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Saint Alype le Stylite Saint Alype (515-614) stylite
Fête le 26 novembre

Le 26 novembre l'Église orthodoxe vénère la mémoire de Saint Alype, appelé aussi le Kionite, du mot kion "colonne".

Saint Alype vit le jour dans la ville d'Andrinople en Paphlagonie, vers l'an 515.

Lorsque sa mère était enceinte, elle eut la vision d'un agneau portant deux cierges allumés au lieu de cornes, en prophétie des grâces divines dont allait être rempli le serviteur de Dieu qu'elle portait. Devenu orphelin de père, l'enfant fut confié par sa mère à l'évêque Théodore, alors qu'il n'était âgé que de trois ans, pour servir l'église et être instruit dans les saintes Lettres. Il manifesta de telles capacités et une si grande piété, qu'il attira l'attention et la confiance de l'évêque suivant, nommé également Théodore, qui, sur la recommandation unanime des fidèles, désigna Alype aux fonctions d'économe de l'église et l'ordonna diacre lorsqu'il atteignit l'âge canonique. Alype s'acquittait avec perfection de ce double office, mais son âme, blessée d'amour pour le Christ, désirait mener une vie plus parfaite et suivre la voie étroite et resserrée de la vie solitaire. Finalement, obéissant à la voix de sa conscience, il distribua ses biens aux pauvres, et confia à sa pieuse mère son intention de partir pour la Terre Sainte et d'embrasser la vie monastique. Loin de s'opposer à son projet pour le retenir près d'elle, cette sainte femme se précipita en pleurant dans ses bras, loua Dieu pour cette courageuse résolution et lui donna sa bénédiction. Il se mit donc en route en secret, de peur que l'évêque et les habitants de la ville ne le retiennent. Mais quelques jours plus tard, comme il était parvenu à Euchaïta le jour de la fête de saint Théodore [17 fév.], l'évêque le rejoignit et le contraignit à revenir dans sa patrie. Ramené de force dans le monde, le serviteur de Dieu fut consolé par une vision qui lui apprit que, dans sa ville natale se trouvaient aussi les Lieux saints : Bethléem, Nazareth, Jérusalem, le Golgotha, car Dieu voulait qu'il mène dans sa patrie les combats de l'ascèse. Il se mit alors à la recherche d'un endroit isolé. Parvenu sur une montagne aride au sud de la ville, il découvrit une source grâce à une vision et s'apprêta à y consacrer une chapelle, puis à y bâtir une cellule. Cependant, l'évêque le voulait plus près de lui pour servir dans ce monde qui lui était désormais étranger, et il fit obstruer la source pour contraindre Alype à descendre dans la plaine vers un lieu plus accessible.

Le saint continua ses recherches et s'engagea dans un endroit redouté de tous les habitants de la région, où s'élevaient d'anciens tombeaux et sanctuaires païens, repaires des démons et terreur des hommes. Malgré les conseils de ses proches pour le détourner de ce dessein, Alype monta au sommet de l'un de ces monuments abandonnés, qui était surmonté d'une colonne (kiôn) portant la statue d'un animal fantastique, moitié taureau moitié lion. « C'est ici le lieu de mon repos ! » déclara-t-il. Et il retourna en ville chercher une croix et un levier. Au moyen de cet instrument, il jeta la statue à terre et la remplaça par la Croix vivifiante, décidé à vaincre désormais les démons dans leur propre repaire.

Comme l'évêque devait alors se rendre pour affaire auprès de l'empereur, il obligea le saint à l'accompagner dans son voyage. Quand ils parvinrent à Chalcédoine, Alype se cacha dans l'oratoire de Sainte-Bassa, voisin de la mer, où il s'endormit pendant que le prélat s'embarquait pour Constantinople. Dans son sommeil, il vit apparaître sainte Euphémie [16 sept.], la patronne de Chalcédoine, qui lui ordonna de retourner dans son pays et l'assura de sa protection. De retour dans son ermitage, Alype édifia une chapelle dédiée à sainte Euphémie, en un endroit qui lui avait été miraculeusement désigné par la vision d'un saint personnage. Comme il ne possédait rien, quelques-uns de ses amis lui procurèrent les ressources nécessaires et s'occupèrent des travaux de construction.

Alype, quant à lui, malgré son désir de s'installer sur la colonne, avait docilement suivi les conseils de prudence des anciens et s'était retiré dans une étroite cellule, non loin de là, pour s'y livrer avec ardeur à de mystiques ascensions par le jeûne, la veille et la prière. Il était alors âgé de trente ans et demeura deux années dans cette cellule, en soutenant un combat acharné contre les démons. Il restait inébranlable devant leurs suggestions mauvaises, et les repoussait par le signe de la Croix et les paroles de feu de la sainte Écriture. La renommée du serviteur de Dieu s'étendit rapidement et, quoiqu'il souhaitât n'être en rien troublé dans sa sainte activité, il fut contraint de recevoir les nombreux fidèles qui venaient à lui pour recevoir sa bénédiction. Doux, affable, attentif à chacun, de l'enfant au vieillard et du pauvre au notable, il ne laissait personne le quitter sans être rempli de joie spirituelle. Mais s'étant aperçu qu'il faisait ainsi tort à son âme, et dès lors suffisamment expérimenté dans l'art de l'ascèse, il décida de fixer sa demeure au sommet de la colonne, en se protégeant des intempéries par un petit toit de fortune fait de quelques planches. La plate-forme sur laquelle il se tenait était si étroite qu'il ne pouvait ni se coucher ni s'asseoir. Restant ainsi debout, semblable à une colonne vivante, il affronta pendant des années les éléments naturels, luttant contre la chaleur, le froid, la pluie et le vent. Alors que les martyrs avaient supporté les tourments pendant quelques instants seulement, saint Alyope s'offrit à ce martyre quotidien durant cinquante-trois ans, faisant chaque jour violence à la nature pour acquérir la vie éternelle. Les démons jaloux s'acharnaient contre lui et lui lançaient des pierres. Un jour, voulant leur montrer que leurs coups étaient aussi impuissants contre les combattants du Christ que des traits d'enfants, il demanda une hache à sa mère, qui vivait au pied de la colonne pour subvenir à ses besoins, et jeta à terre le toit qui surmontait son abri, afin de s'offrir aux jets de pierres des démons sans aucune protection et, si telle était la volonté de Dieu, de mourir lapidé comme Étienne le premier martyr. Effrayés par son audace et par sa confiance inébranlable en Dieu, les démons quittèrent les lieux en se lamentant sur leur défaite.

Exposé aux regards des hommes comme la lampe sur le lampadaire, saint Alype brillait par ses vertus (Mt 5, 14-16). Ayant vaincu tout amour-propre et toute trace d'égoïsme, il s'offrait comme les apôtres en spectacle au monde, aux hommes et aux anges par amour pour le Christ (1 Cor 4,9). Un peuple nombreux accourait vers la colonne pour solliciter l'intercession du saint. Quelques-uns de ses visiteurs voulurent se fixer près du stylite et devenir ses disciples. La première fut une femme de distinction, nommée Euphémie, à laquelle vint rapidement se joindre une autre noble dame, Eubula, qui devint supérieure du couvent bientôt installé. La mère du saint qui, maîtrisant la faiblesse de sa nature et son affection maternelle, avait suivi Alype et l'avait soutenu dans l'accomplissement de ses exploits, se joignit à la communauté, sans toutefois prendre l'Habit immédiatement, malgré le désir de son fils. Elle était si dévouée que, chargée de distribuer les aumônes, elle donnait aux pauvres même ce qui était nécessaire pour l'entretien de la communauté.

Quelque temps après, ce furent des hommes qui demandèrent au saint ascète à vivre près de lui, et il fonda de l'autre côté de la colonne un monastère masculin. C'était un spectacle admirable d'entendre, sept fois par jour, le chœur des vierges et celui des moines se répondre pour chanter les louanges de Dieu, et de voir le saint se tenir entre les deux, tel un ange terrestre et un homme céleste, unir sa voix aux leurs et élever ses mains vers le Dieu en Trois Personnes en intercédant pour le salut du monde. À plusieurs reprises, de nombreux témoins virent une lumière céleste et éclatante se tenir au-dessus de la colonne, accompagnée d'éclairs et de coups de tonnerre. Le saint avait également reçu le don de prophétie; il guérissait les malades, réconciliait les ennemis, enseignait les mystères de la Sagesse divine, soit directement, soit par lettres. Il se faisait tout pour tous, afin d'en gagner au moins quelques-uns au Christ (1 Cor 9,22). Un jour, pour venir en aide à un pauvre, il lui jeta sa tunique du haut de sa colonne, et demeura grelottant de froid jusqu'à ce qu'un reclus du monastère masculin s'en aperçut et vienne à son aide. Ses grâces se déversaient aussi sur ses disciples qu'on venait arracher à leur monastère pour les placer sur les sièges épiscopaux vacants.

Après cinquante-trois ans de tels combats, la moitié du corps de saint Alype se trouva paralysée et ses pieds lui refusèrent tout service, de sorte qu'il dut rester couché sur le côté, presque immobile, pendant les quatorze années qu'il passa encore sur cette terre. Atteint également d'un douloureux ulcère, il rendait gloire à Dieu comme Job (Job 1, 21). Lorsqu'il remit finalement son âme à Dieu, à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, sous le règne d'Héraclius (610-641), le peuple accourut pour vénérer son corps, et un possédé fut guéri à son approche. Son précieux chef est aujourd'hui vénéré au monastère de Coutloumoussiou, au Mont Athos.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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