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Dormition

Fête de la Dormition

Constantin Andonikof : "La conclusion de la foi chrétienne"

"Paradis mystique où le Christ a germé sans culture"
André de Crète, canon de la Nativité de la Théotokos
"Dans ta mémoire glorieuse, l'univers pénétré de l'énergie immatérielle t'invoque avec joie par l'intelligence." Kontakion de l'avant-fête. 

C'est la dernière grande fête de l'année liturgique (1). Le 8 septembre, l'Eglise célèbre la naissance de la Vierge; le 15 août, son assomption. Ainsi, la division annuelle du temps ecclésial s'ouvre et s'achève par la Mère de Dieu, si l'on considère les douze événements majeurs du cycle fixe.

Il est donc naturel de conclure ces pages (2) par la Dormition, ainsi que l'Eglise orthodoxe a fini par appeler la mort de Marie et son entrée dans le Royaume, après avoir hésité entre Passage, Translation, Assomption (3). En effet, si par son Annonciation, la Mère de Dieu est au début de l'histoire chrétienne de l'humanité, elle en indique aussi la finalité, en donnant au genre humain l'exemple de la gloire vécue au-delà de la mort.

Les offices de la Dormition offrent l'image grandiose de la résurrection, car dans la mort de Marie, le Christ confirme sa victoire sur "le dernier ennemi" en exaltant sa Mère aussitôt. Ils présentent aussi l'image de la transfiguration, car "la Mère de la lumière" entre dans une gloire qui surpasse l'éclat des hiérarchies célestes. Résurrection et transfiguration, nous l'avons vu, sont les deux clés du christianisme, étant les oeuvres finales de Dieu envers les hommes. Aussi la Théotokos réalise-t-elle la fin même de l'économie du salut.

C'est pourquoi les harmoniques de la tristesse qui accompagnent cette fête sont atténués par rapport au ton fondamental de la joie qu'elle apporte (de même que les chants funèbres de l'office des morts le cèdent aux hymnes qui célèbrent "le repos parmi les saints" et la résurrection). Joie fort réaliste la Dormition n'est pas une fête symbolique ou une "fête d'idée" seulement. Au moins autant que les autres fêtes dons nous avons eu l'occasion d'examiner quelques aspects, celle-ci commémore un fait ; cependant, elle actualise aussi la doctrine et projette sur notre vie provisoire une lumière d'éternité.

Ce fait, pour n'être pas rapporté par l'Ecriture, n'en a pas moins été rendu réel dans la conscience de l'Eglise par la
Tradition ; Marie, qui est femme et qui meurt sur terre comme tous les humains, rejoint son Fils qui est Dieu et qui est au ciel. En outre, cette femme que nous avons pu légitimement appeler la représentante de l'humanité en tant que la Nouvelle Eve, la femme parfaite en tant que la Pure Mère de Dieu, n'a rien abandonné de ses attributs naturels, ne s'est pas abstraite en quelque allégorie impalpable elle reste Marie.

Mais ce qu'elle est, dans la splendeur de son être réel, les fêtes nous le dévoilent.

Constantin Andronikov
Le Sens des Fêtes - Cerf 1970 pp 274-276

NOTES
(1) Qui va du 1er septembre au 31 août. Rappelons que le début de l'année ecclésiastique a été fixé au 1er septembre par le Premier Concile Œcuménique (au jour anniversaire de la victoire de Constantin sur Maxence et en commémoration de la libération des chrétiens). L'année civile part du 1er janvier à Rome depuis César, en France depuis Charles IX, en Russie depuis Pierre le Grand.
(2) La Dormition est le dernier chapitre du livre Le Sens des Fêtes
(3) Αναληψις se dit pour l'Ascension (du Christ)

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