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Saint Grgéoire V de Constantinople Saint hiéromartyr Grégoire V
patriarche œcuménique de Constantinople (1745-1821) Fête le 10 avril

     Né en 1745 au sein d'une famille pauvre de Dimitsane, dans le Péloponnèse, saint Grégoire reçut sa première éducation de son oncle hiéromoine, puis alla s'installer avec lui à Smyrne. Devenu moine au monastère de l'île des Strophades, il compléta ses études théologiques à Patmos. De retour à Smyrne, le métropolite Procope, qui lui montrait une paternelle affection, le fit archidiacre puis l'ordonna prêtre, et lors de son élévation à la dignité patriarcale (1788), il fit sacrer Grégoire pour lui succéder.
     Pendant douze ans, le saint hiérarque gouverna avec sagesse et zèle apostolique la grande et riche cité de Smyrne, métropole de l'hellénisme en Asie Mineure. Il y fit reconstruire diverses églises, fonda des écoles et organisa un système de bienfaisance pour les déshérités. En 1797, il fut élu patriarche œcuménique et entreprit aussitôt de relever la dignité patriarcale en faisant reconstruire le palais du Phanar. Il fonda aussi une imprimerie dans laquelle on éditait des livres en langue vulgaire, qui contribuèrent grandement au réveil culturel et spirituel du peuple grec. Le saint hiérarque veillait à la stricte observance des canons ecclésiastiques et à la rigueur morale du clergé. En ces temps agités, où les Grecs, tenus depuis près de quatre siècles sous le joug ottoman, s'échauffaient et se préparaient au soulèvement général, le patriarche, conscient de ses responsabilités de pasteur, s'efforçait de tempérer les esprits téméraires, en consolidant toutefois en secret le sentiment national.
     Après un an et demi seulement, il fut dénoncé au sultan par des évêques qu'il avait blâmés pour leur conduite et fut exilé à Chalcédoine, puis au monastère d'Iviron sur la Sainte Montagne. Pendant ce séjour forcé à l'Athos, le saint visita tous les monastères, prêcha la parole de Dieu et fut pour tous un modèle de vie monastique. Il donna alors sa bénédiction à saint Euthyme [fête le 22 mars] pour aller s'offrir au martyre et exprima sa joie et sa fierté à la nouvelle du martyre de saint Agathange [fête le 19 avril] , montrant ainsi qu'il considérait la mort par amour du Christ comme le but suprême et le couronnement de la vie chrétienne.
     Rappelé au Patriarcat en 1806, il fut reçu avec enthousiasme par le peuple chrétien de Constantinople, et reprit courageusement son œuvre pastorale et de correction des mœurs ecclésiastiques. Mais, en 1808, un coup d'état ayant amené au pouvoir le sultan Mehmed II, on le contraignit à démissionner et à se retirer dans l'île de Prinkipo, puis de nouveau au Mont Athos, où il reprit ses études patristiques et ses exercices ascétiques, tout en se tenant informé de la situation de l'Église et du peuple.
     En 1818, il fut contacté par les membres de l'Hétairie, société secrète qui préparait la Révolution en essayant de réunir et de coordonner les forces dispersées. Grégoire montra avec enthousiasme son soutien pour la cause de la liberté; mais, jugeant que le temps n'était pas encore mûr, il leur conseilla la patience. Peu de temps après, il fut rappelé pour la troisième fois sur le trône œcuménique et reprit son activité, encourageant en particulier la fondation des écoles où les enfants pouvaient recevoir une formation hellénique. Il organisa aussi une Caisse de la Miséricorde, qui recevait les fonds de Grecs fortunés pour l'assistance aux chrétiens en difficultés.
     Lorsque commença, dans le plus grand manque d'organisation, l'insurrection des Grecs des principautés danubiennes (1er février 1821), il s'en suivit aussitôt de terribles et sanglantes répressions à Constantinople et dans tous les grands centres de l'empire ottoman. Tous les notables ayant des liens avec les principautés furent exécutés et quatre évêques furent arrêtés. Comme le gouvernement avait donné l'ordre de rassembler au Phanar toutes les familles des notables grecs de Constantinople, le patriarche, en vue d'éviter le massacre, se porta garant auprès de la Sublime Porte de leur fidélité. Non content de cette déclaration, le sultan contraignit saint Grégoire à signer l'excommunication du chef de l'insurrection, Alexandre Hypsilantès, et de ses compagnons.
     Le 31 mars, on annonça le soulèvement général du Péloponnèse et, trois jours plus tard, le Grand Lundi, le Grand Interprète, représentant de la communauté grecque à la cour du sultan, fut exécuté avec d'autres notables. Prévoyant quel serait son sort et refusant les propositions de fuite, le patriarche disait: "Comment abandonnerais-je mon troupeau? Si je suis patriarche, c'est pour sauver mon peuple, non pour le livrer aux glaives des janissaires. Ma mort sera plus utile que ma vie, car par elle les Grecs lutteront avec l'énergie du désespoir qui souvent procure la victoire. Non, je ne deviendrai pas la risée du monde en prenant la fuite, de sorte qu'on me montre du doigt en disant:
'Voilà le patriarche assassin !'''.

     Le jour de Pâques, 10 avril, saint Grégoire célébra, avec calme et grandeur, la Liturgie de la Résurrection, interrompu seulement par ses sanglots. À l'issue de la cérémonie, on lui confirma la nouvelle de la révolution dans le Péloponnèse. Il répondit alors: « Que maintenant comme toujours, la volonté du Seigneur soit faite! » Quelques heures plus tard, on venait lui annoncer sa déposition et des janissaires le traînèrent sans ménagement en prison. Soumis à l'interrogatoire et à la torture, il gardait un majestueux silence qu'il ne rompait que lorsqu'on lui proposait de renoncer à sa foi, disant alors: « Le patriarche des chrétiens doit mourir en chrétien! » Peu après, une fois son successeur élu par les membres du saint Synode, il fut pendu au portail d'entrée du Patriarcat, qui depuis reste fermé en commémoration de ce sinistre événement. Au dernier moment, saint Grégoire leva les mains vers le ciel, bénit les chrétiens présents et dit : « Seigneur Jésus-Christ, reçois mon esprit! » Pendant que des Turcs lançaient des pierres sur le cadavre du patriarche, le magistrat qui avait été chargé de l'exécution se tenait assis devant lui en fumant.
     On laissa le corps exposé pendant trois jours, avec, suspendu au cou, le document contenant son chef d'accusation. Finalement les partisans du sultan l'achetèrent pour 800 piastres et le traînèrent par les rues, au milieu des quolibets et des cris de triomphe, puis ils le jetèrent à la mer. Malgré la lourde pierre qu'on y avait attachée, il surnagea et fut récupéré par un navire grec sous pavillon russe, qui le déposa à Odessa. Vénérée par la foule pendant plusieurs jours, la sainte relique ne montra aucun signe de corruption. En 1871, à l'occasion du cinquantenaire de la Révolution grecque, le corps du saint patriarche fut transféré à Athènes et déposé avec les plus grands honneurs dans la métropole.

Sources  :le synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos et site Orthodoxos Synaxaristis
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