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Saint Étienne (1340-1396) évêque de Perm
Fête le 26 avril

Le 26 mars l'Église  vénère la mémoire de saint Étienne. Fils d'un prêtre de la région de Vologda récemment acquise par les princes de Moscou, il montre très tôt ses grandes capacités et devient lecteur de la cathédrale où célébrait son père. Il entre au monastère de Saint-Grégoire-le-Théologien à Rostov, où il apprend le grec, se perfectionne dans la connaissance des Écritures et la fréquentation des Anciens. Ordonné prêtre, il entreprend d'apporter la lumière de l'Évangile au peuple ouralien des Komis, qu'on appelait alors les Zyrianes. Cette tribu païenne habitait alors la terre de Perm. Il apprit leur langue dont il crée un alphabet, et dans laquelle il traduit les livres saints. Mais ce n'est qu'après avoir obtenu la bénédiction de l'évêque Gérasime de Kolomna, qu'il partit pour la région de Perm en se confiant en la Providence. Ses prédications n'eurent d'abord qu'un succès fort limité. Il parvint à baptiser un petit nombre de païens, qui le suivaient dans ses périples et l'interrogeaient avec ferveur sur les questions de la foi. Il bâtit pour eux une église dédiée à l'Annonciation, "prémices de notre salut", auprès de laquelle il fonda ensuite un monastère.

Quand les païens pénétraient dans ce temple orné d'icônes et où résonnaient les hymnes divines, ils restaient stupéfaits devant une telle beauté et s'écriaient "Grand est le Dieu des chrétiens !"

La plupart des habitants restaient cependant hostiles, et certains tentèrent même de tuer le missionnaire. Mais la main de Dieu le protégea, et le saint put continuer patiemment ses prédications.

Un jour, après avoir prié dans l'église pour que le Seigneur rassemble dans son bercail les brebis égarées, il se rendit au temple païen, mû d'un élan divin, et l'incendia après avoir renversé les idoles, puis il attendit paisiblement près des ruines. Quand les païens arrivèrent, armés de gourdins, furieux et prêts à le tuer, il s'écria : "Seigneur, je remets mon esprit entre tes mains; protège-moi sous les ailes de ta bonté !"

Les barbares furent soudain arrêtés dans leur élan et leur colère se mua en douceur, si bien que le saint put s'adresser à eux en ces termes "Quand renoncerez-vous enfin aux tromperies démoniaques, pour éviter la condamnation et le feu éternel. Si ces idoles étaient vraiment des dieux, elles auraient éteint l'incendie et puni son auteur. Abandonnez donc ces superstitions insensées et reconnaissez le seul vrai Dieu. Si vous croyez et recevez le saint baptême, vous serez sauvés et vous gagnerez le Royaume des cieux; si vous ne croyez pas, vous serez condamnés aux tourments éternels !"

Convaincus par le saint, les idolâtres, de jour en jour plus nombreux, parvenaient à la foi et se faisaient baptiser. La contrée tout entière fut bientôt illuminée par la grâce de l'Évangile, et le saint, suivi d'un grand nombre de néophytes, se rendait en tout lieu où se trouvaient encore des idoles, pour les détruire par le feu avec les offrandes que leur faisaient les païens. Saint Étienne bâtit encore deux églises, auprès desquelles il enseignait au peuple à lire le Livre des Heures, le Psautier et les autres livres ecclésiastiques qu'il avait traduits dans leur langue. Il préparait en outre au diaconat et à la prêtrise ses disciples les plus aptes, afin de donner à cette Église naissante un clergé indigène.

Malgré les succès remportés par le saint, un mage, nommé Pamm, s'efforça de ramener la population de Perm au paganisme, en utilisant des subterfuges inspirés du démon. Alors qu'il s'était souvent opposé au saint dans des discussions publiques, Pamm lui proposa de prouver en actes quelle était la vraie foi. Le saint accepta et proposa l'épreuve du feu et de l'eau. Après avoir adressé à Dieu une fervente prière, il invita d'un air jovial le mage à pénétrer ensemble, main dans la main, dans le brasier allumé à cette intention. Il s'avança dans les flammes, en tirant à lui le mage effrayé qui criait qu'il ne voulait pas être brûlé vif. "N'as-tu pas toi-même proposé tout cela pour éprouver le Dieu vivant, lui dit le saint. Pourquoi, maintenant, t'y refuses-tu?"

Le mage reconnut sa faute et refusa également de se jeter dans la glace du fleuve Vichegda. Étienne lui dit alors : "Vas-tu croire et te faire baptiser, puisque tu es vaincu ?"

Malgré les cris de la foule, qui réclamait de mettre Pamm à mort, le saint refusa de lui faire du mal, rappelant les prescriptions du Christ sur la douceur et l'amour des ennemis, et il se contenta de le faire chasser de la contrée, pour qu'il cesse de corrompre le peuple de Dieu.

Le nombre des fidèles s'accroissait à tel point que la nécessité d'élire un évêque à la tête de cette nouvelle Église se fit ressentir. Saint Étienne se rendit alors à Moscou, pour informer le grand-prince Dimitri [fête le 19 mai] et le métropolite Pimène des merveilles accomplies par la grâce divine sur la terre de Perm, et pour leur demander d'y envoyer un évêque, "car la moisson était abondante et les ouvriers peu nombreux."

On décida que le saint lui-même était le plus digne du ministère épiscopal sur cette terre qu'il avait illuminée par sa prédication et par ses traductions, et où il avait fondé les premières églises. Il fut sacré en 1383, et, dès son retour à Perm, où le peuple l'accueillit avec allégresse, il se remit au labeur avec une énergie décuplée enseignant, baptisant, bâtissant des églises, ordonnant des prêtres et introduisant avec sagesse et discernement les institutions et la discipline de l'Église.

Il fonda aussi des monastères et se fit la providence des pauvres et le consolateur des affligés. En pasteur attentif, il ne se préoccupait pas seulement des âmes, mais nourrissait aussi les corps. Lors d'une famine à Perm, il fit venir du blé de Vologda et organisa des distributions gratuites à la population.

Quelque temps avant son bienheureux trépas, saint Étienne entreprit un nouveau voyage à Moscou, auprès du métropolite saint Cyprien [fête le 16 septembre]. Il réunit au préalable ses ouailles et, se fondant sur les saintes Écritures, il les exhorta à rester fermes dans la foi et à demeurer unies par une charité sans hypocrisie. Puis, après leur avoir annoncé que sa fin était proche, il les confia au Seigneur et partit pour Moscou. À peine arrivé, il se sentit affaibli, et quelques jours après, le 26 avril 1396, il remit en paix son âme à Dieu, pour aller rejoindre le chœur des saints hiérarques.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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