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vie de sainte Marie l'Egyptienne

Sainte Marie l'Égyptienne (VIe siècle)

Fête au 1er avril et au 5e dimanche du Carême

La liturgie byzantine dédie à la Mémoire de Marie l'Égyptienne le 5e dimanche du Grand Carême, le dernier avant la fête des Rameaux. Cette figure du monachisme évoque la puissance du repentir, à la mesure de ses années de péché. La vie, le repentir et les miracles de Marie nous sont essentiellement connus par saint Sophrone de Jérusalem. Elle était née en Égypte, alors province de l'Empire d'orient sous le règne de Justinien (527-565). Très jeune elle quitta sa famille pour la ville d'Alexandrie où elle se livra, dès l'âge 12 ans, à la débauche pour assouvir sa passion charnelle. Elle n'avait même pas l'excuse de la misère, vivant notamment du tissage du lin Ses dérèglements l'amenèrent un jour à se mêler, dans le but de les corrompre, à un groupe de pèlerins qui se rendaient à Jérusalem pour vénérer la Sainte-Croix. Pendant le voyage elle entreprit de détourner ses compagnons, jeunes et vieux.

Elle fut néanmoins convertie par un fait miraculeux : alors que le groupe pénétrait dans l'église afin de se prosterner devant le bois de la Croix, une force surnaturelle l'empêcha d'avancer. Elle se prosterna dès lors devant une icône de la Mère de Dieu.

Elle lui adressa cette prière : "Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, toi qui es pure d'âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t'inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide. Permets-moi l'entrée de l'église pour me prosterner devant sa Croix. Et dès que j'aurai vu la Croix, je te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras."

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l'église, où elle vénéra avec ferveur la sainte Croix. Puis, revenue vers l'icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu'elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d'en haut: "Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos." En sortant de l'église, elle acheta trois pains avec l'aumône reçue d'un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l'église de saint Jean-Baptiste. Après s'être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux saints Mystères, mangea la moitié de l'un des pains et s'endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans y rencontrer personne, ni homme ni animal. Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d'herbes et de racines sauvages.

Mais, plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c'est en se jetant à terre qu'elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive (1), elle déracina de son cour toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir charnel en une flamme d'amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l'implacable désert. Après tant d'années, un saint vieillard, nommé Zosime,(2) s'était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu'aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s'enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu'elle n'avait jamais vu, lui révéla qu'elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité.

Sainte Marie et saint ZozimeSur les instances du moine, ravi d'avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l'année suivante, le Grand Jeudi, avec la sainte Communion sur les bords du Jourdain. Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l'autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit "Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix ta servante, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut"(3).

Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l'année suivante à l'endroit de leur première rencontre. Lorsque l'année fut écoulée, Zosime trouva à l'endroit convenu le corps de la sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l'orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la sainte, qui disait : "Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l'humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le 1er du mois d'avril, la nuit même de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir reçu la sainte Communion."

Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la sainte, Zosime fut étonné de constater qu'elle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s'approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l'ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cour. De pécheresse invétérée, sainte Marie est devenue pour quantité d'âmes accablées sous le poids du péché, une source d'espérance et un modèle de conversion. C'est pourquoi les saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu'à la dernière heure le repentir pourra les ramener vers Dieu.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis

Notes
 (1) cf. livre d'Ezéchiel 33, 11
 (2) Selon une tradition instaurée par saint Euthyme
 (3) cf. Evangile de Luc chapitre 2, verset 29Analyse d'audience

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