Site de la Crypte

seraphin

Petit synaxaire

Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour

Saint Ahmet le CalligrapheSaint Jean Chrysostome (v359-407)
archevêque de Constantinople
Fête le 13 novembre

Le 13 novembre, l'Église vénère la mémoire de saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople(1) .

Il était né vers 349 à Antioche, de parents chrétiens : Secundus - général de l'armée stationnée en Syrie - et Anthouse, une femme admirable de foi et de piété. Veuve à vingt ans elle consacrera le reste de sa vie à Dieu et à l'éducation de son fils dans la foi et la vertu mais aussi dans la connaissance des lettres helléniques.

Parmi ses maîtres, le célèbre Libanios pensait faire de lui un brillant avocat en. Mais il ne se laissa pas happer par les vanités du monde.

Baptisé à dix-huit ans, et ordonné lecteur, il se tourna vers la vraie Philosophie, celle des saints. À partir de son baptême, personne ne l'entendit jamais prononcer ni injure, ni mensonge, ni médisance, ni raillerie ou ni critique de son prochain.

Il se revêtit vraiment du Christ. Très sévère envers lui-même, il se livrait avec ardeur au jeûne, à la veille et à la prière ;

À l'âge de vingt-cinq ans, l'évêque d'Antioche voulut le faire prêtre, mais l'humble Jean préféra s'enfuir(2).

À la mort de sa mère, il renonça totalement au monde et se retira. Il se plaça sous la direction d'un ascète syrien, dans l'obéissance, la pauvreté absolue, le jeûne et la prière. Les moines se levaient chaque jour vers minuit et priaient ensemble jusqu'au lever du soleil. Pour toute nourriture, ils ne prenaient qu'un peu de pain et de sel, après le coucher du soleil.

Au bout de deux ans il fut atteint d'une grave maladie et dut retourner à Antioche. Pendant cette période de vie monastique, il avait acquis une extraordinaire connaissance des choses divines et, malgré son jeune âge, il commença à enseigner par la rédaction de plusieurs traités sur la vie spirituelle.

Après son retour à Antioche (381), il fut ordonné diacre par saint Mélèce [fête le 12 février], et fut élevé à la prêtrise, quelques années plus tard, par le successeur de ce dernier, Flavien (386).

Le peuple accueillit son pasteur avec allégresse et saint Jean assuma dès lors, pendant douze ans, la direction spirituelle de la grande métropole. Au moment de son ordination, on vit une colombe blanche se poser sur sa tête. La grâce du Saint-Esprit habita désormais Jean, et donna à sa parole la puissance du feu divin.

Son éloquence était si brillante qu'il réunissait la ville entière à chacun de ses sermons dans les différentes églises. Ses paroles étaient semblables aux eaux abondantes du fleuve qui réjouit la cité de Dieu (3) ; elles pénétraient profondément dans les cœurs et élevaient les âmes vers Dieu.

De tous les Pères de l'Église, c'est sans doute saint Jean qui excella le plus dans l'éloquence, c'est pourquoi, de son vivant, on prit bientôt l'habitude de l'appeler Chrysostome, c'est-à-dire Bouche d'or. Sa prédication se fondait surtout sur la sainte Écriture, dont il aimait en expliquer le sens littéral et montrer l'unité du plan divin qu'elle révèle, en l'appliquant toujours à la vie quotidienne.

On l'a souvent appelé le "Prédicateur de la Miséricorde" et "1'Œil éclairé de la pénitence". Il ne se contentait pas d'assurer le ministère de la prédication, il organisait aussi les œuvres de bienfaisance, dirigeait les cérémonies et les prières, s'occupait de chacun comme de sa propre âme, et arbitrait des affaires publiques, comme il le fit, par exemple, lorsque les statues de l'empereur Théodose furent renversées par le peuple (387). Sans l'intervention du saint, cette révolte aurait entraîné de sanglantes répressions.

En 397, saint Nectaire archevêque de Constantinople, mourut. Son siège vacant devint l'objet d'âpres convoitises, en particulier de la part de Théophile, l'archevêque d'Alexandrie qui voulait y placer un de ses hommes de confiance, Isidore.

Cependant, sous la pression du premier ministre, Eutrope, l'empereur Arcade désigna Jean comme archevêque et le fit venir à Constantinople.

Il fut intronisé le 26 février 398 par Théophile, qui lui garda une profonde rancune. Aussitôt devenu évêque, Jean fit briller avec éclat son talent d'orateur et sa sainteté, témoignant de son amour paternel envers ses fidèles. Il s'attaqua sans tarder à l'excès de luxe, aux plaisirs et à la piété hypocrite des riches, sans toutefois jamais les accuser nommément.

C'est alors qu'il composa les prières de la Divine Liturgie que nous célébrons(4). Lorsqu'il célébrait, il voyait souvent descendre du ciel une multitude d'anges qui venaient entourer l'autel. Malgré toutes ses tâches pastorales, sa première occupation restait la contemplation et la méditation de la sainte Écriture. Une nuit, son disciple Proclos [fête le 20 novembre], qui l'observait en secret dans sa cellule, vit que saint Paul en personne se tenait à ses côtés et lui dictait le commentaire de ses épîtres.

Il s'employait aussi à redresser les mœurs du clergé et à faire excommunier certains évêques simoniaques. Par ailleurs, il encourageait et prenait soin des missions auprès des peuples barbares, en particulier des Goths, auxquels il donna une église à Constantinople.

Toute cette activité pastorale pour la réforme des mœurs suscita bientôt de nombreuses oppositions à l'égard du saint évêque, de la part de quelques nobles dévotes et d'évêques mondains, qui exploitèrent tous les prétextes pour le calomnier. Théophile d'Alexandrie profita lui aussi de ces rumeurs et de la protection que saint Jean avait accordée aux Frères Longs et à un groupe d'une cinquantaine de moines, taxés d'origénisme, qui s'étaient enfuis de Nitrie pour l'accuser et tenter de le faire déposer par le Concile du Chêne, composé uniquement de ses partisans (403). Au lieu de répondre aux accusations grossièrement mensongères et aux intrigues de cour, Jean préféra imiter le Christ, son Maître, qui garda le silence devant ses accusateurs et se livra à la Passion comme une brebis menée à l'abattoir. Il se laissa donc condamner et déposer, et, bien que le peuple fût prêt à se soulever pour défendre son pasteur bien-aimé, il se livra de lui-même aux soldats qui le conduisirent en Bithynie. Mais sitôt le départ du saint, un tremblement de terre ébranla la capitale, suivi d'autres catastrophes qui firent réaliser sa faute à l'impératrice Eudoxie et lui firent rappeler Jean. De retour sur son siège épiscopal, accueilli avec enthousiasme par le peuple, Jean n'en était pas pour autant prêt à faire des concessions ni à se laisser aller à des compromis. TI parvint à maintenir une bonne entente avec l'impératrice pendant quelques mois seulement, jusqu'au moment où elle fit inaugurer une statue en son honneur, au milieu de fêtes et de manifestations tumultueuses qui troublèrent les offices de l'église et entraînèrent le blâme de saint Jean. Les intrigants profitèrent de ce retournement de la faveur impériale pour passer une nouvelle fois à l'attaque. Théophile et les siens réussirent à convaincre l'empereur de ne pas assister aux cérémonies de Pâques présidées par Jean (404), prétextant l'illégalité de sa position. Arcade fit alors expulser l'évêque de son église, et donna l'ordre de chasser des églises le clergé qui lui était resté fidèle ainsi que les fidèles, au moment même où l'on célébrait les baptêmes, le Samedi Saint, de sorte que le sang coula jusque dans les piscines baptismales. Les troubles se prolongèrent les jours qui suivirent Pâques, tandis que Jean était enfermé dans son palais, étroitement surveillé par les soldats. Finalement, quelques jours après la Pentecôte, malgré les craintes d'Eudoxie de voir se renouveler les catastrophes liées à son précédent départ, l'empereur se décida à ordonner l'exil de Jean. Celui-ci se livra de lui-même, mais le peuple amassé autour de Sainte-Sophie s'agita. Des bagarres éclatèrent et le feu crépita, détruisant une grande partie de la cathédrale et du palais du Sénat. On ne manqua pas d'en accuser les partisans du saint qui furent poursuivis et persécutés avec haine.

Pendant ce temps, saint Jean subissait toutes les rigueurs d'un âpre bannissement. D'abord conduit à Nicée, il fut emmené en Petite Arménie, où il souffrit de la rigueur du climat, de la faim, des incursions des barbares et de l'isolement. Mais inébranlable dans son courage et son espérance, il ne cessait de réconforter par une abondante correspondance ceux qui souffraient exil et persécution à cause de lui. Sa situation éveilla l'intérêt du pape de Rome, Innocent, qui essaya de le soutenir, mais sans succès.

Comme sa seule présence constituait une condamnation pour ses ennemis, ceux-ci entreprirent de le faire transférer dans un lieu encore plus inhospitalier, Pityonte, sur les bords de la mer Noire, au pied du Caucase. Sans égard pour son âge et ses infirmités, les soldats de son escorte obligeaient le saint évêque à marcher par tous les temps à travers des chemins escarpés. Au bout de trois mois, ils atteignirent la ville de Comane dans le Pont et s'arrêtèrent près d'une chapelle consacrée au martyr local, saint Basilisque [22 mai]. Pendant la nuit, alors que Jean priait malgré son épuisement extrême, le saint martyr lui apparut, en compagnie de saint Lucien d'Antioche, et ils lui dirent : "Prends courage, frère Jean ; demain nous serons réunis !"

Au matin, les soldats voulurent reprendre la route, mais constatant l'état de leur prisonnier, ils rebroussèrent chemin et revinrent à Comane. Le saint prélat demanda des vêtements blancs, communia aux saints Mystères, et après avoir prié pour ceux qui étaient présents, il rendit son âme à Dieu en prononçant ces mots restés célèbres : "Gloire à Dieu pour toutes choses !" (14 septembre 407).

L'Église de Constantinople souffrit encore pendant bien des années du schisme provoqué par la déposition de saint Jean, car ses disciples, qui le vénéraient comme un martyr, ne reconnaissaient pas les remplaçants nommés par l'empereur. La paix revenue, et la sainteté de Jean unanimement reconnue, ses précieuses reliques furent triomphalement ramenées à la capitale en 438.

Notes:
(1) Il naquit au Ciel le 14 septembre, jour de la fête de l'Exaltation de la sainte Croix,. Sa Mémoire a été déplacée au 13 novembre de manière à pouvoir la célébrer plus solennellement. La source principale sur sa vie est le Dialogue sur la vie de saint Jean Chrysostome par son disciple Pallade, SC 341-342.
(2)   Cf. son Dialogue sur le sacerdoce, SC 272.
(3)  Psaume 45, verset 5 : "Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut."
(4) La Divine Liturgie dite de "Saint Jean Chrysostome" fut le résultat d'un long processus historique, dont on peut néanmoins déceler dans certaines prières, notamment dans la prière eucharistique (anaphore), des expressions chères à saint Jean Chrysostome.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
Revenir à la page "Quoi de neuf sur le site de la Crypte"     → Recevoir nos mises à jour