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Saint Euphrône d'Autun (†490)

Fête le 3 août

Saint Euphrône d'AutunEuphrône est une des figures les plus remarquables de l'Église des Gaules dans la seconde moitié du Ve siècle. Organisé en deux parties depuis le début du siècle précédent, l'Empire romain s'effondre complètement en occident en 456. En 476 le territoire actuel de la France est conquis par des tribus barbares, de confession arienne. Pendant cette époque troublée l'épiscopat reste alors la seule autorité représentative de la civilisation gallo-romaine.

Euphrône, dès son plus jeune âge, se distingue par son goût de l'étude et particulièrement pour l'Écriture et les doctrines des Pères de l'Église.

Vers 450, jeune prêtre, il fait édifier une abbaye et basilique en l'honneur de saint Symphorien d'Autun (martyr en 178, fête le 22 août), auquel il associait saint Fauste, son père et sainte Augusta sa mère. Cette famille avait joué un rôle considérable dans la christianisation de la région. Célébré dans l'ancienne liturgie gallicane Symphorien donna son nom à de nombreuses paroisses, églises et monastères dans toute la France. Saint national, 27 communes aujourd'hui encore portent son nom. Grégoire de Tours indique à propos de ce sépulcre qu'il "est presque troué par les malades qui s'y font porter, afin d'enlever un peu de poussière de son tombeau dont ils se servent comme d'un remède efficace à tous leurs maux". L'abbaye fut soumise aux règles de Basile de Césarée et du monachisme égyptien, introduites en occident par saint Jean Cassien.

Dans les années 460, le siège d'Autun étant vacant, Euphrône fut élu d'une voix unanime successeur de l'évêque Léonce. Son rayonnement dépassa très vite le diocèse d'Autun.

Les bollandistes décrivent ainsi son influence :

"Comme Rhétice, un de ses plus illustres prédécesseurs, le nouvel évêque devint une des lumières et un des plus beaux ornements de l'Église des Gaules. Consulté de toutes parts, aimé et apprécié partout, jouissant d'une immense considération, souvent en rapport avec les plus illustres personnages de son temps et avec tous les grands prélats qui étaient alors la gloire de l'épiscopat, il fut mêlé à plusieurs affaires importantes et montra en toute occasion cette science ecclésiastique, cette sagesse, ce zèle pour le culte divin et pour la sainte discipline qu'il possédait à un degré si remarquable.

Après avoir été le conseil de Talasius d'Angers relativement au culte et à la discipline, et de Sidoine de Clermont dans le choix de l'évêque de Bourges saint Simplice, l'âme avec saint Patient d'une réunion d'évêques qui donna aux Châlonnais un digne pasteur dans la personne de saint Jean, Euphrône fut encore la lumière du concile d'Arles."

En 475 en effet, 29 évêques des Gaules, au premier rang desquels figurait Euphrône, furent confrontés à l'hérésie de la prédestination. Déformant la doctrine de la grâce de saint Augustin elle était à cette époque professée par le prêtre Lucide qui se rétracta dans les termes suivants :

"Conformément au décret que vient de rendre le vénérable concile, je condamne avec lui cette proposition : l'action divine est indépendante de la volonté humaine ou de la coopération."

On reconnaît dans cette proposition, que l'Église romaine sera amenée à condamner à plusieurs reprises et que l'Église orthodoxe a toujours fermement rejetée, l'hérésie janséniste et, plus généralement, les théories se prévalant de "l'augustinisme".

Les évêques des Gaules réunis à Arles avaient été largement influencés par une lettre de Fauste de Riez, l'un des plus grands théologiens occidentaux de cette époque. Moine à l'Abbaye de Lérins, où régnait l'influence de saint Jean Cassien, il en était devenu l'abbé en 432 puis évêque de Riez en 460. En 476, le roi wisigoth Euric lavait fait exilé en 476. Auteur de divers traités : contre les ariens, sur le Verbe de Dieu fait chair, et sur le Saint-Esprit, consubstantiel au Père et au Fils et coéternel, etc. Son Traité de la grâce et du libre arbitre rencontrera plus tard l'opposition des "augustiniens" qui le condamnèrent au concile d'Orange de 529 comme "semi-pélagien". À noter que ce n'est qu'au XVIIe siècle que cette prétendue hérésie cessera d'être prise en considération par les catholiques-romains.
Euphrône continuera son œuvre en honorant notamment le tombeau de saint Martin de Tours.

Il mourut vers 490 et fut inhumé près du tombeau de saint Symphorien dans la basilique qu'il avait lui avait dédiée.

JGM
Source : "Saint Symphorien et son culte" par l'abbé Dinet in "Vies des saints" par Les Petits Bollandiste
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