Site de la Crypte

seraphin

Petit Synaxaire

Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour

saint Grégoire le DécapoliteSaint Grégoire le Décapolite (†842)

Fête au 20 novembre

Le 20 novembre, l'Église fait mémoire de saint Grégoire le Décapolite.

Saint Grégoire vit le jour à la fin du VIIIe siècle dans une des villes de la Décapole d'Isaurie, appelée Irénopolis. Grâce à la piété et aux soins de sa mère, le jeune garçon reçut une éducation élémentaire suffisante et, dès l'âge de huit ans, il manifesta nettement sa préférence pour l'étude des saintes Lettres et la fréquentation de l'église. Il s'appliquait avec assiduité au jeûne et à la pratique de toutes les vertus pour reproduire fidèlement en lui-même l'image du Christ.

Parvenu au seuil de l'âge adulte, ses parents cherchèrent à le marier, mais, désirant préserver sa virginité pour l'offrir au Seigneur, Grégoire s'enfuit en secret de la maison familiale et se rendit dans un monastère à la tête duquel se trouvait un évêque exilé à cause de la persécution iconoclaste. Quelques années passèrent et, après la mort de son père, sa mère finit par le retrouver. Elle ne s'opposa pas à sa vocation, toutefois elle lui demanda de rejoindre son frère, qui était moine dans un monastère voisin. Grégoire obéit, mais il ne put rester dans cet établissement, car l'higoumène était hérétique. Il se rendit alors dans un autre monastère, dirigé par son oncle Syméon. Il y demeura quatorze ans et y brilla dans toutes les vertus de la vie commune, en particulier l'obéissance et l'humilité.

Comme Grégoire était avide d'une vie plus solitaire, il obtint de son supérieur l'autorisation de se retirer dans une grotte des environs pour s'y consacrer sans interruption à la prière, seul devant Dieu (vers 830). Il y affronta de nombreuses et terribles épreuves suscitées par les démons, jaloux de sa familiarité avec Dieu. Ceux-ci prenaient la forme de serpents ou d'animaux venimeux pour le terrifier et le pousser à quitter sa retraite. Mais le saint, armé du signe de la Croix et de l'espérance en Dieu, se riait de toutes leurs machinations et ne se laissait aucunement troubler dans sa prière. Après avoir essayé de l'effrayer par d'autres machinations, les démons l'attaquèrent au moyen des traits embrasés du désir charnel. Grégoire résista par d'ardentes supplications, mêlées de larmes, et fut finalement délivré de toute tentation de la chair à la suite d'une vision. Il put, dès lors, progresser de jour en jour vers l'impassibilité plus parfaite encore, qui est imitation de la perfection divine.

Un jour qu'il était assis dans sa grotte, rassemblé en lui-même, il entra en extase et une lumière éclatante venue du ciel, accompagnée d'une suave odeur, remplit l'endroit et persista pendant plusieurs jours. Transporté au Paradis, dans l'état que connaîtront les élus lors de la résurrection générale, le saint avait perdu toute notion du temps, et quand, après quatre jours, son disciple vint le servir, il lui sembla qu'il ne s'était pas écoulé plus d'une heure depuis l'apparition de cette lumière. Toutefois, instruit par l'expérience des Pères sur les ruses du démon qui sait "se transformer en ange de lumière" (1), Grégoire demanda conseil à l'higoumène du monastère pour savoir si cette vision venait réellement de Dieu. Celui-ci le rassura et l'engagea à poursuivre ses combats ascétiques, pour rendre dignement grâce à Dieu.

Ainsi illuminé par la grâce divine, Grégoire fut bientôt envoyé par le Seigneur dans le monde, afin que resplendissent aux yeux des hommes l'éclat de ses vertus et la fermeté de son enseignement orthodoxe. Il se rendit d'abord à Éphèse, où il passa l'hiver dans un monastère. Le printemps venu, il embarqua sur un bateau en partance pour Constantinople, où il voulait se rendre pour confondre les hérétiques iconoclastes. Mais il ne put atteindre que l'île de Proconnèse, dans l'archipel des Princes, où, malgré l'interdiction formelle, prononcée par l'empereur Théophile, de recevoir les moines confesseurs des saintes icônes, il fut accueilli dans la maison d'un pauvre homme. En échange de son hospitalité, ce dernier connut une rapide prospérité. Ne pouvant entrer dans la capitale, le saint partit pour la ville d'Énos (Thrace) et de là parvint à Thessalonique, après avoir échappé à une bande de brigands slaves à proximité de Christoupolis (l'actuelle Kavala). Se joignant à un moine qui était en partance pour Rome, il parvint à Corinthe par voie de terre. De là, il s'embarqua pour l'Italie et atteignit Reggio de Calabre. Des fidèles voulurent lui donner de l'argent mais, discernant qu'il avait été mal acquis, le saint le refusa et continua son chemin vers Rome. Il y resta trois mois, inconnu de tous, dans une cellule isolée. Cependant, après avoir chassé un démon d'un possédé, il fut assailli par la foule qui le vénérait comme un saint. Il s'enfuit alors à nouveau vers Syracuse, où il s'enferma dans une tour abandonnée pour y trouver l'hésychia. Là encore les démons l'assaillirent par de nombreuses tentations, mais Grégoire les repoussait toujours par son ardente prière. Il convertit même une prostituée qui exerçait sa triste profession à proximité, et la convainquit de devenir moniale et de transformer sa maison de débauche en monastère. Il accomplit d'autres miracles, en particulier pour déjouer les ruses des démons, et attira à nouveau les foules à lui malgré son désir de solitude. C'est pourquoi il prit une nouvelle fois la route de l'exil volontaire pour fuir la gloire des hommes. Il ne put cependant rester à Otrante où il s'était arrêté, car l'évêque y était gagné à l'hérésie, aussi s'embarqua-t-il pour Thessalonique. Il s'installa dans l'église abandonnée de Saint-Mènas, sans aucun souci pour les choses terrestres. Lorsqu'il avait faim, il sortait et recevait l'hospitalité de quelque voisin. C'est alors que saint Joseph l'Hymnographe fit sa connaissance et réussit à le convaincre de partager sa vie ascétique'. D'autres disciples vinrent se joindre à eux, et cette communauté devint un centre de rayonnement de la vraie foi et de la grâce de Dieu, par le grand nombre de miracles que saint Grégoire y accomplissait, grâce au don de clairvoyance que Dieu lui avait accordé.

Vers la fin de sa vie, il fut atteint gravement de la maladie de la pierre. Désirant communier encore davantage à la Passion du Sauveur, il supplia Dieu de lui accorder plutôt la maladie de l'hydropisie et fut exaucé. Défiguré par la maladie mais heureux de souffrir pour le Seigneur, le serviteur de Dieu put enfin se rendre à Constantinople et séjourner quelque temps au Mont Olympe de Bithynie, ce haut lieu de la vie monastique et de la défense de l'Orthodoxie. De retour à Byzance, il s'installa avec Joseph dans l'église de Saint-Antipas, située près de Saint-Mocios, et rendit visite dans sa prison à saint Syméon, son père spirituel, qui avait subi de nombreuses persécutions pour la défense des saintes icônes. Tourmenté encore pendant une année par la maladie, saint Grégoire prédit, douze jours à l'avance, le moment de son trépas. Il s'endormit dans la paix en 842, peu avant le rétablissement définitif de l'Orthodoxie.

Vers 1490, un riche et puissant boyard valaque, Barbu Craiovescu, racheta les reliques de saint Grégoire aux Turcs, pour en faire don au monastère de Bistritsa, fondation de sa famille, dans la province d'Olténie en Roumanie (département de Vîlcea), où elles n'ont cessé depuis d'être une source de miracles pour les habitants de la région et les foules de pèlerins qui viennent les vénérer

Note
(1) cf. Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens chapitre XI, versets 13-14 "Ces sortes de gens sont de faux apôtres, des fraudeurs, qui se déguisent en apôtres du Christ. Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise en ange de lumière."

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour