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Saint Ahmet le CalligrapheSaint Anastase le Perse (†628)
moine et martyr
Fête le 22 janvier


Le 22 janvier l'Église fait mémoire de saint Anastase le Perse, moine et martyr.

Le glorieux martyr du Christ Anastase était natif de Perse et fils d'un mage de profession, à l'époque où le roi de Perse Chosroès II envahit la Palestine, mit à sac la Ville sainte de Jérusalem et emporta avec lui dans son pays la précieuse et vivifiante Croix du Sauveur (614).

Enrôlé depuis peu dans l'armée perse et stationné à Séleucie-Ctésiphon, le jeune homme, appelé alors Magoundat, apprit les nombreux miracles que le saint Trophée accomplissait partout sur son passage et, le feu que le Christ est venu répandre sur la terre (Lc 12,49) s'étant allumé dans son cœur, il interrogeait avec avidité les chrétiens qui lui expliquèrent le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu, fait homme et mort sur la Croix pour notre salut. L'amour du Christ embrasant alors tout son être, il renonça à ses biens, quitta ses parents et sa patrie. Ayant rejoint son frère qui était dans l'armée du général Shaïn qui assiégeait Chalcédoine, il déserta et se rendit à Hiérapolis (Mabboug), en Syrie, où il devint apprenti chez un orfèvre persan qui était chrétien.

Le désir de Dieu augmentant en lui, il demandait avec insistance à ce dernier de recevoir au plus vite le saint Baptême. Comme son maître temporisait, par crainte des Perses, le jeune homme allait prier seul dans l'église, où les scènes de martyrs représentées sur les murs suscitèrent alors en lui le désir ardent de parvenir lui aussi à la perfection de la vie en Christ par le sacrifice de son sang. Telle cerf assoiffé qui court vers la source des eaux (Ps 41,1), il se rendit à Jérusalem et reçut le saint Baptême de saint Modeste [fête le 16 décembre], qui était alors vicaire du siège patriarcal, sous le nom d'Anastase ("résurrection").

De là, il devint moine au monastère d'abba Anastase (620), à quatre milles de la Ville Sainte, qui avait été réoccupé par des moines réfugiés de Saint-Sabas. Confié à l'un des anciens par l'higoumène Justin, le vaillant néophyte s'initia rapidement à la langue grecque, en apprenant le Psautier par cœur, et se montra parfait dans toutes les vertus monastiques avant même d'avoir revêtu l'Habit angélique. Une fois tonsuré moine, il travailla pendant sept années, avec un zèle grandissant, à la purification de son âme et au service des frères. Il accomplissait deux obédiences à la fois, celle de cuisinier et celle de jardinier et, présent le premier à tous les offices divins, il écoutait avec attention et larmes les lectures des Vies des saints et des exploits des martyrs, en élevant secrètement vers Dieu ses prières, pour qu'Ille rende digne lui aussi de la palme de la victoire.

Après avoir repoussé des pensées de retour aux tromperies des mages, suggérées par le démon, il vit lui apparaître de nuit un personnage venu du ciel, qui lui offrit à boire une coupe d'or incrustée de pierreries contenant un vin délicieux. Le lendemain, dimanche, à l'office, il raconta cette vision à son higoumène et, assuré qu'il s'agissait bien d'une invitation divine à s'offrir au martyre, aussitôt après avoir communié aux saints Mystères, il quitta secrètement le monastère pour se rendre à Césarée de Palestine, ville qui se trouvait sous occupation perse. Comme il se rendait à l'église Sainte-Euphémie, il vit des mages qui s'adonnaient aux rites zoroastriens et leur adressa sans crainte de sévères remontrances, en leur disant que lui aussi, perse d'origine, s'était autrefois laissé tromper par les artifices des démons, mais qu'ayant trouvé la vraie lumière, il était devenu chrétien. Ces derniers le laissèrent partir; mais un peu plus loin, des cavaliers perses l'interpellèrent en le traitant d'espion. Le serviteur de Dieu se tourna vers eux, et confessa qu'il avait été jadis cavalier comme eux, mais qu'il était devenu serviteur de Jésus-Christ. Les soldats se précipitèrent alors sauvagement sur lui et l'amenèrent auprès du marzban (gouverneur). Comme Anastase répétait devant le magistrat sa confession de foi et restait insensible à ses promesses comme à ses menaces de mort, il fut chargé de chaînes et condamné à transporter des pierres à la forteresse. Des gens de sa province, estimant que ce qui lui arrivait attentait à leur honneur, se rendirent auprès du condamné pour essayer de le convaincre d'abjurer. Comme il les avait repoussés avec énergie, ces derniers venaient chaque jour l'accabler d'injures et de coups, déchiraient ses vêtements et lui arrachaient la barbe en le traitant de fou et de renégat; mais le saint restait joyeux de souffrir ainsi l'opprobre du Christ.

Après un second interrogatoire devant le gouverneur, tout aussi infructueux, il s'offrit sans résistance aux supplices. Refusant d'être attaché ou retenu par les gardes, et ayant demandé à ce qu'on lui enlève son Habit monastique pour que celui-ci ne soit point déshonoré, il supporta avec constance les coups de verges qu'on lui assénait férocement. Comme le magistrat le menaçait d'écrire au roi, qui le livrerait à une mort certaine, Anastase répliqua : "Pourquoi le craindrais-je? Il est mortel comme toi. Qui dois-je craindre le plus, celui qui est comme toi, corruptible, ou le Christ qui a fait le ciel et la terre ?"

Lorsque l'higoumène du monastère apprit les tourments endurés par Anastase, il fit prier toute la communauté en sa faveur et envoya deux frères, afin de l'assister et de prendre notes de tous les détails de ses combats. Étroitement enchaîné avec un malfaiteur dans son cachot, le saint n'en accomplissait pas moins à grand peine ses prières de nuit, et l'on pouvait voir des anges lumineux, ayant l'apparence d'évêques, se tenir à ses côtés et l'encenser, au sein d'une abondante lumière.

En réponse à une ultime proposition de reniement, Anastase ayant déclaré : "Même si tu me relâches, j'irai tout seul me présenter au roi !", on lui scella autour du cou un collier de fer et il fut transféré à la prison publique avant d'être envoyé sous escorte auprès du roi. La veille de la fête de l'Exaltation de la Croix (14 septembre 627), les deux moines envoyés par l'higoumène et quelques chrétiens de la ville parvinrent à s'introduire dans la prison pour célébrer, par des hymnes et des prières d'action de grâces, sa propre fête avec celle de la sainte Croix, et, à l'aube, ils obtinrent du chef geôlier de le faire sortir pour se rendre à l'église. En le voyant paraître, les fidèles se précipitèrent vers le saint, lui demandant sa bénédiction et ses prières, et ils furent grandement confirmés dans la foi par la présence du saint martyr.

Parvenus en Perse, Anastase et son escorte firent halte au village de Bethsaloé, situé non loin de la résidence royale, Dastager-, dans l'attente des ordres du roi. De nouveau vainement interrogé par un officier envoyé par le souverain, il fut alors étendu sur le dos et, une pièce de bois étant posée sur ses tibias, deux hommes se tinrent aux deux extrémités, lui occasionnant d'intolérables souffrances. Un autre jour, il resta suspendu pendant deux heures à un arbre par une main, une lourde pierre attachée à son pied. Attaché ensuite à la manière perse -les mains et les pieds liés à un piquet - il fut soumis, chaque jour, à la bastonnade; mais, fortifié par la grâce divine, il supportait tous ces supplices avec la constance d'un être incorporel. Au bout de quinze jours de tels traitements, arriva la sentence du roi le condamnant à mort. Les bourreaux étranglèrent d'abord devant lui, un à un, soixante-dix chrétiens. Et, après la mort de chacun, ils lui demandaient: "Pourquoi veux-tu mourir, comme ceux-ci ? Obéis aux ordres du roi, accepte les honneurs qu'il t'offre et sois au palais avec nous." Mais Anastase restait imperturbable, et quand vint son tour, il déclara : "Je m'attendais à être dépecé membre par membre pour amour du Christ. Mais si la mort dont vous me menacez est seulement celle-ci, je rends grâce à mon Dieu de ce que par une si petite épreuve, vous me faites participer à la gloire des martyrs." Il se livra avec grand empressement à ses bourreaux qui, après l'avoir étranglé, le décapitèrent et allèrent porter sa tête au roi (22 janvier 628).

Alors que des chiens s'étaient précipités pour dévorer les corps des autres condamnés, ils laissèrent intact celui de saint Anastase, de sorte que le moine qui l'avait accompagné put le racheter aux bourreaux et alla l'ensevelir à peu de distance du village, dans un monastère dédié à saint Serge. Lorsque le pays fut conquis, peu après, par les armées d'Héraclius, ce moine ramena en Palestine sa tunique (collobion) monastique, qui accomplit de nombreux miracles, et il répandit le récit de son glorieux martyre. Ses saintes reliques furent ensuite transférées en Palestine, puis à Constantinople, où l'impératrice Irène lui consacra une église.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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