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Moine bénédictinSaint Antoine du Rocher
fondateur de l'abbaye Saint-Julien en Touraine VIe siècle
fête le 4 mai

Saint Antoine appartient au diocèse de Tours par sa vie et par sa mort. Il vint en France vers l'an 542, et fut probablement un des cinq apôtres de la vie monastique, que saint Benoît avait envoyés dans notre patrie, sous la conduite de saint Maur. Antoine et trois de ses compagnons, Constantinien, Simple et Fauste, se rendirent d'abord au Mans, où l'évêque de cette ville, saint Innocent, les avait appelés. Ils établirent à Glanfeuil un monastère qu'ils dédièrent à saint Martin. Antoine ne s'y arrêta que très peu de temps ; il était désigné pour Tours, et il vint y fonder la célèbre abbaye de Saint-Julien.

Pendant plusieurs années, il en fut le premier abbé et il lui donna son nom qu'elle porta pendant longtemps, comme nous le voyons par des lettres datées de 940, dans lesquelles on appelle ce monastère le monastère de Saint-Julien ou de Saint-Antoine.

Il y fut un modèle de toutes les vertus. Ce qu'il enseignait, il le pratiquait, dit une chronique du monastère de Saint-Julien, mais, attiré invinciblement par l'attrait de la solitude, il méprisa les joies du monde, il aima d'un grand amour la pauvreté et il fut le possesseur de nombreuses richesses sans jamais y attacher son cœur. Il se retira à quelques kilomètres de Tours, dans un lieu charmant et paisible et entouré de tous côtés par des forêts.

Caché dans la caverne d'un rocher, qui n'avait guère plus de quatre pieds en largeur, en profondeur et en élévation le pieux serviteur de Dieu servait Dieu assidûment. Seul avec Dieu seul, Antoine se sanctifia dans cette solitude, lutta contre le démon et contre lui-même, puis il s'endormit dans le Seigneur plein de mérites et de vertus.

Peu de temps après sa mort, ses restes furent transportés par les moines de Saint-Julien dans leur abbaye, et plus tard ils furent exposés à la vénération des fidèles sur le maître-autel de cette église, où ils demeurèrent, jusqu'en 1562, époque où les calvinistes dépouillèrent toutes nos églises et brûlèrent les reliques de tous nos Saints. Quand des jours plus paisibles furent rendus à l'église de Tours, les moines de Saint-Julien réclamèrent et obtinrent du curé de Saint-Antoine-du-Rocher une partie des reliques de leur saint Abbé, qu'il possédait encore ; ils les reçurent avec un grand respect et les renfermèrent dans une boîte d'argent qui fut placée entre les bras d'une statue du Saint également en argent.

L'église de Saint-Julien conserva ces reliques jusqu'à la grande tourmente de 1793, où l'esprit du mal, déchaîné sur le monde, fit aux Saints de Dieu une guerre telle que l'Église n'en avait point connue depuis les grandes persécutions païennes. Aujourd'hui l'église de Saint-Julien ne possède plus que le souvenir de ce grand Saint, fondateur de son monastère.

Chapelle Saint-AntoineMais la grotte où le Bienheureux mourut est toujours l'objet d'un pieux et touchant pèlerinage. Sur la ligne du chemin de fer qui conduit au Mans, arrêtez-vous à Saint-Antoine-du-Rocher et rendez vous pieusement à cette grotte où vécut et mourut saint Antoine. Peu de temps après la mort du Saint, deux autels y furent élevés on voit encore une fontaine près de laquelle, dit une chronique du XIe siècle, jamais aucune femme n'approcha : une d'elles ayant voulu braver la défense, fut frappée de mort. À la Révolution de 1793, cette grotte fut pillée, profanée et elle devint l'asile des bêtes immondes. En 1842, le pieux et bon prêtre, M. l'abbé Gervais, qui desservait cette paroisse, fut assez heureux pour arracher à la profanation cette grotte, témoin de tant de vertus.

Il la fit restaurer, et, à sa prière, Mgr Morlot, alors archevêque de Tours, vint la bénir solennellement. À l'endroit où la tradition veut que le Saint ait rendu le dernier soupir, il fit placer une belle statue, œuvre d'Avisseau père, et représentant le Saint étendu sur une natte, tenant la croix dans ses mains et les yeux levés vers le ciel qui va bientôt devenir sa récompense. Le pèlerinage, qui n'avait jamais été complètement interrompu, a reçu un nouvel essor, et l'on vient souvent de bien loin implorer la protection du saint Solitaire.

L'archéologue et le curieux vont sur cette paroisse de Saint-Antoine-du-Rocher admirer un monument druidique, qui peut exercer leur imagination et aiguiser leur curiosité, mais qui ne dit rien à leur cœur nous les engageons à faire quelques pas de plus et à visiter le rocher de Saint-Antoine ils ne regretteront pas leur course.

Source : Les Petits Bollandistes
 
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