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Homélie

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ZacheeDimanche de Zachée

Octave de la Sainte Rencontre
1 Timothée IV, 9-15 ; Évangile de saint Luc XIX, 1-10

Homélie prononcée par Père René à Colombelles, le 13 février 2000

La venue de Jésus à Jéricho est marquée de deux miracles. On ne peut que les rapprocher. Il s’agit de la rencontre de deux hommes en attente du Christ qui vient. Une même rencontre fut ou sera l’élément fondamental de chacune de nos vies.

Jésus va achever son périple sur terre. Jéricho est la dernière étape avant Jérusalem, avant l’ultime confrontation de Jésus avec son peuple, avec les autorités de son peuple et avec la puissance mortifère du démon. À Jéricho, il y a, comme partout et toujours, la foule curieuse, enthousiaste mais versatile. Des hommes d’un moment qui se passionnent pour Jésus pour aussitôt hésiter, renoncer et abandonner. Ce qui n’étonne pas Jésus : "Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi" . À l’opposé, voici deux hommes : un aveugle et Zachée.

Humainement ils sont aux antipodes. Le premier est un pauvre hère, complètement exposé à toute forme de détresse matérielle et corporelle, comme le sont encore de nos jours les aveugles de ces régions. Le second est un notable, décrié, certes, mais riche. Riche d’un argent bien mal gagné qui suscite envie et mépris, convoitise et rejet. Si opposés qu’ils soient, ces deux hommes sont, chez eux, des marginaux mal acceptés, juste tolérés, et, pour cela peut-être, en attente d’un renouvellement de leur vie.

Et c’est à ces deux-là que Jésus va s’adresser au grand scandale de la foule. Jésus dit de Lui-même en parabole : "qui d’entre nous qui, ayant cent brebis, s’il en perd une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres au désert pour aller à celle qu’il a perdue jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ; et que, l’ayant retrouvée, ne la mette sur ses épaules avec joie" .

Ainsi chaque être humain dans sa détresse est pour Jésus la centième brebis à sauver. Jésus est pour tous le chemin, la vérité et la vie. À ceux qui, comme le cerf altéré qui brame après l’eau vive, l’attendent et le recherchent, Jésus va au-devant d’eux. Et ceux là le reconnaissent à Sa voix, à Son visage ou simplement à Son passage.
Alors l’aveugle devient voyant et le publicain repentant. La présence de Jésus les saisit. "Fils de David, aie pitié de moi !" crie l’aveugle ; et Zachée se précipite ouvrir les portes de sa maison et de son cœur au Christ.
Ce qui aura compté chez ces hommes, ce qui compte chez nous tous, c’est de rester tendus vers Jésus avec une détermination inlassable. L’aveugle n’avait qu’une pensée : recouvrer la vue. Zachée qu’une seule idée : être libéré du poids de ses iniquités. L’un et l’autre n’avait qu’un seul désir : rencontrer Celui qui avait pouvoir de les sauver. Quelque difficile qu’il leur fut de savoir où, quand, comment Jésus passerait, ils étaient dans l’attente, toujours prêts à entendre Sa voix, à courir à Sa rencontre.

Heureux donc ceux qui cherchent de tout leur cœur, ceux qui attendent sans se décourager, qui appellent sans se lasser, ceux qui espèrent contre toute espérance et qui n’ont qu’un désir : rencontrer le Christ. Ils sont la centième brebis, la plus déshéritée, la plus malheureuse, la plus indigne. Mais c’est de cette indignité et de ce désespoir qu’ils puisent leur espérance et leur foi. Ils restent obstinément des hommes de désir, jusqu’à ce que la voix tant désirée retentisse en leur cœur et les appelle : "Que l’homme assoiffé s’approche et que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement."

Certes ceci n’est qu’un début. Il y a des hommes qui rencontrent le Christ et retournent se perdre dans la foule. Nous autres, redoutons d’entendre les paroles de Jésus à l’Église d’Éphèse : "Ce que J’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour."

Tout à l’opposé suivons l’Apôtre dans le feu de sa foi : "Ayant été saisi par le Christ Jésus [...] je poursuis ma course, oubliant le chemin parcouru ; je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir dans le Christ Jésus."

Le grand Carême approche. Allons tous vers le Christ qui vient. Que l’aveugle de Jéricho et Zachée soient nos maîtres spirituels ! Allons vers le Sauveur avec la même détermination, sachant qu’en Lui il n’y a pas de pécheur qui n’obtienne son pardon, ni d’homme en détresse son salut.

Persévérons avec détermination : comme l’aveugle, suivons le Christ ; comme Zachée, convertissons notre cœur pour l’amour du Christ ! Nous qui avons rencontré le Christ, parce que le Christ, dans Sa compassion et Son amour pour nous, a daigné se révéler à chacun de nous, manifestons en acte, face à ceux qui nous entourent et au monde qui nous regarde, que notre adhésion au Christ est une réalité vivante, un engagement sans retour, une foi créatrice et, par dessus tout, une joie sans fin !

Père René

 

Cf. évangiles selon saint Matthieu XV, 8 et saint Marc VII, 6.

Cf. évangile selon saint Luc XV, 4-5.

Cf. Psaume 41, 1 (42, 1)

Cf. Apocalypse XXII, 17.

Cf. Apocalypse II, 4.

Cf. épître aux Philippiens III, 13-14.

Père Boris
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