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Saint Germain de Constantinople

Saint Germain
patriarche œcuménique de Constantinople confesseur (640-740) Fête le 12 mai

Saint Germain naquit en 640 dans la capitale de l'Empire Byzantin. Son père, le patrice Justinien, lui donna une éducation pieuse. Quand il eut 20 ans celui-ci fut assassiné par le futur empereur Constantin IV Pogonatos qui régnera de 668 à 685. Germain fut dès lors voué l'église.

Réputé pour sa vertu, son éducation et la sainteté de sa vie, il fut élu, à l'âge de 37 ans, métropolite de Cyzique. Plus tard, en 715, il sera élu sur le trône patriarcal, après avis de l'empereur Anastase II (713-715) par le vote du Sénat et du peuple.

Il se consacra dès lors à une tâche pastorale et catéchétique avec ses sermons continus peuple. Par la suite, sous le règne de l'empereur iconoclaste Léon III l'Isaurien (717-741), il refusera de se conformer aux décrets impies du pouvoir politique et il appellera le peuple à la résistance. Il fut alors contraint de démissionner.

Retiré dans la propriété de sa famille à Platania, et après une brève maladie, il mourut âgé de 100 ans le 12 mai 740. Il fut enterré au monastère du village.

Les années qui suivirent furent marquées par l'approfondissement de l'hérésie et de la persécution des orthodoxes sous le long règne de Constantin V "Copronyme" (741-775). Celui-ci produisit des écrits théologiques prétendant théoriser l'impiété et il convoqua un peudo-synode dans le palais impérial de Hiéra en février 754, ne rassemblant que les évêques iconoclastes ; sans représentants du pape, ni des autres patriarches. Cette réunion décida la destruction de toutes les icônes, et jeta l'anathème contre la théologie de saint Jean Damascène et contre le défunt patriarche Germain.

Tout en promulguant des sanctions pénales contre les défenseurs des images, ce pseudo-synode osa faire de l’empereur le chef de l’Église, le proclamant égal aux apôtres et il accepta de remplacer les images chrétiennes par des scènes profanes glorifiant l’empereur.

À noter qu'en occident, alors même que le pape avait combattu l'hérésie, celle-ci persista : après le deuxième concile œcuménique de Nicée de 787, un synode iconoclaste carolingien se réunit à Francfort en 794 pour reprendre au profit de Charlemagne les mêmes prétentions et combattre le rétablissement de l'orthodoxie. Un ambassadeur à Rome fut chargé de présenter au pape 85 remontrances.

Sous le patriarcat de saint Germain, (715-730) Constantinople avait été assiégée par les Arabes (717-718). Une procession solennelle fut organisée en ville, avec l'ostension de l'image de la Theotokos, et de la relique de la Sainte Croix. La Ville ayant été libérée du siège, "le patriarche Germain fut convaincu que l'intervention de Dieu devait être considérée comme une approbation évidente de la piété montrée par la population envers les saintes icônes."  (1)

Voici, pour conclure, deux textes de saint Germain de Constantinople

- Homélie pour la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu

"Cela pouvait-il jamais arriver, Très Sainte-Mère de Dieu, que le ciel et la terre se sentent honorés de ta présence, et que toi, avec ton départ, tu laisses les hommes privés de ta protection ? Non. Il est impossible de penser ces choses. En effet, de même que lorsque tu étais dans le monde tu ne te sentais pas étrangère aux réalités du ciel, ainsi, après que tu sois partie de ce monde, tu n’es pas du tout devenue étrangère à la possibilité de communiquer en esprit avec les hommes…

Tu n’as pas du tout abandonné ceux auxquels tu as garanti le salut… en effet, ton esprit vit pour l’éternité et ta chair ne subit pas la corruption du sépulcre. Toi, ô Mère, tu es proche de tous et tu protèges chacun et, bien que nos yeux ne puissent pas te voir, nous savons toutefois, ô Très Sainte-Mère, que tu habites parmi nous et que tu es présente selon les manières les plus diverses… Toi (Marie) tu te révèles entièrement, comme il est écrit, dans ta beauté.

Ton corps virginal est totalement saint, tout chaste, entièrement une maison de Dieu si bien que, également pour cette raison, il est absolument réfractaire à toute réduction en poussière Celui-ci est immuable, du moment que ce qui était humain en lui a été assumé dans l’incorruptibilité, restant vivant et absolument glorieux, intact et participant à la vie parfaite. En effet, il était impossible que soit gardée dans le sépulcre des morts celle qui était devenue vase de Dieu et temple vivant de la très sainte divinité du Fils unique. D’autre part, nous croyons de manière certaine que tu continues à marcher avec nous" (2).

- Apologie de l'Église

"L’Église est temple de Dieu, espace sacré, maison de prière, convocation du peuple, corps du Christ… Elle est le ciel sur la terre, où Dieu transcendant habite comme chez lui et s’y promène, mais elle est également une empreinte (antitypos) de la crucifixion, de la tombe et de la résurrection…

L’Église est la maison de Dieu dans laquelle on célèbre le sacrifice mystique vivifiant, à la fois la partie la plus intime du sanctuaire et la grotte sainte. Dans celle-ci, en effet, se trouve le sépulcre et la table, nourritures pour l’âme et garantie de vie. Dans celle-ci, enfin, se trouvent les véritables perles précieuses que sont les dogmes divins de l’enseignement offert directement par le Seigneur à ses disciples."(3)

Source  : site Orthodoxos Synaxaristis et patrologie de Migne PG 98

Notes
 (1) cf. Benoît XVI, audience générale du 29 avril 2009, Libreria Editrice Vaticana.
 (2) PG 98, coll. 344B-346B, passim
 (3) PG 98, coll. 384B-385A

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