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Le Débiteur impitoyableSaint Jérôme

Onzième dimanche après la Pentecôte
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens chapitre IX, versets 2 à 12
Évangile selon saint Matthieu chapitre XVIII, versets 23 à 35

Commentaire de saint Jérôme (347-420)

Le Débiteur impitoyableLes peuples de Syrie, et plus encore ceux de Palestine, ne parlent presque jamais sans mêler à ce qu’ils disent quelque parabole, de manière à graver dans l’esprit de leurs auditeurs, par des comparaisons et des exemples, ce que le langage ordinaire ne leur aurait pas fait entendre et retenir. Ainsi sous cette parabole du roi et du serviteur, qui, débiteur de dix mille talents, avait obtenu grâce en implorant son maître, le Seigneur avertissait Pierre que lui aussi devait faire grâce à ses frères, débiteurs de dettes moins considérables. Car si ce roi et maître a remis si facilement à un serviteur les dix mille talents qu’il lui devait, à combien plus forte raison les serviteurs doivent-ils remettre de moindres dettes, aux autres serviteurs du même Dieu ? (…)

Pour plus de clarté, donnons un exemple. Quelqu’un de nous a-t-il commis l’adultère, l’homicide, le sacrilège, de plus grands crimes encore, équivalant à dix mille talents, ils lui seront pardonnés à sa prière, pourvu que, de son côté, il pardonne à ceux qui en auront commis de moindres. Mais au contraire, nous montrer implacables pour une injure reçue, et refuser toute réconciliation pour une parole amère, n’est-ce pas nous juger nous-mêmes dignes de la prison, et notre manière d’agir n’a-t-elle pas pour effet d’empêcher que nos fautes bien plus graves nous soient pardonnées ?

« C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond de son cœur. » Sentence effrayante : Dieu nous traite suivant les dispositions de notre cœur ; si nous ne pardonnons pas à nos frères des offenses toujours petites, Dieu ne nous pardonnera pas nos grands péchés. Et comme chacun pourrait dire : je n’ai rien contre un tel, il le sait ; il en a Dieu pour juge, peu m’importe ce qu’il prétend faire, pour moi je lui ai pardonné : le Seigneur insiste et renverse tout cet échafaudage, basé sur un pardon purement extérieur et par conséquent fictif, en disant : « Si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. »

Sources Chrétiennes 259