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Évangile de Jésus-Christ selon saint Mathieu

Chapitre XIII versets 54 à 58

Jésus rejeté à Nazareth

Jus pre                                              Jésus prêche dans la synagogue de Nazareth

54 Il retourna dans la ville où il avait vécu (1) . Il enseignait ses concitoyens dans leur *synagogue. Son enseignement les remplissait d’étonnement, si bien qu’ils disaient :

D’où tient-il cette sagesse et le pouvoir d’accomplir ces miracles ?

55 N’est-il pas le fils du charpentier ? N’est-il pas le fils de Marie, et le frère de Jacques, de Joseph, de Simon et de Jude !

56 Ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D’où a-t-il reçu tout cela ?

57 Et voilà pourquoi ils trouvaient en lui un obstacle à la foi.
Alors Jésus leur dit :

— C’est seulement dans sa patrie et dans sa propre famille (1) que l’on refuse d’honorer un prophète.

58 Aussi ne fit-il là que peu de miracles, à cause de leur incrédulité.

Notes  : (1) C’est-à-dire à Nazareth (cf. Mt 2.23 ; Lc 4.16).

Commentaire patristique par saint Maxime le Confesseur

"N'est-il pas le fils du charpentier ?"

Le Verbe, la Parole de Dieu, est né une fois pour toutes selon la chair. Mais, à cause de son amour des hommes, il désire naître sans cesse selon l'esprit pour ceux qui le désirent : il se fait petit enfant et se forme en eux en même temps que les vertus ; il se manifeste dans la mesure où il sait que celui qui le reçoit en est capable. En agissant ainsi, ce n'est pas par revendication qu'il atténue l'éclat de sa propre grandeur, mais parce qu'il jauge et mesure la capacité de ceux qui désirent le voir.

Ainsi le Verbe de Dieu se révèle toujours à nous de la manière qui nous convient et cependant demeure invisible pour tous, à cause de l'immensité de son mystère. C'est pourquoi l'apôtre par excellence, considérant la force de ce mystère, dit avec sagesse : "Jésus Christ est le même hier et aujourd'hui, et il le sera à jamais" (He 13,8) ; il contemplait ce mystère toujours neuf que l'intelligence n'aura jamais fini de scruter. Le Christ, qui est Dieu, devient enfant…, lui qui avait donné à tout ce qui existe de sortir du néant… Dieu devient parfaitement homme, sans rien rejeter de la nature humaine, excepté le péché, qui d'ailleurs n'est pas inhérent à cette nature… Oui, l'incarnation de Dieu est un grand mystère et elle demeure un mystère… La foi seule peut saisir ce mystère, elle qui est au fond de tout ce qui dépasse notre compréhension et qui est au-delà de ce que nous pouvons exprimer.

Saint Maxime le Confesseur (v. 580-662), moine et théologien
Capita theologica, 1, 8-13; PG 90, 1182 (trad. Orval rev.)

Commentaire patristique par saint Hilaire de Poitiers

"Il ne fit pas beaucoup de miracles en cet endroit, à cause de leur manque de foi"

Aussi longtemps que je jouirai du souffle de vie que tu m'as accordé, Père saint, Dieu tout-puissant, je te proclamerai Dieu éternel, mais aussi Père éternel. Jamais je ne m'établirai juge de ta toute-puissance et de tes mystères ; jamais je ne ferai passer ma connaissance limitée avant la notion vraie de ton infini ; jamais je n'affirmerai que tu as existé autrefois sans ta Sagesse, ta Puissance et ton Verbe, Dieu, l'Unique Engendré, mon Seigneur Jésus Christ. Car même si le langage humain est faible et imparfait lorsqu'il parle de toi, il ne rétrécira pas mon esprit au point de réduire ma foi au silence, faute de mots capables d'exprimer le mystère de ton être...      

Déjà dans les réalités de la nature, il y a bien des choses dont nous ne connaissons pas la cause, sans pourtant en ignorer les effets. Et, lorsque de par notre nature, nous ne savons que dire de ces choses, notre foi se teinte d'adoration. Si je contemple le mouvement des étoiles..., le flux et le reflux de la mer..., la puissance cachée dans la plus petite semence..., mon ignorance m'aide à te contempler, car si je ne comprends pas cette nature qui est à mon service, je discerne ta bonté, du fait même qu'elle est là pour me servir. Moi-même, je perçois que je ne me connais pas, mais je t'admire d'autant plus... Tu m'as donné la raison et la vie et mes sens d'homme qui me causent tant de joies, mais je n'arrive pas à comprendre quel a été mon commencement d'homme.     

 C'est donc en ne connaissant pas ce qui m'entoure, que je saisis ce que tu es ; et en percevant ce que tu es, je t'adore. C'est pourquoi, lorsqu'il s'agit de tes mystères, ne pas les comprendre n'amoindrit pas ma foi en ta toute-puissance... La naissance de ton Fils éternel dépasse la notion même d'éternité, elle est antérieure aux temps éternels. Avant tout ce qui existe, il est le Fils sorti de toi, Dieu Père ; il est vrai Dieu... Jamais tu n'as existé sans lui... Tu es le Père
éternel de ton Unique Engendré, avant les temps éternels.

saint Hilaire (vers 315-367), évêque de Poitiers
La Trinité, 12, 52-53 (trad. DDB 1981, p.150)
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