Saint Jacques

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Célébrer la liturgie de saint Jacques

Le dimanche 23 octobre prochain, jour où l'Église commémore saint Jacques, nous allons célébrer, ainsi que nos Églises le pratiquent parfois, la liturgie de saint Jacques.
Ce ne sera ni une manifestation folklorique ni une reconstitution archéologique. La liturgie de saint Jacques fait totalement partie de notre patrimoine spirituel. Ceci a inspiré les quelques remarques qui suivent.

Quelques précisions
On a mis cette liturgie sous le patronage de saint Jacques, « frère » (c'est-à-dire cousin) du Sauveur et premier « évêque » de Jérusalem, c'est-à-dire premier chef de la communauté chrétienne de cette ville. Pourtant, il ne semble pas y avoir de rite propre émanant de l'Église de Jérusalem. La ville, détruite deux fois en moins d'un siècle après la venue du Christ, resta longtemps exsangue. L'influence de la brillante cité d'Antioche était forte et cela s'est manifesté dans la liturgie. Si des auteurs fort anciens montrent par leurs allusions que notre « liturgie de saint Jacques » fut très tôt en usage à Jérusalem, c'est le signe de cette influence antiochienne.

Un tout petit peu d'histoire
Selon les spécialistes, il semble que les liturgies eucharistiques se soient développées de la façon suivante depuis la fin du Ier siècle. D'abord le « Président » de l'assemblée, selon sa propre inspiration, rendait grâce (eucharistein en grec) des bienfaits divins, dont très probablement les paroles de l'Institution. Petit à petit sans doute, des canevas écrits se sont répandus qui n'avaient certainement pas de fonction obligatoire. Certains d'entre eux ont dû avoir plus de succès que d'autres. C'est ainsi que les historiens décèlent deux modèles principaux, alexandrin et antiochien, qui venaient des deux plus importants centres de diffusion du christianisme. Ces modèles se sont répandus et diversifiés.
La liturgie de saint Jacques est du type « antiochien », comme les liturgies de saint Basile et de saint Jean Chrysostome. Une filiation hypothétique est ainsi proposée par certains spécialistes. Saint Basile, évêque de Césarée de Cappadoce aurait, au milieu du IVe siècle, adopté et modifié la liturgie (en fait uniquement l'anaphore) de saint Jacques qui était largement utilisée dans tout le bassin oriental de la Méditerranée. Il aurait réalisé ces modifications dans le sens théologique qui lui semblait opportun, en insistant sur la pneumatologie, notamment visible dans l'abondance des citations de saint Paul (l'Esprit comme « gage du don de l'adoption » par exemple). Le prestige du saint aurait fait adopter cette liturgie à Constantinople d'où elle s'est largement diffusée. Car la ville était la capitale politique de l'Orient et encore à cette époque d'une partie de l'Occident. Cette liturgie aurait été remaniée et raccourcie au Ve siècle et serait devenue celle que nous plaçons sous le patronage de saint Jean Chrysostome.

Petit rappel liturgique
Quand on parle chez nous de célébrer la liturgie de saint Jean Chrysostome, de saint Basile ou de saint Jacques, il n'est question en fait que d'inclure telle anaphore dans le cadre plus large de notre liturgie eucharistique habituelle. En effet la « liturgie de saint Jacques » complète, utilisée, avec de nombreuses variantes, dans plusieurs Églises présente bien des différences de détail, hors de l'anaphore, avec notre manière de célébrer. Quelques exemples parmi d'autres : le maintien d'une lecture de l'Ancien Testament, la communion sous les deux espèces séparées, à la manière des prêtres aujourd'hui.
Le terme d'anaphore que l'on traduit par « offrande » a le sens de quelque chose que l'on présente en l'élevant. L'anaphore liturgique est toujours le cœur de la célébration eucharistique. C'est une longue prière qui commence avec l'exhortation « élevons nos cœurs » et se poursuit jusqu'aux prières préparant à la récitation du « Notre Père ».
Rappelons que la liturgie eucharistique présente les éléments suivants : 1° la préparation (proscomidie chez nous) ; 2° liturgie des catéchumènes avec les lectures ; 3° la liturgie des fidèles avec l'anaphore ; 4° la communion ; 5° les prières finales.
Chaque anaphore présente un peu la même structure générale : 1° l'invocation au Dieu éternel ; 2° le rappel de l'histoire de la création et du salut, jusqu'à la Cène ; 3° l'épiclèse-consécration qui est une demande, celle de la venue de l'Esprit ; 4° la mémoire de tout ceux, vivants ou morts, qui forment l'Église (ce que nous appelons les « diptyques ») 5° la doxologie finale de l'anaphore.

Les spécialistes voient dans cette structure de l'anaphore une double origine. D'abord celle des prières païennes qui 1° invoquaient la divinité, 2° rappelaient les bienfaits passés, 3° présentaient leur demande. Il y a ensuite et surtout l'influence des « bénédictions » juives qui louaient le Seigneur pour Lui-même ou pour Ses bienfaits passés en les évoquant plus ou moins longuement.
Le contenu théologique de chaque anaphore est à la fois semblable et différent des autres.
Chaque anaphore est donc une prière spéciale dont le texte reflète les préoccupations théologiques de son/ses rédacteur(s), ainsi que la sensibilité spirituelle des Églises qui l'ont adoptée.
La première des ces caractéristiques est importante. Une anaphore est aussi une catéchèse.
Chacune d'entre elles développe, entre autres, les affirmations du Symbole de la foi. Un fidèle qui n'aurait que le texte de l'anaphore de sa liturgie dominicale comme enseignement aurait déjà l'essentiel. Il est donc important de ne pas en écouter passivement les paroles (quand on a la chance de pouvoir les entendre). Son contenu théologique, et donc son texte, devraient
être profondément médités. On peut d'ailleurs dire cela de toutes les prières qui forment l'ensemble de la liturgie eucharistique.

Quelques comparaisons entre les trois anaphores
Chacune des trois anaphores dont nous parlons comprend plusieurs invocations trinitaires, pour des raisons évidentes. La liturgie de saint Basile développe davantage que les autres la pneumatologie. Celle de saint Jacques inclut juste avant l'épiclèse - ce qui est aussi une place évidente puisqu'on va demander sa venue - une très belle invocation au Saint-Esprit.
L'épiclèse chez saint Jacques est plus développée et comporte une référence au Jourdain, ce qui en fait sa spécificité.
En outre, la liturgie de saint Jacques met l'accent sur la Sainte Sion, Jérusalem, ce qui lui confère un caractère plus local que les autres. Elle rappelle l'histoire d'Israël (la Loi, les prophètes) et était donc à l'époque tout indiquée pour être en usage en Terre Sainte.
Ces anaphores font mémoire de toute l'Église : les anges, les saints, les vivants et tous les trépassés. La liturgie de saint Jacques le fait à deux reprises et plus longuement et complètement que les autres. Tandis que celles de saint Basile et de saint Jean Chrysostome citent expressément, et en première place la Mère de Dieu.

Pour conclure
Notons que les spécialistes distinguent parmi les épiclèses celles qui demandent la venue de l'Esprit sur les Saints Dons seulement ; et celles qui demandent Sa venue à la fois sur les Dons et sur l'assemblée. Ce dernier cas est celui de nos trois anaphores. Ce qui permet de souligner que chaque liturgie est non seulement une « petite Pâque » ainsi que disait saint Jean
Chrysostome ; mais aussi une petite Pentecôte.

Michel Feuillebois

ÉPICLÈSE DE LA LITURGIE DE SAINT JACQUES

Prêtre : Prends pitié d nous, Seigneur Dieu, Père tout puissant. Prends pitié d nous, Dieu notre Sauveur. Prends pitié de nous, ô Dieu, selon ta grande miséricorde et envoie sur ces dons, envoie ici ton très saint Esprit. Seigneur et donateur De vie, assis sur le trône à tes côtés, Dieu et Père, et ton Fils unique engendré, régnant avec toi, consubstantiel et coéternel qui a parlé par la Loi et les Prophètes et par ta Nouvelle Alliance, qui descendis sous forme de colombe sur le Seigneur Jésus au Jourdain, et qui demeuras sur lui, qui descendis sur tes saints-apôtres sous la forme de langues de feu dans la chambre haute de Sion saint et glorieux le jour de la Pentecôte. Envoie ton même très saint Esprit, envoie-le sur nous et sur ces dons que nous te présentons.
Qu'étant descendu par sa sainte, bonne et glorieuse présence, il sanctifie ce pain et en fait le saint corps du Christ,
Chœur : Amen.
Prêtre : Et de cette coupe le précieux Sang du Christ.
Chœur : Amen
Prêtre : Qu'ils deviennent pour tous ceux qui y participent le pardon des péchés et la vie éternelle. Pour la sanctification des âmes et des corps. Pour une récolte fructueuse de bonnes oeuvres. Pour la consolidation de la Sainte Église Catholique et Apostolique, que tu as fondée sur le roc de la foi, de sorte que les portes de l'Enfer ne prévalent pas contre elle, la délivrant de toute hérésie et des scandales engendrés par ceux qui causent l'iniquité, et des ennemis qui se lèvent et l'attaquent, jusqu'à fin des siècles.
Chœur : Amen

 

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