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Saint Amphiloque d'IconiumSaint Amphiloque évêque d'Iconium (IVe siècle)

Fête au 23 novembre

Le 23 novembre, l'Église fait mémoire de notre saint Père Amphiloque, évêque d'Iconium. Notre saint Père Amphiloque vit le jour vers 340 à Diocésarée, une petite ville de Cappadoce. Il descendait d'une riche famille aristocratique chrétienne. La sœur de son père, sainte Nonne [fête le 5 août], était la mère de saint Grégoire le Théologien, et pendant toute sa vie saint Amphiloque resta l'ami et le compagnon de lutte des trois grands docteurs cappadociens : saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Grégoire de Nysse.

Après de brillantes études de rhétorique à Antioche auprès du célèbre Libanios, en compagnie de son frère Euphémios, Amphiloque continua avec succès sa carrière d'avocat à Constantinople. Quoiqu'il fût encore fort jeune, il s'acquit une grande notoriété pour sa sagesse et sa probité ; en effet, il venait en aide à tous ceux qui souffraient l'injustice. Son innocence et sa bonté l'amenèrent à aider un criminel, ce qui compromit sa réputation et le contraignit à abandonner sa charge (vers 360).

Il mit à profit cette occasion pour se consacrer complètement à Dieu, sur les conseils pressants de son cousin, saint Grégoire le Théologien. Depuis plusieurs années déjà, il avait conçu le projet, avec son ami Héraclide, de se retirer dans le désert pour s'y livrer sans souci aux travaux de l'ascèse et à la contemplation. Mais il dut renoncer partiellement à ce projet pour prendre soin de son père, resté seul, âgé et malade, dans leur propriété familiale d'Oziziala. C'est alors que le saint prit contact avec saint Basile et devint son ami très cher et l'un de ses correspondants les plus assidus(1) . Il imitait le genre de vie que menait le grand maître de Césarée, mais les soins dont il devait entourer son père l'empêchaient de le rejoindre. D'ailleurs, à partir de 370, quand saint Basile fut élevé à l'épiscopat, Amphiloque évita soigneusement de lui rendre visite, de peur qu'il ne l'appelât au service pastoral de l'Église.

Cependant, en 373, les habitants de la ville d'Iconium, capitale de la nouvelle province de Lycaonie, demandèrent à saint Basile de leur trouver un évêque. Basile opta immédiatement pour Amphiloque, qu'il considérait comme son propre fils. Malgré ses résistances, le saint accepta finalement cette charge, après avoir été confirmé dans ce choix par la vision d'un ange. Les problèmes ecclésiastiques de cette jeune Église étaient alors nombreux et, dans tout l'Orient, la foi était grandement mise en danger par l'attitude sympathisante de l'empereur Valens pour l'arianisme. Avec l'aide de saint Basile, et armé d'une foi inébranlable, saint Amphiloque lutta sans relâche contre l'hérésie par la parole, par ses écrits et par l'exemple de sa vie sainte. D'une profonde humilité, il ne s'en remettait pas à son propre jugement dans les questions dogmatiques, mais sollicitait toujours les conseils de son maître et père spirituel, Basile. Après la mort de ce dernier, aux funérailles duquel il assista (379), l'évêque d'Iconium continua le combat contre les partisans de Macédonios, adversaires de la divinité du Saint-Esprit. Il expliqua et développa la doctrine de Basile au cours d'un synode local, mais surtout lors du Second Concile Œcuménique, rassemblé à Constantinople en 381, auquel il participa en compagnie de saint Grégoire le Théologien, de saint Grégoire de Nysse et des cent cinquante Pères théophores qui proclamèrent la pleine divinité du Saint-Esprit, consubstantiel au Père et au Fils.

Le nouvel empereur, Théodose le Grand, n'étant pas encore complètement confirmé dans la foi orthodoxe sur la divinité du Verbe, Amphiloque se rendit un jour à la cour pour une audience. Il salua respectueusement l'empereur, mais n'adressa volontairement qu'un salut méprisant à son fils, Arcade, qui se tenait à ses côtés. Comme le souverain se fâchait et reprochait à l'évêque son manque de respect, celui-ci lui répondit : "Vois-tu, toi qui es roi de la terre, tu ne souffres pas que l'on dédaigne ton fils et tu te mets en colère, estimant que ce dédain t'atteint personnellement. À plus forte raison, Dieu, le Roi et Père de tout ce qui est, rejette-t-il ceux qui blasphèment son Fils et disent qu'il Lui est inférieur !"

Le souverain comprit cette leçon et fit dès lors pourchasser les tenants de l'arianisme.

De retour dans son Église, saint Amphiloque mena paître son troupeau spirituel dans les verts pâturages de la foi orthodoxe, en lui inculquant la pratique des vertus évangéliques. Il mourut en paix, à un âge avancé, dans les dernières années du IVe siècle, laissant des homélies et des traités sur la foi orthodoxe, dont il ne reste aujourd'hui qu'un petit nombre.

Note
(1) Saint Basile lui adressa dix-huit Lettres (éd. Courtonne, Paris 1957) et lui dédia son Traité sur le Saint-Esprit I, 1 (SC 17, 106).

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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