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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

Chapitre XIII versets 18 à 29

L'Entrée dans le Royaume

18 Jésus disait donc : "À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ?

19 Il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches."

20 Il dit encore : "À quoi pourrai-je comparer le règne de Dieu ?

21 Il est comparable au levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé."

22 Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant.

23 Quelqu’un lui demanda : "Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ?" Jésus leur dit :

24 "Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.

25 Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”

26 Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”

27 Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” (1)

28 Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.

29 Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.

Note (1) cf. Psaume 6, 9 Loin de moi, vous tous, malfaisants, car le Seigneur entend mes sanglots ! 10 Le Seigneur accueille ma demande, le Seigneur entend ma prière. 11 Qu'ils aient honte et qu'ils tremblent, tous mes ennemis, qu'ils reculent, soudain, couverts de honte !

Commentaire patristique par saint Irénée de Lyon

« Alors on viendra de l'Orient et de l'Occident, du nord et du midi prendre place dans le royaume de Dieu »

La promesse faite jadis par Dieu à Abraham demeure stable. Il lui avait dit, en effet : « Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et vers le midi, vers l'orient et vers la mer : toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta postérité à jamais » (Gn 13,14-15)...

Pourtant Abraham n'a reçu sur terre aucun héritage, « pas même de quoi poser le pied », mais toujours il y a été « un étranger et un hôte de passage » (Ac 7,5;Gn 23,4)... Si donc Dieu lui a promis l'héritage de la terre et s'il ne l'a pas reçu durant tout son séjour ici-bas, il faut qu'il le reçoive avec sa postérité, c'est-à-dire avec ceux qui craignent Dieu et croient en lui, lors de la résurrection des justes.       

Or sa postérité c'est l'Église, qui, par le Seigneur, reçoit la filiation adoptive à l'égard d'Abraham, comme le dit Jean Baptiste : « Dieu peut, avec des pierres, faire surgir des enfants à Abraham » (Mt 3,9). L'apôtre Paul aussi dit dans son épître aux Galates : « Vous, frères, comme Isaac, vous êtes les enfants de la promesse » (Ga 4,28). Il dit encore clairement dans la même épître que ceux qui ont cru au Christ reçoivent, par le Christ, la promesse faite à Abraham : « Abraham a reçu les promesses pour lui et pour sa descendance. L'Écriture ne dit pas : 'et à ses descendants ', au pluriel, mais au singulier : 'et à sa descendance', qui n'est autre que le Christ » (3,16).

Et, pour confirmer tout cela, il dit encore : « C'est ainsi qu'Abraham crut en Dieu et cela lui fut compté comme justice. Reconnaissez-le donc : ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham. Prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, l'Écriture annonça d'avance à Abraham cette bonne nouvelle : Toutes les nations seront bénies en toi » (3,6-8)...       

Si donc ni Abraham ni sa descendance, c'est-à-dire ceux qui sont justifiés par la foi, ne reçoivent maintenant d'héritage sur terre, ils le recevront lors de la résurrection des justes, car Dieu est véridique et stable en toutes choses. Et c'est pour ce motif que le Seigneur disait : « Bienheureux les doux, parce qu'ils posséderont la terre en héritage » (Mt 5,5).

Irénée de Lyon évêque, théologien et martyr (vers 130-vers 208)
Contre les hérésies, V, 32, 2 (trad.  SC 153)
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