux-mêmes ma joie complète..

Notes

(*) Cette appellation, qui est devenue traditionnelle en Occident, remonte au théologien luthérien David Chytraeus (1530-1600).
(**) Psaumes 41 et 109 et Isaïe 57,4.

Commentaire patristique par Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444)

saint Cyrille d'Alexandrie« Père, j'ai fait connaître ton nom aux hommes » Le Fils a fait connaître le nom du Père non seulement en le révélant et en nous donnant un enseignement exact sur sa divinité. Car tout cela était proclamé avant la venue du Fils, par l'Écriture inspirée. Mais aussi en nous enseignant non seulement qu'il est vraiment Dieu, mais qu'il est aussi vraiment Père, et vraiment qualifié ainsi, ayant en lui-même et produisant hors de lui-même son Fils, co-éternel à sa nature.     

Le nom de Père convient à Dieu plus proprement que le nom de Dieu : celui-ci est un nom de dignité, celui-là signifie une propriété substantielle. Car qui dit Dieu dit le Seigneur de l'univers. Mais celui qui nomme le Père précisela propriété de la personne : il montre que c'est lui qui engendre. Que ce nom de Père soit plus vrai et plus propre que celui de Dieu, le Fils lui-même nous le montre par l'emploi qu'il en fait. Il disait parfois, non pas «moi et Dieu» mais : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10,30). Et
il disait aussi : « C'est lui, le Fils, que Dieu le Père a marqué de son empreinte » (Jn 6,27).     

Mais quand il a prescrit à ses disciples de baptiser toutes les nations, il a expressément ordonné que cela se ferait non pas au nom de Dieu, mais au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit
(Mt 28,19).

Commentaire sur l'évangile de Jean, 11, 7; PG 74, 497-499 (trad. Delhougne, Les Pères commentent)

Commentaire patristique par saint Grégoire de Nysse (335-395)

saint Grégoire de Nysse "Père saint, garde mes disciples ... pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes"

Le Seigneur, ayant donné toute puissance à ses disciples, accorde tous les biens à ses saints dans la prière qu'il adresse à son Père ; mais il ajoute le plus important des biens, celui d'être tous un par leur union au seul et unique bien. Ainsi par "l'unité de l'Esprit Saint, étant liés du lien de la paix, ils seront tous un seul corps et un seul esprit, par l'unique espérance à laquelle ils ont tous été appelés" (Ep 4,3-4).
"Qu'ils soient un comme toi, Père tu es en moi et moi en toi." Or, le lien de cette unité est la gloire ; que l'Esprit Saint soit appelé gloire, personne ne saurait y contredire s'il est attentif aux paroles du Seigneur : "La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée" (Jn 17,22). En effet, il leur a réellement donné une telle gloire quand il a dit : "Recevez l'Esprit Saint" (Jn 20,22). Il a reçu cette gloire qu'il possédait de tous temps avant que fût le monde, lorsqu'il a revêtu notre nature humaine ; et cette nature, une fois glorifiée par l'Esprit, la communication de la gloire de l'Esprit s'est faite à tout ce qui participe de la même nature, en commençant par les disciples. C'est pourquoi il dit : "Père, la gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un".

Homélie 15 sur le Cantique ; PG 44, 1116-1117

Commentaire patristique par saint Irénée de Lyon (130-208)Saint Irénée de Lyon

"Ainsi…il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés"

Au commencement ce n’était pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu a modelé Adam, mais pour avoir quelqu'un en qui déposer ses bienfaits. Car non seulement avant Adam, mais avant même la création, le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui, et il était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : « Père, glorifie-moi de la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde ». Ce n’était pas davantage parce qu'il avait besoin de notre service qu'il nous a commandé de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur c'est avoir part au salut, comme suivre la lumière c'est avoir part à la lumière.

Lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle ; loin de lui apporter quoi que ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés. Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; notre service n'apporte rien à Dieu, car Dieu n'a pas besoin du service des hommes ; mais, à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu donne la vie, l'incorruptibilité et la gloire éternelle...

Si Dieu sollicite le service des hommes, c'est pour pouvoir, lui qui est bon et miséricordieux, accorder ses bienfaits à ceux qui persévèrent dans son service. Car, si Dieu n'a besoin de rien, l'homme a besoin de la communion de Dieu. La gloire de l'homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16). Il indiquait par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. « Père, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire » (Jn 17,24).

Contre les hérésies, IV, 14 (trad. SC 100, p. 537 rev.)

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