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Saints Thyrse, Apollonios et ArrianosSaints martyrs

Fêtés au 14 décembre

Thyrse, Leucios et Callinique.

Pendant la persécution de Dèce (vers 250), le gouverneur Cumbricios avait été envoyé dans la région de Nicomédie, Nicée et Césarée de Bithynie pour arrêter les chrétiens. Révolté devant la conduite sanguinaire du magistrat, un chrétien de bonne condition originaire de Césarée, Leucios, se présenta devant lui, en l'invectivant: "Chien insatiable, jusques à quand verseras-tu le sang comme l'eau d'une fontaine, en contraignant les paisibles disciples du Christ à adorer des pierres et des morceaux de bois inanimés comme s'ils étaient des dieux?"

Furieux devant une telle audace, le gouverneur le fit arrêter, lui fit déchirer la chair à coups de verges et, sans plus de jugement, ordonna à ses bourreaux de le décapiter.

La nouvelle de cette exécution remplit de terreur les chrétiens qui cherchèrent refuge dans les montagnes et les cavernes. Le vaillant Thyrse, au contraire, se rendit alors auprès du tyran et lui demanda une entrevue. Avec patience et conviction, il essaya de lui montrer combien il est déshonorant pour les hommes doués de raison d'adorer les êtres qui en sont privés et les phénomènes naturels. Il appuyait patiemment ses arguments par le témoignage des saintes Écritures, mais bien en vain. Cumbricios, insensible à tout discours, n'exigeait que l'obéissance aveugle aux ordres de l'empereur. Pieds et poings liés, Thyrse fut alors livré à la sauvagerie des bourreaux. Ils le frappèrent jusqu'à l'épuisement, lui écrasèrent les chevilles, lui crevèrent les yeux, lui versèrent du plomb en fusion sur le corps, mais le saint resta invincible, protégé par la grâce comme par une cuirasse invisible. Il renversa même les idoles par sa prière. De retour dans son cachot, il reçut la visite du Seigneur lui-même, qui l'encouragea au combat et le mena auprès de l'évêque pour recevoir le saint baptême, en préparation du "second baptême", dans le sang du martyre.

Comme un envoyé de l'empereur, Silvain, était venu en inspection à Apamée de Bithynie,, Cumbricios voulut lui prouver son zèle, et il soumit Thyrse à de nouveaux supplices, mais sans plus de succès. L'athlète du Christ resta insensible aux tourments et prédit la mort prochaine des deux impies. Un troisième magistrat, Babdos, vint leur succéder et fit à son tour torturer l'invincible Thyrse. Jeté à la mer dans un sac, il fut encore sauvé par l'intervention d'un ange, puis fut conduit d'Apamée dans sa patrie, Césarée de Bithynie, pour y être offert en pâture aux fauves. Mais là encore, les persécuteurs essuyèrent une cuisante défaite, car les lions vinrent jouer aux côtés de Thyrse et lui lécher les pieds.

Alors que le gouverneur avait transféré saint Thyrse à Apollonias de Bithynie, pour le soumettre à de nouveaux supplices, devant les merveilles accomplies par Dieu, Callinique, un prêtre des idoles, réalisa que si une telle puissance est accordée aux chrétiens, elle ne peut venir que d'un Dieu unique, Créateur et Souverain de toutes choses. Il se présenta alors devant le tyran et lui démontra avec ironie la vanité du culte officiel. Aussitôt arrêté et condamné à mort avec Thyrse, il fut décapité, tandis que Thyrse, enfermé dans un étroit coffre de bois, était lentement scié, des heures durant, par les bourreaux.

Le même jour, mémoire des saints martyrs Philémon, Apollonios
et de leurs compagnons : le gouverneur Arrien et ses quatre gardes du corps.

Alors que la persécution de Dioclétien (305) faisait rage dans tout l'Empire, trente-sept chrétiens de la ville de Thèbes, en Égypte furent arrêtés et ils attendaient dans leur prison de comparaître devant le gouverneur Arrien. L'un d'eux, le lecteur Apollonios, craignant la perspective des souffrances mais ne voulant pas toutefois renier ouvertement le Christ, proposa à l'un de ses geôliers, le joueur de cithare Philémon, de prendre ses vêtements et de sacrifier aux idoles à sa place, en échange de quatre pièces d'or. Philémon accepta, mais au moment où il revêtit les vêtements d'Apollonios, il fut recouvert par la grâce divine et crut au Christ de tout son cœur. Si bien que, lorsqu'il s'avança pour sacrifier au nom d'Apollonios, il confessa avec fermeté la vraie foi.

Entre temps, le gouverneur avait fait quérir Philémon pour qu'il joue de la cithare aux prisonniers dans l'espoir que, charmés par les mélodies, les disciples du Christ soient rappelés à l'attrait des plaisirs de ce monde. Philémon s'avança alors dans l'amphithéâtre et déclara qu'il était bien le joueur de cithare qui, sous l'identité d'Apollonios, venait de renoncer au culte de l'empereur et de confesser le Christ Dieu. Malgré les instances des païens qui voulaient le persuader que rien n'était encore perdu pour lui et que, puisqu'il n'était pas baptisé, il ne pouvait être considéré comme chrétien, Philémon resta inébranlable dans sa résolution et reçut miraculeusement le saint baptême par une pluie qui, du ciel, tomba sur lui seul. À sa prière, les quatre pièces d'or, qu'il avait reçues d'Apollonios, furent alors consumées dans sa main sous l'effet d'un feu mystérieux, de sorte qu'il ne restât ainsi plus trace d'intérêt humain dans sa conversion.

Convoqué à son tour devant le juge, Apollonios, qui avait été la cause de cette conversion sensationnelle, confessa lui aussi avec audace le Nom du Christ et s'élança sans crainte vers les supplices. Les muscles des jambes tranchés, il fut traîné dans toute la ville, tandis que Philémon, pendu à un olivier, servait de cible aux archers. Aucune flèche ne l'atteignit, mais par contre l'une d'elles vint crever l'œil du gouverneur. Pris de pitié, Philémon lui prédit qu'il recouvrerait la vue si, après la mort des martyrs, il allait enduire sa plaie avec la terre de leur tombeau.

Les deux saints trouvèrent une fin glorieuse en étant décapités et, quelque temps après, selon la prédiction de Philémon, Arien recouvra la vue sur leur tombeau et adhéra à son tour à la foi, en compagnie de ses quatre gardes du corps. Quand il apprit la nouvelle de leur baptême, l'empereur Dioclétien les fit saisir et ordonna de jeter Arien pieds et poings liés dans une fosse profonde, avec une lourde pierre attachée au cou. Il le fit ensuite recouvrir de terre et installa son trône au-dessus, en déclarant: «Nous verrons bien maintenant si son Dieu va venir le délivrer de là. » Mais de retour dans son palais, il vit, en entrant dans sa chambre, la pierre et les entraves d'Arien suspendues audessus de son lit, et le martyr couché à sa place. Pris de terreur, le souverain resta d'abord comme paralysé, mais, quand il eut repris ses esprits, il pressa ses soldats de le débarrasser de ce mage et de ses quatre compagnons en les jetant à la mer, après les avoir cousus dans des sacs.

Comme Dieu ne voulait pas laisser se perdre les précieuses reliques des saints martyrs, Il envoya un grand dauphin qui recueillit les cinq sacs sur son dos et les déposa sur le rivage, près d'Alexandrie, où de pieux serviteurs d'Arien, avertis par leur maître avant sa mort, vinrent les récupérer, et ils les transportèrent en grande pompe à Antinoé.

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos
et site Orthodoxos Synaxaristis
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