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Homélie

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La dernière CèneSuis-je digne de l'invitation du Seigneur ?

Évangile selon saint Mathieu
chapitre XXII, versets 1 à 14

Une homélie du Père Alexandre Men

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Le Père Alexandre MenAujourd'hui, nous avons entendu la parabole du roi qui donnait un festin et avait invité tout le monde à cette grande fête. Mais au lieu de répondre présents, au lieu de venir avec joie à cette fête, de nombreux invités ont décliné l'invitation. Certains ont invoqué leurs occupations et leurs affaires pour ne pas venir. D'autres ont accueilli les envoyés du roi avec des quolibets ou des menaces ; d'autres encore, pour faire de la peine au roi, ont tué ses messagers. Alors, le roi, voyant qu'il attendait en vain ses invités, a fait venir ses serviteurs et leur a dit "Ma maison est toute belle, les tables sont mises, le festin est prêt. Vais-je me trouver seul dans une maison vide ? Ma fête sera sinistre. Allez dans les rues, invitez les vagabonds, les mendiants, tous ceux que vous rencontrerez en chemin. Appelez-les tous pour remplir la salle du festin."

Les serviteurs sont donc allés sur les routes et ont appelé une multitude de gens. Ainsi, la maison du roi s'est remplie. Chacun, apprenant qu'il était invité du roi, a bien sûr essayé de soigner sa mise, enfilé son plus beau vêtement. Un seul homme ne s'en est pas soucié ; il est venu comme il était, en habit de travail tout sale. Selon la mentalité de l'époque, c'était là offenser gravement le maître de maison. Le roi, faisant le tour des salles, a vu l'homme en vêtement sale et déchiré qui mangeait avec les autres. Il s'est approché de lui et lui a dit : "Comment as-tu pu venir au festin ainsi vêtu ?" Et il a ordonné à ses serviteurs de le chasser.

Telle est la parabole que le Seigneur a dû raconter plus d'une fois, car nous en trouvons diverses versions dans les évangiles. Cela veut dire qu'il y a dans cette parabole une chose très importante pour nous. J'aimerais aujourd'hui attirer votre attention sur deux points. D'abord, le Seigneur invite tout le monde. Lorsque les cloches appellent à la prière et que commence la Divine liturgie, c'est le Seigneur qui nous convoque. Vous savez sans doute qu'il faut faire sonner la cloche à certains moments de l'office, pour que les gens qui n'ont pas la possibilité d'être présents puissent se transporter en pensée et de cour à l'église, prier avec toute l'assemblée en sachant que c'est l'instant où s'accomplit le mystère.

Le Seigneur nous invite constamment à lui. Mais il entend souvent la même réponse "Non, je ne peux pas venir, je n'ai pas le temps, je suis occupé, je suis plongé dans mes affaires." Le Seigneur ne nous invite pas seulement quand la cloche sonne, quand l'office est célébré à l'église. Il nous invite à chaque instant. Souvenez-vous des circonstances de votre vie où vous avez senti un appel de Dieu, l'appel à vous réveiller, à prendre conscience, à changer de vie. Le Seigneur frappe à nos portes, mais nous lui disons : "Attends, Seigneur, je n'ai pas le temps maintenant." Parmi ceux qui ont refusé l'invitation au repas du roi, l'un disait "j'ai une noce", un autre voulait essayer la paire de bœufs qu'il venait d'acheter. De même, nous disons : "Attends, Seigneur, j'ai tant de soucis : ma famille, les enfants, des tas de choses à faire. Plus tard je répondrai à ta voix." Ainsi s'écoule toute notre vie. Et quand s'ouvrent devant nous les portes de l'autre monde, il se révèle que nous avons été sourds à la voix de Dieu qui nous appelait.

Dieu nous appelle sans cesse, chaque jour. Quand nous nous levons le matin, même le lever du soleil doit être pour nous l'appel de Dieu. Le Seigneur fait lever devant nous son astre, Le Seigneur nous donne la nourriture. Pourquoi, en passant à table, devons-nous faire le signe de croix, réciter une prière, au moins mentalement ? Parce que la nourriture nous rappelle celui qui nous l'a donnée, celui qui nous donne notre pain quotidien. La joie nous conduit à la reconnaissance. La tristesse nous rappelle que la patience est nécessaire. Partout, dans le monde entier, nous entendons le son de la cloche qui nous appelle.

Le Seigneur appelle : "Vous tous, venez à moi !" Lorsque nous ouvrons la Bible, nous entendons ses paroles : "Venez à moi, vous tous qui êtes affligés et chargés de lourds fardeaux." Qui d'entre nous ne peine pas, qui n'est pas chargé de tel outel fardeau ? Le Seigneur nous appelle et dit tristement : « il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus." Peu nombreux sont ceux qui ont entendu sa voix, qui sont venus. Pour le Seigneur, c'est une grande tristesse, parce qu'il est venu sur terre pour sauver tous les hommes.

Nous sommes ici réunis. Nous semblons avoir entendu cette voix qui nous appelle. Nous sommes venus devant sa face ; ceux qui ont communié aujourd'hui ont pris part à sa cène mystique. Est-ce suffisant ? Croyez-vous que cela suffise ?

Souvenons-nous de la deuxième partie de la parabole. Rappelons-nous l'homme introduit dans la salle du banquet, puis chassé par le roi. Pourquoi ? Certains d'entre nous, en venant à Dieu, pensent qu'ils ont accompli un exploit ; c'est tout juste s'ils n'ont pas fait une faveur à Dieu. Comme si ce n'était pas vraiment nécessaire pour eux, mais surtout pour le Seigneur Dieu. Ils viennent ainsi avec leurs péchés, mais sans repentir, tels qu'ils sont : "Me voilà. Remercie-moi d'être devant toi."

Chacun d'entre nous porte dans son cœur le fardeau de la vanité, de l'envie, de l'excès, de l'impatience, de la colère et beaucoup d'autres choses. Chacun d'entre nous, quand vient le moment de la confession, peut regarder dans son âme comme dans un miroir et y voir tout cela. Mais souvent, au moment de nous approcher du Seigneur, dans son palais royal, à son festin, au lieu d'essayer de purifier notre cour, nous essayons de nous justifier et disons "Qu'il me prenne tel que je suis."

Eh bien non, cela ne suffit pas. Notre présence ici n'est pas une concession à Dieu, mais une réponse à son appel. Elle est le signe que nous sommes responsables de cette démarche ; puisque nous sommes venus à l'église, il nous sera doublement demandé. Ne pensons pas que ceux qui sont restés à l'extérieur de l'église, qui n'ont pas la foi, sont plus mauvais que nous. Ils sont souvent meilleurs. À nous, le Seigneur nous demandera selon sa loi, que nous connaissons ; à eux, il leur demandera selon leur loi.

Si nous venons ici et ne nous distinguons en rien des païens, si nous apportons à l'église notre vanité et notre méchanceté, si nous y jugeons les autres, si nous traînons dans ce lieu saint toute la vilenie que nous portons en nous, est-ce que nous servons vraiment Dieu ? Non. Nous sommes semblables à cet homme qui était venu dans ses méchantes bottes au festin du roi, qui s'était installé béatement en croyant faire plaisir au roi. Mais le roi a dit : "Liez-le et jetez-le dans les ténèbres extérieures."

Ainsi donc, nous devons nous souvenir qu'être chrétien nerelève pas de notre mérite ni de notre dignité. Cela veut dire qu'il nous sera demandé des comptes au jour du jugement,d'une autre façon.

Est-ce que le Seigneur nous a appelés ? Oui, bien sûr, mais pas pour qu'en venant vers lui, nous restions des fils de ce siècle, des fils du péché non désireux de rompre avec le péché.

Voilà, mes bien chers, ce que nous rappelle la parabole d'aujourd'hui. En rentrant à la maison, que chacun se demande

"J'ai répondu à l'appel de Dieu. Mais en ai-je été digne ? Ai-je été digne de l'invitation du Seigneur, digne d'être reçu chez lui ?" Si la réponse est non, il ne faut pas se décourager, mais dire : "Que le repentir me purifie, qu'il change mon vêtement sale en vêtement propre donné par le Seigneur, qui pardonne infiniment."

Amen.

Père Alexandre Men
in Le Christianisme ne fait que commencer pp. 106-110

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