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La demande des fils de Zébédée

Cinquième dimanche du Grand Carême
Dimanche de sainte Marie l'Égyptienne.
Hébreux IX, 11-14 ;
Évangile selon saint Marc X, 32-45

Homélie prononcée à la Crypte par le Père René le 12 avril 1992.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Pour la troisième fois Jésus annonce aux Douze la venue de Sa Passion et de Sa mort. Annonce si solennelle que l'on sent l'événement imminent.

Jamais Jésus n'a été aussi net : Il sera remis aux mains des Juifs et des païens. Plus que remis : livré, avec tout ce que ce mot implique de la part des hommes d'abandon et de trahison, et de la part de Dieu de sacrifice et d'amour. Condamné à mort, Il sera humilié, battu et finalement tué. Mais trois jours après Il se relèvera.

Jamais Jésus n'a été aussi direct, aussi précis, aussi explicite. Jamais Il n'a aussi clairement parlé. Jamais surtout Il n'a autant associé Ses disciples au terme et à l'accomplissement de Sa mission : « Voici, dit-il, que nous montons à Jérusalem ». Son sacrifice, Jésus ne le conçoit qu'en communion avec les Siens.

Or l'accueil à cette annonce est consternant. Il y a chez les disciples à ce moment un aveuglement total. Ils attendent de leur Maţtre la gloire temporelle. Ils attendent de siéger sur douze trônes autour de Lui pour commander en Israël. Voici même Jacques et Jean, les premiers appelés, les plus impulsifs sans doute, qui demandent plus : être l'un à sa droite et l'autre à sa gauche. Jésus pourtant les avait déjà dissuadés de ne jamais demander les premières places, de peur d'être amenés à les céder. Cependant, cette première place, les Dix autres la convoitent tout autant, et leur indignation n'est que jalousie et dépit.

Avec Jacques et Jean le dialogue se poursuit, toujours infructueux : « Pourriez-vous boire la coupe que je dois boire et Ătre baptisés du bapt^me dont je dois être baptisé ? ». Oui, répondent-ils. C'était faire peu de cas des ˘critures assez claires sur la coupe de la colère de Dieu, coupe du Jugement à venir. C'était faire peu de cas des paroles de Jésus Lui-mĂme, tout à l'angoisse du baptême dont Il devait Ătre baptisé. L'espérance des Douze reste une ambition toute terrestre.

Alors Jésus leur répète ce que doit être la vie du disciple en ce monde : « le plus grand sera celui qui se fera le serviteur de tous, et mieux encore l'esclave de tous. » Celui-ci accomplira sa vie qui la mettra au service des autres. Jésus lui-même ne s'apprête-t-il pas à boire un calice et à être baptisé dans la mort ? Eux doivent se préparer à marcher à sa suite, et s'il le faut à travers les souffrances et la mort.

Cette leçon d'humilité et d'abnégation est plus grande encore que ne l'imaginent les disciples. Jésus s'affirme non seulement comme leur Maţtre, mais comme le Fils de l'Homme. Il ne s'agit pas d'une expression banale, d'une métaphore qui pourrait tout simplement signifier son humanité, serait-ce celle de l'homme par excellence. Le Fils de l'homme, c'est l'homme céleste et transcendant à qui Dieu va remettre le Jugement des nations. C'est Celui qui dira sous peu à Caïphe : « Dorénavant vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du Ciel. »

Eh bien  ! Ce Fils de l'homme qui partage avec Dieu la royauté du monde c'est scandaleusement aussi, en Jésus, le serviteur de tous, l'esclave de tous, venu servir jusqu'à l'extrême, jusqu'à donner sa vie en rançon pour la multitude. Il est le serviteur de Dieu, le serviteur souffrant d'Isaïe, venu prendre comme un service l'expiation de nos péchés. « Le Christ est mort pour nos péchés selon l'écriture » dit saint Paul.

Et c'est ce que magnifie l'apôtre. Par Son sacrifice Jésus est devenu pour nous le seul Grand-Prêtre des biens à venir. Il est entré dans le sanctuaire non fait de main d'homme par Son propre sang pour nous acquérir une rédemption éternelle. Par son Sacrifice comme unique Grand-PrĂtre et unique victime Il efface les œuvres mortes de nos péchés en se chargeant de nos dettes. Par Son sacrifice il nous ouvre les portes du Ciel et nous y fait pénétrer à Sa suite auprès du Père. Par Son sacrifice il accomplit pour nous un acte unique et irremplaçable qui nous réintègre dans l'amour du Père et nous fait entrer dans la vie divine.

Car c'est à travers le sacrifice unique de Son Fils que Dieu nous voit, nous accepte et nous reçoit. Jésus ne nous donne donc pas simplement un modèle et un code de bonne conduite. Il nous prépare la vie éternelle et nous prépare pour la vie éternelle. Mais tout comme Dieu a accepté le sacrifice de Son Fils, tout comme nous acceptons de la Sainte Eucharistie le Saint Corps rompu en rémission de nos péchés et le Saint Sang répandu pour la vie du monde, il nous faut nous préparer à servir, à l'exemple de Jésus, à monter avec Lui à Jérusalem, à participer avec Lui au salut du monde. Alors chacun pourra recevoir de Dieu la place qui lui a été préparée dès avant la fondation du monde dans la Jérusalem céleste.

Père René

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