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Saint MathieuÉvangile de Jésus-Christ selon saint Mathieu

Chapitre XXII versets 35 à 46

Le Christ est fils de David et Seigneur

Jésus docteur de la Loi22,35 L'un des Pharisiens lui demanda pour l'embarrasser :

36 "Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ?"

37 Jésus lui dit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit :

38 voilà le plus grand et le premier commandement.

39 Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

40 A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes."

41 Comme les Pharisiens se trouvaient réunis, Jésus leur posa cette question :

42 "Quelle est votre opinion au sujet du Christ ? De qui est-il fils ?" Ils lui disent : "De David" --

43 "Comment donc, dit-il, David parlant sous l'inspiration l'appelle-t-il Seigneur quand il dit :

44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds ? (1)

45 Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ?"

46 Nul ne fut capable de lui répondre un mot. Et à partir de ce jour personne n'osa plus l'interroger.

Saint Cyrille d'AlexandrieCommentaire patristique par saint Cyrille d'Alexandrie

Je crois qu'il nous faut leur faire entendre ces mots que le Christ en personne disait aux dirigeants juifs "Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le fils ?" Et s'ils disent "de David", ils entendront de nous cette réponse : "comment alors David, inspiré par l'Esprit, peut-il l'appeler Seigneur en disant Le Seigneur a dit à mon Seigneur, siège à ma droite jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis l'escabeau de tes pieds. Si donc David, inspiré par l'Esprit, l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?"

D'après les gens d'en face, celui qui n'est pas véritablement Fils par nature siégerait auprès de Dieu ; il serait, allons donc, sur le même trône que le Tout-Puissant? Pourtant, comme le déclare le très sage Paul, "à aucun des anges le Père n'a jamais dit Tu es mon fils, ni Assieds-toi à ma droite". Alors comment serait-il dans les suprêmes honneurs, sur le trône de la divinité, ce fils d'une femme, au-dessus de toute Principauté, Seigneurie, Trône, Puissance, et de quelque nom que l'on puisse nommer ?

Remarque les paroles du Seigneur : "Donc, si David, inspiré par l'Esprit, l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?" Elles persuadent quiconque a le souci de la vérité que le Verbe, en se rendant participant de la chair et du sang, n'en est pas moins resté, même alors, Fils unique. Qu'il soit Dieu, il en donne pour témoignage son excellence et sa seigneurie toutes divines ; qu'il se soit manifesté comme homme, il l'indique fort clairement en se faisant appeler fils de David.

Deux dialogues christologiques SC 97 pp. 387-389

Basile de Césarée Commentaire patristique par Basile de Césarée

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur"

Nous avons reçu de Dieu la tendance naturelle à faire ce qu'il commande et nous ne pouvons donc pas nous insurger comme s'il nous
demandait une chose tout à fait extraordinaire, ni nous enorgueillir comme si nous apportions plus que ce qui nous est donné… En recevant de Dieu le commandement de l'amour, nous avons aussitôt, dès notre origine, possédé la faculté naturelle d'aimer. Ce n'est pas du dehors que nous en sommes informés ; chacun peut s'en rendre compte par lui-même car nous cherchons naturellement ce qui est beau… ; sans qu'on nous l'apprenne, nous aimons ceux qui nous sont apparentés par le sang ou par l'alliance ; nous manifestons enfin volontiers notre bienveillance à nos bienfaiteurs.

Or, quoi de plus admirable que la beauté de Dieu ?.. Quel désir est ardent comme la soif provoquée par Dieu dans l'âme purifiée, s'écriant dans une émotion sincère :
"L'amour m'a blessée" ? (Ct 2,5)… Cette beauté est invisible aux yeux du corps ; l'âme seule et l'intelligence peuvent la saisir. Chaque fois qu'elle a illuminé les saints, elle a laissé en eux l'aiguillon d'un grand désir, au point qu'ils se sont écriés :
"Malheur à moi, parce que mon exil s'est prolongé" (Ps 119,5),
"Quand irai-je contempler la face du Seigneur ?" (Ps 41,3) et "Je voudrais m'en aller et être avec le Christ" (Ph 1,23).
"Mon âme a soif du Seigneur vivant" (Ps 41,3)…

C'est ainsi que les hommes aspirent naturellement vers le beau. Mais ce qui est bon est aussi souverainement aimable ; or Dieu est bon ; donc tout recherche le bon ; donc tout recherche Dieu…

Si l'affection des enfants pour leurs parents est un sentiment naturel qui se manifeste dans l'instinct des animaux et dans la disposition des hommes à aimer leur mère dès leur jeune âge, ne soyons pas moins intelligents que des enfants, ni plus stupides que des bêtes sauvages : ne restons pas devant Dieu qui nous a créés comme des étrangers sans amour. Même si nous n'avons pas appris par sa bonté ce qu'il est, nous devrions encore, pour le seul motif que nous avons été créés par lui, l'aimer par-dessus tout, et rester attachés à son souvenir comme des enfants à celui de leur mère.

Saint Basile de Césarée (vers 330-379)