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Reliquaire de Saint Siméon de Metz

Saint Macaire Nevsky apôtre de l'Altaï († 1926)

Fête le 16 février

Saint Macaire Nevsky naquit en 1835, au sein d'une famille pauvre du village de Chapkino, dans la province de Vladimir. Sauvé de la mort par un miracle de la Mère de Dieu, l'enfant fut immergé, dès ses premières années, dans la vie ecclésiale, et il hérita de sa mère une ardente piété et l'amour de la prière. Son père ayant été ordonné diacre pour une paroisse de la lointaine Sibérie, toute la famille s'installa à Toboisk. Le jeune Michel entra au Séminaire et entreprit aussitôt une vie de prière et d'ascèse d'une telle intensité qu'il en tomba gravement malade. Sauvé par une nouvelle intervention de Dieu, il resta cependant fragile tout le reste de sa vie. Le contact avec les populations païennes de Sibérie fit naître en lui un ardent désir missionnaire.

En 1855, ayant obtenu la bénédiction de ses parents, il partit pour l'Altaï, en Asie Centrale, afin d'y devenir collaborateur de la mission, fondée par saint Macaire (Gloukharev) (fête le 18 mai), lequel lui apparut en vision pour l'encourager. Grâce à l'assistance de la Mère de Dieu, il maîtrisa rapidement la langue des indigènes, et put commencer son œuvre de traduction, tout en enseignant le chant liturgique.

Entraîné depuis sa jeunesse à une vie de privations, il se contentait pour toute nourriture de thé et de pain rassis, et affrontait avec patience toutes les difficultés de la vie missionnaire. Il disait à ce propos : "Le ministère du missionnaire, comme ministère apostolique amène avec lui toutes sortes d'afflictions, de souffrances et de labeurs... Nous ne parlons pas des voyages difficiles... Il y a des souffrances plus grandes : les souffrances de l'âme. Le missionnaire est quelqu'un qui souffre dans son âme, dès le début de son ministère, car dans ce milieu nouveau, il n'a ni sa famille, ni une société qui lui est propre, ni des conditions de vie qui lui sont habituelles. Parmi les autochtones qui, au début, lui sont étrangers par la langue et les usages, il se sent parfois terriblement seul, il ne trouve personne avec lequel partager ses peines, parler de ses afflictions..."

Il accomplit sa profession monastique en 1861, recevant le nom de Macaire. Le lendemain, il fut ordonné diacre et, le 19 mars, prêtre. Souvent obligé à servir de médecin pour les indigènes qui recourraient à lui, il complétait l'insuffisance de remèdes par des prières accrues, et le Seigneur accomplissait souvent par lui des miracles. Il ne se contentait pas de prêcher l'Évangile, mais mettait en pratique les préceptes du Seigneur, s'exposant souvent lui-même au danger pour le salut des âmes qui lui étaient confiées.

Considérant comme primordiale l'ouvre de traduction des livres ecclésiastiques, il choisit un des dialectes altaïques, en s'arrangeant pour trouver des tournures qui seraient compréhensibles dans les autres dialectes, et il n'hésitait pas à s'enfoncer pendant des semaines dans les profondeurs de l'Altaï, pour s'assurer que les habitants pourraient comprendre tel ou tel concept chrétien. Ayant commencé son œuvre par la traduction de la Liturgie de Saint Jean Chrysostome et des autres textes indispensables à la vie liturgique et à l'enseignement des catéchumènes, il poursuivit ensuite son œuvre, avec la collaboration des élèves de son école, par la publication intégrale des quatre Évangiles, du Livre des Heures, de l'Euchologe et de quantité d'autres ouvrages qui constituèrent une véritable bibliothèque ecclésiastique, et qui lui permirent de fixer l'alphabet de la langue altaïque, en 1868.

La même année, il se rendit à Kazan pour participer à la mission auprès des Tatares, et de retour dans l'Altaï, il put y organiser des écoles sur le modèle de celles qu'il avait vues chez les Tatares. Élevé au rang d'archimandrite en 1883, il attira quantité indigènes au saint baptême, et fit construire de nombreuses églises et écoles. Son influence s'étendit jusqu'en Kirghizie, dont la mission lui fut également confiée.

Le 12 février 1884, il fut sacré évêque de Biïsk, dans l'Altaï, contrée qui resta au centre de son activité missionnaire. Il s'occupait spécialement de l'école, où étudiaient des élèves de diverses origines. Il fonda aussi la Fraternité Saint Dimitri de Rostov, pour lutter contre les schismatiques ancien-ritualistes, et s'efforçait de contrecarrer l'influence néfaste des révolutionnaires qui étaient exilés dans cette région.

En 1891, il fut transféré à Tomsk, diocèse plus vaste, dans lequel il déploya une activité pastorale accrue, prêchant partout et en tout temps, non seulement à l'église, mais aussi dans les écoles pour inculquer une conception orthodoxe de l'éducation. Il organisa un orphelinat pour les orphelins de familles ecclésiastiques et fonda une société d'aide aux pauvres et sans-logis.

Macaire archevêqueAyant reçu le titre d'archevêque (1906), il fut choisi, en 1912, par le tsar Nicolas II pour succéder au métropolite de Moscou, qui avait été transféré à Saint-Pétersbourg. Âgé alors de soixante-dix-sept ans, le saint se soumit à la volonté divine, et il entreprit aussitôt de raviver le zèle de son clergé. Visitant les paroisses, il disait : "Je suis venu voir non pas votre église et vos bâtiments, bien que cela entre dans le cadre de ma visite ; mais pour savoir si vous bâtissez votre édifice spirituel, pour savoir comment vous vivez, comment vous sauvez vos âmes, pour savoir quels sont vos progrès dans la foi et la piété". Il rendait aussi souvent visite au monastère de Saintes Marthe-et-Marie, fondée par la grande-duchesse sainte Élisabeth (fête le 25 janvier), avec laquelle il entretenait de cordiales relations. Ces activités pastorales multiples, ne l'empêchaient nullement d'observer scrupuleusement tout le cycle quotidien des offices et de tenir constamment son âme dans un état de prière et de vigilance.

Lors de la venue au pouvoir du gouvernement provisoire (mars 1917), le métropolite Macaire, accusé calomnieusement d'avoir soutenu Raspoutine, dut renoncer à son siège. Il s'installa au monastère de Saint-Nicolas, à Ougrecha, dans la région de Moscou, où il vécut huit ans en réclusion, souffrant surtout d'être privé de la possibilité d'annoncer l'Évangile. Lorsque le Concile Pan-Russe se réunit en août 1917, il demanda que son cas soit revu, mais sans succès.

En octobre 1918, il fut attaqué par des bandits armés. L'un d'un pointa son revolver vers lui en le menaçant de mort. Le saint lui répondit : "Pour nous, chrétiens, la mort n'est pas terrible, et j'y suis prêt, après m'être signé".

En 1920, le patriarche saint Tykhon (fête le 25 mars) lui écrivit pour l'informer qu'il avait obtenu du Saint-Synode qu'il gardât à vie le titre de métropolite de l'Altaï, en reconnaissance pour ses cinquante années de labeurs missionnaires. Mais, en raison de sa santé déficiente, saint Macaire ne retourna pas dans son diocèse lointain, et il resta au monastère de Saint-Nicolas, où le patriarche vint lui rendre visite à plusieurs reprises pour solliciter ses prières. Il ne put être présent aux obsèques de saint Tykhon (1925), et le successeur de ce dernier, le métropolite Pierre de Kroutitsa (fête le 27 sept.), vint lui demander sa bénédiction pour entreprendre son nouveau ministère. Il le reçut avec amour et lui fit cadeau de son klobouk blanc.

Partiellement paralysé et souffrant gravement depuis 1920, le saint supportait l'épreuve sans murmurer et ne renonçait en rien à sa vie ascétique. Il lisait tous les offices, assistait à la Divine Liturgie, et le reste du temps priait avec son chapelet.

Atteint d'une pneumonie en février 1926, il s'endormit au moment où l'on achevait la lecture du Canon pour les agonisants. En 1957, lorsque le patriarche Alexis II fit procéder à l'ouverture de la tombe, le corps et les ornements du saint hiérarque furent trouvés intacts, et sa précieuse relique fut alors transférée à la Laure de la Trinité Saint-Serge.

Son culte a été officiellement reconnu par l'Église russe, en août 2000.

Source : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra
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