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Homélie

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L’Œil est la lampe du corps

3e dimanche après la Pentecôte Épître aux Romains V, 1-10
Évangile selon saint Matthieu VI, 22-33

Homélie prononcée à Bussy par Père Boris le 14 juillet 2002Père Boris Bobrinskoy

Je voudrais m’arrêter dans cette prédication sur le premier verset de l’Évangile d’aujourd’hui. Le Seigneur dit : "La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière." L’œil, lampe du corps. Il s’agit ici du mystère de la lumière, de la lumière du Christ, qui est le fondement de notre existence. "Que la lumière soit"(1) sont les premières paroles prononcées par Dieu à la Création. Et il ne s’agit pas d’une lumière matérielle, mais de la lumière divine qui illumine toute chose et est le fondement de tout être.

Dieu est lumière. "Je suis la lumière du monde"(2), dit le Seigneur. Or l’homme est créé à l’image de Dieu, donc à l’image de la lumière. Acquérir la lumière et devenir lui-même lumière, telle est la vocation de l’homme, "de tout homme venant dans le monde"(3).

Le psaume dit que "Dieu se revêt de lumière comme d’un manteau"(4). C’est une image très forte qui décrit le vêtement de Dieu comme lumière, comme nous le voyons à la Transfiguration, lorsque "les vêtements de Jésus devinrent plus blancs que neige, plus blancs qu’aucun foulon sur terre ne peut blanchir." À notre tour, créés à l’image de Dieu, nous sommes appelés à retrouver ce vêtement de lumière dont Adam était revêtu au Paradis. Car Adam n’était pas nu, il était revêtu de la gloire de Dieu, comme les Pères nous l’enseignent. Cette lumière de Dieu qui se reflète dans nos corps et sur nos visages n’est pas simplement une lumière matérielle, elle est une qualité de l’être, une qualité de l’image de Dieu et un signe de la présence de Dieu au plus profond de notre être.

Malheureusement, par le péché, ce ne sont pas seulement les cieux qui se sont fermés, ce n’est pas seulement que Dieu semble s’être éloigné et que le monde a été plongé dans les ténèbres extérieures, mais le cœur de l’homme lui-même s’est enténébré. Mais Dieu n’abandonne pas Sa créature et, dans l’histoire de l’humanité, il y a des trouées de lumière où les cieux semblent se déchirer, selon la parole du prophète Isaïe : "Ah, si les cieux se déchiraient et si Tu descendais !" Dans l’Ancien Testament ce sont les prophètes, les justes et les sages grâce auxquels les rayons du soleil divin traversent l’épaisseur des nuages et viennent solliciter l’homme, lui rappelant son origine et sa destinée.

Ces trouées de lumière culminent dans la lumière du Christ qui est la lumière du monde et donc l’Évangile est un appel à aller vers la Lumière véritable, un appel au retour à la maison du Père, un appel au repentir, c’est-à-dire à la conversion du cœur, c’est-à-dire à la purification. Et de cette purification viendra l’illumination du cœur. Cette purification est un long labeur, on peut aussi dire un combat, un combat difficile, comme dit saint Paul, "non contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes", c'est-à-dire contre des ennemis invisibles qui cherchent à nous détruire, à nous éloigner de Dieu et à nous enfoncer toujours plus profondément dans les ténèbres. Cette purification du cœur est une purification de l’être tout entier. Mais tant que le cœur demeure sombre, aurions-nous toute la volonté, toute la connaissance et toute l’intelligence possible, notre être demeure éloigné de Dieu. C’est donc la purification du cœur qui est l’objet même de notre œuvre, car c’est elle n du cœur, des sens et des sentiments est un long labeur dans lequel la grâce de Dieu coopère avec notre liberté et où l’Esprit Saint Lui-même s’unit à notre esprit pour faire de nous des enfants de Dieu, des enfants du Père, des enfants de lumière, des porteurs de lumière, des phares qui éclairent au sein de la nuit de ce monde. Mais il y a lumière et lumière : même les anges de Satan peuvent se revêtir de lumière pour troubler même les saints, si c’était possible. On peut les distinguer aisément, car la lumière du Christ n’est pas une lumière froide, lunaire, une lumière nocturne. C’est une lumière solaire, une lumière du jour, chaude qui nous communique la vie de Dieu et nous remplit de son amour.

C’est ce que dit saint Paul dans le passage de l’épître aux Romains que nous avons lu et d’où je retiens cette parole, souvent citée par les Pères de l’Église et qui est finalement un rappel de la Pentecôte, cette pentecôte permanente qu’est l’Église et la Sainte Eucharistie qui nous fait communier au feu de l’Esprit Saint. "L’amour de Dieu, dit saint Paul, a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné."

"L’amour de Dieu a été répandu", cette parole a déjà été dite par le prophète Joël et saint Pierre la reprendra dans son premier discours après la Pentecôte : "Je répandrai de mon Esprit sur toute chair." L’amour a été répandu, déversé comme un baume odoriférant et de grand prix dans nos cœurs. L’Esprit Saint, c’est un baume qui guérit, mais c’est aussi un feu qui embrase, qui purifie, qui illumine, qui br&ucirqui permet à la lumière du Christ d’entrer dans nos profondeurs.

Et si la lumière du Christ pénètre dans nos profondeurs, tous nos sens sont illuminés et notre œil lui-même devient transparent, comme un miroir purifié, propre, dégagé de toutes les poussières qui le ternissaient, comme une vitre transparente qui n’empêche plus la lumière de passer. Toutes nos fonctions vitales sont régénérées : l’ouïe, la parole, l’intelligence, les sens, tous nos sentiments. Alors cette lumière se reflète aussi sur nos visages. Comme le dit le Seigneur dans les Béatitudes, le cœur pur voit Dieu. Il voit Dieu au plus profond de lui-même, il le voit aussi dans toute la création. Car la création tout entière témoigne de Dieu, chante ses louanges, et le reflète de jour en jour. Le cœur pur voit Dieu également dans tous les êtres humains, dans les bons comme dans les mauvais, car "Dieu, est-il dit, fait briller son soleil et envoie sa pluie sur les bons et sur les méchants."(5) En purifiant notre cœur, nous devenons capables de voir le meilleur dans les cœurs humains.

Ainsi l’œil est la lampe du cœur. L’œil devient un miroir, une vitre transparente et à travers lui on contemple la lumière du Christ qui demeure en Lui. Cette purification du cœur, des sens et des sentiments est un long labeur dans lequel la grâce de Dieu coopère avec notre liberté et où l’Esprit Saint Lui-même s’unit à notre esprit pour faire de nous des enfants de Dieu, des enfants du Père, des enfants de lumière, des porteurs de lumière, des phares qui éclairent au sein de la nuit de ce monde. Mais il y a lumière et lumière : même les anges de Satan peuvent se revêtir de lumière pour troubler même les saints, si c’était possible. On peut les distinguer aisément, car la lumière du Christ n’est pas une lumière froide, lunaire, une lumière nocturne. C’est une lumière solaire, une lumière du jour, chaude qui nous communique la vie de Dieu et nous remplit de son amour.

C’est ce que dit saint Paul dans le passage de l’épître aux Romains que nous avons lu et d’où je retiens cette parole, souvent citée par les Pères de l’Église et qui est finalement un rappel de la Pentecôte, cette pentecôte permanente qu’est l’Église et la Sainte Eucharistie qui nous fait communier au feu de l’Esprit Saint. "L’amour de Dieu, dit saint Paul, a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné."(9)

"L’amour de Dieu a été répandu", cette parole a déjà été dite par le prophète Joël et saint Pierre la reprendra dans son premier discours après la Pentecôte : "Je répandrai de mon Esprit sur toute chair." (10) L’amour a été répandu, déversé comme un baume odoriférant et de grand prix dans nos cœurs. L’Esprit Saint, c’est un baume qui guérit, mais c’est aussi un feu qui embrase, qui purifie, qui illumine, qui brûle à Sa flamme nos péchés, nos imperfections. Cette brûlure de l’esprit, elle est douloureuse, mais elle est nécessaire pour que les plaies faites en nous par le péché soient cautérisées.

C’est pour cela que Jésus est venu : pour apporter la lumière au monde, pour nous communiquer l’Esprit saint. Et lorsque l’Esprit Saint demeure dans nos cœurs, se produit peu à peu l’illumination de notre être tou