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Saint Cyrille d'AlexandrieSaint Cyrille patriarche d'Alexandrie (376-444)

Fête le 9 juin

Neveu du patriarche Théophile, il lui succède en octobre 412.

À cette époque le pape d'Alexandrie joue en Égypte un rôle politique très important. Dans le contexte de la décomposition de l'Empire rappelons qu'en occident, de nombreux évêques furent amenés à des situations similaires, en Gaule, en Angleterre et jusqu'à Rome.

En son temps l'Église était encore divisée par l'héritage des querelles christologiques. Les formulations du concile de Nicée de 325 avaient commencé à les résoudre. Mais le pouvoir politique lui-même, nominalement chrétien, s'il avait cessé de persécuter les croyants, se montrait hésitant à en promouvoir le credo.

À la tête de l'Église égyptienne, saint Cyrille contribua à consolider l'unité des chrétiens en combattant de façon très énergique les diverses hérésies qui tendaient à la déchirer : novatiens, judaïsants, et en particuliers celle que l'on qualifiera de "nestorienne". Ce nom lui a été donné en référence au patriarche de Constantinople Nestorius qui fut destitué pour avoir nié la réalité de l'Incarnation. Ceci l'amenait à refuser à Marie le nom de "Théotokos", la mère de Dieu.

Nestorius, d'origine perse, avait été en 428 désigné archevêque de Constantinople par l'empereur Théodose II. Cette nomination avait été effectuée en violation du droit canonique et contre l'avis des moines et du peuple chrétien.

Pour imposer ses opinions Nestorius avait poussé son protecteur à convoquer en 431 le concile d'Éphèse. Or, ce furent les thèses de l'orthodoxe Cyrille qui l'emportèrent. Le Concile prononça l'anathème contre le "nestorianisme", ce qui conduisit à la destitution du patriarche hérétique.

Parmi les diverses formes de division auxquelles l'Église du Ve siècle était confrontée, Cyrille fut également amené à combattre les novatiens. Sympathisant de ce schisme, l'historien Socrate le Scholastique est à l'origine de diverses calomnies ou rumeurs tendant à entacher la mémoire de saint Cyrille d'Alexandrie – ainsi l'accuse-t-il en 440, notamment, de porter une part de responsabilité dans les violences à l'encontre de la philosophe païenne Hypathie.

Considéré de nos jours comme le "dernier grand représentant de l'école théologique d'Alexandrie" il assuma le combat de celle-ci contre les dérives imputées à l'école rivale d'Antioche, plus attachée à l'humanité de Jésus.

On lui a beaucoup reproché aussi la formule : "μια φυσις του Θεου λογου σεσαρκομενη" (mía phýsis toû theoû lógou sesarkoméni, que l'on peut traduire par "une est la nature (mia physis) incarnée de Dieu le Verbe". Cette idée remontait à Apollinaire de Laodicée. Saint Cyrille en rétractera l'interprétation abusive. Au contraire, elle sera systématisée par l'hérésiarque Eutychès : et ceci donnera naissance au "monophysisme". Cette doctrine, après le concile de Chalcédoine de 451 qui la condamne, entraînera une situation schismatique qui dure encore dans les Églises d'Égypte, d'Arménie, de Syrie et d'Éthiopie. (1) En fait saint Cyrille cherchait à mettre en garde contre l'idée de dualité des natures défendue par l'école d'Antioche.

On doit noter que c'est son échange de correspondance avec Jean d'Antioche qui mit précisément fin, en 433, à la rivalité des deux écoles qui remontait à l'Antiquité chrétienne.

Quelques citations de Cyrille :

"Le Logos de Dieu le Père est né de la Vierge qui ne fut appelée qu'à jouer le rôle de médiatrice et d'instrument pour enfanter selon la chair celui qui était uni à la chair. l'Emmanuel est Dieu. Celle qui a enfanté le Dieu qui est apparu pour nous doit être nommée Mère de Dieu." [Homélie pascale 17, PG 77, 777 C]

"Il ne faut pas diviser l'unique Seigneur Jésus-Christ en homme à part et en Dieu à part, mais nous disons qu'il n'y a qu'un seul Jésus-Christ, tout en sachant la différence des natures et en les maintenant l'une et l'autre sans confusion. [Scholies sur l'Incarnation, PG 75, 13 85 C]

"Le Seigneur est une gerbe, il nous lie tous à lui. Il nous rassemble tous, il est les prémices de l'humanité consommée dans la foi et destinée aux célestes trésors... Aussi, quand le Seigneur est revenu à la vie et que, d'un geste, il s'est offert à Dieu comme les prémices de l'humanité, alors assurément, tous nous avons été transformés à une nouvelle vie." [Glaphyres, PG 69,624]

"Nous affirmons donc que, malgré la diversité des natures qui sont réunies dans une véritable unité, il n’y a qu’un unique Christ et Fils. La différence des natures n’est pas éliminée par l’unité, mais au contraire ce sont la divinité et l’humanité qui constituent l’unique Seigneur Jésus-Christ . Et donc c’est pourquoi nous professerons un seul Christ et Seigneur, non dans le sens que nous adorons l’homme en même temps que le Logos, pour ne pas insinuer l’idée d’une séparation en disant 'en même temps', mais dans le sens où nous adorons un seul et le même, car son corps n’est pas étranger au Logos, avec lequel il siège aussi auprès du Père, non pas comme si siégeaient auprès de lui deux fils, mais bien un seul uni dans sa propre chair." [Lettre à Nestorius]

"Un et unique est le Fils, un et unique est le Seigneur, avant l’incarnation comme après l’incarnation. En effet, il n’y a pas un Fils qui était le Logos né de Dieu le Père, et un autre Fils né de la Vierge sainte ; mais nous croyons que celui qui est avant tous les temps est aussi celui qui est, selon la chair, né d’une femme." [Lettre à l'évêque Succens PG 77, 228-237]

On lui doit de nombreux écrits théologiques, dont plusieurs ont été traduits dans la collection Sources Chrétiennes: "Contre Julien" SC 322 "Deux dialogues théologiques" SC 97; "Dialogues sur la Trinité" SC 231, 237 et 246; "Lettres festales" SC 372, 392 et 434.

Notes

(1) cf. Les travaux théologiques du "Dialogue entre orthodoxes et orthodoxes orientaux".

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