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Hilaire de PoitiersSaint Hilaire évêque de Poitiers (315-367)

Fête au 13 janvier

L'icône dont nous illustrons cette notice associe Athanase et Hilaire. Grâce à saint Athanase (298-373 fête le 18 janvier) et au concile de Nicée (325), reconnaissant  la divinité du Christ, l'orthodoxie l'avait emporté dans la partie orientale de l'Empire au début du IVe siècle. Mais l'hérésie arienne n'avait pas désarmé : elle se propagera notamment dans les peuples goths en raison de la traduction de la Bible par Ulfilla (311-382). Ainsi lors de la garde migration des peuples en Europe occidentale au Ve siècle les diverses nations qui s'emparèrent de la Gaule (Burgondes, Wisigoths, et à l'origine les Francs eux-mêmes), de l'Italie du nord (Ostrogoths, Lombards), de la Péninsule ibérique (Wisigoths) et de l'Afrique du nord (Vandales) confessaient l'arianisme. La conversion de Clovis en 496 au christianisme orthodoxe, professé par les Gallo-Romains, permit d'établir le "Regnum Francorum". Fusion des deux peuples celui-ci devint alors la "fille aînée de l'Église", pour employer l'expression traditionnelle des catholiques romains. (1)

Or, si les Gallo-Romains avaient rejeté l'hérésie, un siècle avant le baptême de Reims, ils le doivent à l'évêque de Poitiers, saint Hilaire. Né en 315 dans une famille de l'aristocratie, Hilaire s'était converti et avait reçu le baptême en 345. Il a laissé un récit de sa conversion "La découverte de Dieu" d'une grande profondeur (2). Père de famille il sera élu évêque de sa ville vers 350.

Mais en 355 l'arianisme pénètre en Gaule et obtient un succès foudroyant : c'est une religion commode, puisqu'elle réduit l'enseignement évangélique à une sorte de code moral humain, plus ou moins négociable, mais non pas divin, exigeant et transcendant, tirant l'homme vers le haut.

Voici comment Hilaire décrit au contraire cet aspect essentiel du mystère de l'Incarnation :

"Le Christ parcourt la Galilée, prêche l'Évangile du Royaume dans les synagogues, et guérissant les infirmités de toute espèce de maladies, il se révèle en personne par des actes, de façon que les Juifs voient sous leurs yeux, dans ses œuvres celui qui était habituellement pour eux un sujet de lecture dans els rouleaux des prophètes".

En 356 le concile national des évêques de Gaule présidé par Saturnin d'Arles donne cependant raison aux ariens négateurs de la divinité du Christ et de la Trinité. Hilaire sera contraint à l'exil dans la partie orientale de l'Empire. Il prend alors connaissance de la Théologie des Pères grecs et s'adresse à la cour de Constantinople. Quand il revient en Gaule en 361, ses thèses triomphent au concile national de Paris.

Il laisse d'importants écrits (3) : "Commentaires sur l'Évangile de Mathieu", "Commentaires sur les Psaumes", "Traité des Mystères", "Contre Constance", "De Trinitate".

A noter que pendant des siècles sa qualité de Père de l'Église n'a été vraiment reconnue que par les orthodoxes. Rome a fini par l'élever au rang de docteur de l'Église en 1851.

Jean Malliarakis

Notes

(1) C'est ainsi que Jean-Paul II apostropha les Français en 1980 par son fameux "France que fais-tu des promesses de ton baptême" (textes de son voyage publiés par la conférence des évêques de France 258 pages, 1980, Le Centurion)
(2) cf. "Les Pères de la Gaule chrétienne", recueil établi par Sœur Agnès Égron collection Foi Vivante N° 373 pp. 57-64
(3) Tous réédités dans la collection des Sources chrétiennes aux Éditions du Cerf.

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