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Saint Irénée de LyonSaint Irénée de Lyon (v170-v202)

Fête au 23 août

Le 23 août l'Église orthodoxe vénère la mémoire de saint Irénée, qui fut évêque de Lyon. Il est fêté par l'Église romaine le 28 juin. Il est né en Asie Mineure vers 140. Il avait suivi à Smyrne l'enseignement de saint Polycarpe [fête le 23 février], lui-même disciple de l'Apôtre saint Jean le Théologien.

Après avoir séjourné à Rome, il deviendra prêtre de l'Église de Lyon en Gaule, à l'époque de la persécution de Marc Aurèle (vers 177). C'est en tant que presbytre de Lyon, peut-être évêque de Vienne, qu'il intervient alors, porteur d'une lettre au pape Eleuthère, au nom des martyrs de Lyon, sainte Blandine et saint Pothin, pour citer les plus connus, dans la lutte contre le montanisme.

La référence à la tradition apostolique constitue un fondement essentiel de sa doctrine : "C'est dans l'Église, enseigne-t-il, que Dieu a placé les Apôtres, les prophètes et les docteurs, et tout le reste de l'opération du Saint-Esprit. De cet Esprit s'excluent donc tous ceux qui, refusant d'accourir à l'Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l'Église, là est aussi l'Esprit de Dieu ; et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute la grâce. Et l'Esprit, c'est la Vérité."

Le martyre est à ses yeux le témoignage éminent de la vérité. Il constitue le signe de la victoire de l'Esprit sur la faiblesse de la chair et le gage de notre espérance en la résurrection.

De retour à Lyon, il succède à saint Pothin qui venait d'être martyrisé [fête le 2 juin], à la tête des Églises de Lyon et de Vienne. Évêque, ayant reçu de la tradition apostolique le "sûr charisme de vérité" pour proclamer et interpréter l'Évangile, il consacra désormais sa vie à témoigner, à l'imitation des martyrs, de cette vérité.

Défenseur de l'universalité de l'Église, et de la tradition apostolique, "sûr charisme de vérité" il écrira plus tard, en tant que primat des évêques de Gaule au pape Victor (189-198), patriarche d'occident le dissuader de rompre la communion avec les Églises d'Asie, qui célébraient la fête de Pâques le 14e jour du mois de Nisan. « Cette ancienne coutume ayant été transmise par nos devanciers, lesquels n'en gardaient pas moins la paix les uns envers les autres, rien n'oblige d'imposer l'uniformité," soutient-il, car "la différence du jeûne confirme l'accord de la foi".

Ce fut très logiquement dans le combat contre toutes les hérésies qu'il s'illustra. Il écrit contre la "gnose au nom menteur", ensemble de doctrines qui, au IIe siècle, s'était considérablement répandue.

Les "gnoses", – fausses connaissances, – séduisaient par leurs conceptions ésotériques.

Or, la lutte contre les gnostiques conduit saint Irénée à préciser la nature de la doctrine chrétienne. Il montre d'abord que la vraie "gnose"/connaissance, vainement recherchée par les hérétiques au travers d'affabulations mythiques et de constructions compliquées, est le don suréminent de la charité.

Le Saint-Esprit l'accorde au chrétien dans l'organisme vivant de l'Église. Ce n'est qu'en elle que l'on peut s'abreuver à l'eau limpide qui coule du côté percé du Christ, pour y recevoir la vie éternelle. Toutes les autres doctrines ne sont que des « citernes crevassées."

Les vrais "gnostiques" ne sont donc pas ceux qui rejettent et méprisent le corps pour adorer un "Dieu inconnaissable" et son "démiurge", mais les hommes "spirituels" qui ont reçu du Saint-Esprit l'annonce de la résurrection de la chair et de l'incorruptibilité.

Les différents systèmes gnostiques (Basilide, Marcion, Valentin) peut-être en lien avec certaines sectes juives de l'époque comme celle de Qumram, ont en commun le rejet de la matière et un dualisme radical. Rompant en même temps avec la dualité du paganisme antique du corps et de l'âme, saint Irénée développe au contraire la doctrine du Verbe fait chair, reçue de saint Jean, pour interpréter le sens de la vocation de l'homme.

Le premier Adam a été modelé du limon par les deux Mains de Dieu : le Verbe et l'Esprit, comme image de Dieu, conformément au modèle de la chair glorieuse du Christ ; et un souffle de vie lui a été donné pour que, de l'image, il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ayant été trompé par le diable jaloux de ses prérogatives et étant tombé dans la mort, il n'a cependant pas été abandonné par Dieu.

Son ouvrage principal n'a été conservé intégralement qu'en traductions latine et arménienne. Il s'intitule : "Mise en lumière et réfutation de la gnose au nom menteur." Il est plus connu sous le titre : "Contre les Hérésies".

Les gnostiques avaient artificiellement teinté leurs mythes cosmologiques de thèmes empruntés au christianisme, mais ils restaient cependant profondément étrangers à la conception biblique d'un Dieu personnel qui, par bonté, a créé le monde et a envoyé son Fils pour restaurer l'homme tombé par libre choix. Les nombreuses résurgences contemporaines des mythes gnostiques, sur un fond d'individualisme hédoniste, soulignent l'actualité des réfutations éclatantes que leur a données saint Irénée.

Pour Irénée, disciple de ceux qui avaient connu les apôtres, la connaissance (gnose) est amour et divinisation de l'homme dans la personne du Christ Sauveur.

Bien plus qu'une simple réfutation de la "fausse gnose", sa doctrine, admirable de simplicité et de profondeur, contient en germe tout ce que les Pères postérieurs développeront dans leurs écrits inspirés.

On pense qu'il mourut martyr lors de la persécution de Septime Sévère, vers 202.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site catholique Nominis
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