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Saint Isidore de ChioSaint Léonce patriarche de Jérusalem (†1184)

Fête au 14 mai

Le 14 mai, l'Église fait mémoire de Saint Léonce patriarche de Jérusalem.

Léonce naquit à Stroumnitza, en Macédoine. Encore jeune adolescent à la mort de son père, il décida de partir pour Constantinople et fut confirmé dans cette intention par une retraite de trois jours dans la montagne, pendant lesquels il trompa sa faim en s'étendant nu sur un lit de ronces. Parvenu dans la capitale, il revêtit l'habit monastique au monastère de la Mère de Dieu de Ptélidion, situé dans les faubourgs, puis se rendit dans la ville en simulant la folie, afin de s'exposer de plein gré aux insultes et railleries des passants. Cette ascèse extrême lui acquit en peu de temps une telle faveur auprès de Dieu, qu'il put transporter à pleines mains des charbons ardents et encenser les icônes exposées aux carrefours. De peur cependant d'être victime de l'orgueil, il s'offrit alors d'autant plus aux outrages.

Il s'attacha ensuite à la personne de l'évêque de Tibériade, qui vivait en hésychaste sur une colline près du Bosphore. Envoyé un jour en ville pour affaire, Léonce tarda et ne trouva pas de bateau pour rentrer. Pour ne point transgresser l'ordre de revenir avant la nuit, il se jeta à la mer et, transporté miraculeusement par le courant sur l'autre rive, il put rejoindre, tout mouillé, l'ermitage où l'attendait son père spirituel.

Comme l'évêque s'était embarqué avec Léonce pour la Terre Sainte, ce dernier obtint son autorisation de rester au monastère de Saint-Jean-le-Théologien à Patmos. L'higoumène, discernant ses qualités exceptionnelles, l'accepta mais, par crainte de scandaliser les pères par la présence d'un garçon encore imberbe parmi eux, il lui recommanda de rester en cellule. Cette retraite fut pour Léonce l'occasion de persévérer sans distraction dans le jeûne et la prière continuelle, en baignant chaque nuit sa couche de larmes. Pour raviver cette componction, il usait de moyens ascétiques peu communs : se fustigeant avec une lanière de cuir garnie de clous et passant des jours entiers dans une tombe, allongé nu sur les ossements.

Le temps venu, il reçut l'obédience d'aide-sacristain, qu'il accomplissait avec diligence, sans toutefois accorder de trêve à ses combats. L'higoumène éprouvait rudement son humilité, mais il trouvait le jeune moine aussi solide que le diamant, ayant acquis un total mépris de lui-même et gardant la même humeur dans les honneurs comme dans les outrages. Un jour, Léonce reçut, au cours d'une vision, un pain céleste en nourriture et acquit dès lors l'intelligence des saintes Écritures et des écrits des Pères, lesquels, dès qu'il les lisait, lui procuraient une sensation incomparablement plus douce que le miel, de sorte qu'il lui était facile de composer des traités théologiques exposant les plus profonds mystères de la foi. Jugé digne du sacerdoce, Léonce fit de cette élévation une occasion de s'humilier davantage devant les frères et de leur montrer une tendre compassion. Il fut ensuite nommé économe, responsable de tout le temporel du monastère, qui abritait alors une communauté fort nombreuse. Les soucis de cette charge ne purent cependant le distraire de sa tension vers Dieu, et il n'accordait plus au sommeil qu'une heure seulement, avant l'office du matin. En échange de ce sacrifice de lui-même, il reçut d'abondantes grâces. C'est ainsi que saint Jean le Théologien lui apparut, le jour de sa fête, sous l'apparence de l'higoumène, et lui donna l'ordre de célébrer plus tôt la Liturgie, car il devait se rendre aussi à Éphèse, pour la joie des chrétiens rassemblés en son honneur.

Alors qu'il se trouvait une fois pour affaire à Constantinople, Léonce visita l'ancien monastère de saint Daniel le Stylite [fête le 11 décembre] et, souhaitant s'y installer pour imiter les exploits de ce grand héros de la vertu, il repartit pour en demander l'autorisation à son supérieur. Mais à son arrivée à Patmos, il apprit que l'higoumène venait d'être rappelé à Dieu, en le laissant pour successeur (1158). Contraint de se soumettre, le saint redoubla ses veilles et ses jeûnes, désormais non seulement pour lui-même, mais pour le salut de ses disciples. Grâce à son don de clairvoyance, il protégeait ses moines des embûches des démons, leur révélait leurs pensées cachées s'ils n'osaient pas les lui révéler dans leur confession quotidienne, ou en délivrait d'autres d'une tentation en leur demandant de poser leur main sur sa nuque, afin d'assumer lui-même leur épreuve. Pour leur correction, il simulait parfois la colère, mais son âme gardait en fait en toute circonstance un état paisible et impassible, condition de son permanent entretien avec Dieu. Il repoussa des corsaires, qui venaient régulièrement piller le monastère, et dès lors ceux-ci, craignant le châtiment divin, n'osèrent plus troubler le saint lieu.

Après des années, saint Léonce tomba gravement malade, ne gardant plus qu'un faible souffle de vie pendant quatorze jours. Mais, à la fin de cette période, il lui fut révélé que Dieu lui accordait autant d'années de vie que sa maladie avait duré de jours, c'est-à-dire treize ans et demi. L'année suivante il entreprit un voyage à Constantinople, pour obtenir gain de cause auprès de l'empereur contre le gouverneur de Crète qui refusait de livrer au monastère sa provision annuelle de blé (vers 1172). Informé des vertus de l'higoumène de Patmos, l'empereur Manuel Comnène (1143-1180) voulut aussitôt le faire consacrer archevêque de Chypre. Mais Léonce refusa, sachant que telle n'était pas la volonté de Dieu. Un peu plus tard pourtant, il accepta d'être consacré patriarche de Jérusalem, car il en avait reçu depuis longtemps la prédiction (après 1176).

En route vers la Terre sainte, il s'arrêta quelque temps à Chypre, où le patriarche de Jérusalem avait une résidence et des dépendances, principales sources de revenus du patriarcat alors occupé par les Croisés. Il Y restaura l'ordre dans les domaines de son Église, corrigea les mœurs de moines dévoyés et la conduite inique du percepteur impérial, qui voulait le priver même de ce qui était nécessaire à sa subsistance. Puis il se rendit à Saint-Jean d'Acre (Ptolémaïs), où résidait habituellement le patriarche orthodoxe, car l'accès de Jérusalem lui était interdit par les Latins. Sa réputation de thaumaturge s'étendit rapidement chez tous les chrétiens de Syrie et de Phénicie, qui venaient en foule pour recevoir la bénédiction de l'homme de Dieu. Un jour qu'il s'était rendu en secret à Jérusalem pour y vénérer le saint Sépulcre, Léonce mit fin par sa prière à une cruelle sécheresse, et rendit ainsi confiance au peuple orthodoxe opprimé. Cette renommée provoqua toutefois la jalousie des Latins, en particulier de leur archevêque, Amaury de Nesle, qui envoya des hommes de main pour attenter aux jours du saint patriarche. Mais, par intervention de Dieu, ceux-ci, l'ayant cherché toute la nuit, ne purent trouver l'entrée de sa demeure, et ils repartirent en répandant la rumeur qu'en vérité, le prélat était protégé par Dieu.

Malgré l'invitation offerte au saint par l'émir de Damas de venir résider dans sa cité, afin d'y jouir de sa protection, Léonce décida de se rendre à Constantinople, en vue d'obtenir l'autorisation de célébrer au saint Sépulcre. Il atteignit la capitale au moment de la mort de l'empereur Manuel, et il y fit un séjour prolongé pendant le règne d'Alexis II Comnène (1180-1183). Mais, s'étant opposé au mariage illicite du souverain, il ne fut guère en faveur à la cour et fut même, dit-on, exilé. C'est pourtant à Constantinople, une fois achevés les treize ans et demi que Dieu lui avait accordés, que saint Léonce trouva l'éternel repos, le 14 mai 1184 (ou 1185), sous le règne d' Andronic Ier Comnène (1183-1185). Un iconographe fut mandé pour peindre son icône, mais il ne put y parvenir, car le visage du défunt changeait constamment d'expression, comme s'il refusait par humilité que son effigie soit vénérée. Quatre jours après son décès, du sang frais coula du cercueil dans lequel le corps avait été déposé, et un parfum céleste remplit l'endroit.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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