Site de la Crypte

seraphin

Évangile du jour

Évangile de Jésus-Christ selon saint LucSaint Luc


Chapitre XIV versets 16 à 24 (Mt 22, 2-10)
Épître : Col 3, 4-11 Retrouvez l'homélie prononcée par Père René à la crypte le 16 décembre 2007

Les invités qui se dérobent 

La dernière Cène16 Il lui dit : Un homme faisait un grand dîner, auquel il invite beaucoup de monde.

17 À l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités: "Venez, maintenant tout est prêt."

18 Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir; je t'en prie, tiens-moi pour excusé."

19 Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer; je t'en prie, tiens-moi pour excusé."

20 Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir."

21 À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t-en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux."

22 "Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place."

23 Et le maître dit au serviteur : "Va-t-en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse.

24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner."

Traduction Bible de Jérusalem © Éditions du Cerf

Commentaire patristique par saint Jacques de Saroug Père syrien du Ve siècle

Saint Jacques de Saroug"Venez au repas de noce"

Les femmes ne sont pas aussi étroitement unies à leurs maris que l'Eglise au Fils de Dieu. Quel autre époux que notre Seigneur est jamais mort pour son épouse, et quelle épouse a jamais choisi comme époux un crucifié ? Qui a jamais donné son sang en présent à son épouse, sinon celui qui est mort sur la croix et a scellé son union nuptiale par ses blessures ?

Qui a-t-on jamais vu mort, gisant au banquet de ses noces, avec, à son côté, son épouse qui l'étreint pour être consolée ? A quelle autre fête, à quel autre banquet, a-t-on distribué aux convives, sous la forme du pain, le corps de l'époux ?

La mort sépare les épouses de leurs maris, mais ici elle unit l'Épouse à son Bien-aimé. Il est mort sur la croix, a laissé son corps à sa glorieuse Épouse, et maintenant, à sa table, chaque jour, elle le prend en nourriture. Elle s'en nourrit sous la forme du pain qu'elle mange et sous la forme du vin qu'elle boit, afin que le monde reconnaisse qu'ils ne sont plus deux, mais un seul.

Homélie sur le voile de Moïse (trad. Guéranger/Delhougne)

Commentaire patristique par saint Macaire l'Égyptien Fresque de saint Macaire l'Egyptien

Dans le monde visible, si un très petit peuple se lève contre le roi pour lui faire la guerre, ce dernier ne prend pas la peine de conduire lui-même les opérations, mais il envoie ses soldats avec leurs chefs, et ils engagent le combat. Si, au contraire, le peuple qui se dresse contre lui est très puissant et capable de ravager son royaume, le roi se voit obligé d'entrer lui-même en campagne, avec sa cour et son armée, et de mener le combat. Vois donc quelle dignité est la tienne ! Dieu lui-même s'est mis en campagne avec ses propres armées, je veux dire ses anges et ses saints esprits, venant lui-même te protéger, afin de te délivrer de la mort. Prends donc confiance, et vois la providence dont tu es l'objet.
Empruntons encore un exemple à la vie présente. Imaginons un roi qui rencontre un homme pauvre et malade et qui n'a pas dégoût de lui, mais guérit ses blessures au moyen de remèdes salutaires. Il le prend dans son palais, le revêt de pourpre, le ceint d'un diadème et l'invite à sa table. C'est ainsi que le Christ, le roi céleste, vient auprès de l'homme malade, le guérit et le fait asseoir à sa table royale, et cela sans violer sa liberté, mais en l'amenant par persuasion à accepter un si haut honneur.
Il est d'ailleurs écrit dans l'Évangile que le Seigneur envoya ses serviteurs pour inviter ceux qui voudraient bien venir, et il leur fit annoncer : « Mon repas est prêt ! » Mais ceux qui avaient été appelés s'excusèrent... Tu le vois, celui qui adressait son appel était prêt, mais les appelés se sont dérobés ; ils sont donc responsables de leur sort. Telle est donc la grande dignité des chrétiens. Voici que le Seigneur leur prépare le Royaume, et il les invite à y entrer ; mais eux, ils refusent de venir. Au regard du don qu'ils doivent recevoir, on peut dire que si quelqu'un...endurait des tribulations depuis la création d'Adam jusqu'à la fin du monde, il n'aurait rien fait en comparaison de la gloire qu'il aura en héritage, car il doit régner avec le Christ pendant les siècles sans fin. Gloire à celui qui a tellement aimé cette âme qu'il s'est donné et confié lui-même à elle, ainsi que sa grâce ! Gloire à sa majesté !

Homélies spirituelles, n° 15, § 30-31 (traduction du P. Placide Deseille, collection Spiritualité orientale n° 40, p. 192

Analyse d'audience