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Saint Nicon des Grottes de Kiev (†1088)

Fête le 23 mars

Saint Nicon était disciple et compagnon d'ascèse de saint Antoine de Kiev [fête le 10 juilllet]. Quand des hommes épris de Dieu venaient vers saint Antoine, celui-ci, après les avoir initiés aux principes de la vie angélique, chargeait saint Nicon, qui avait été jugé digne de la grâce du sacerdoce, de les tonsurer. C'est ainsi qu'il revêtit de l'Habit monastique saint Théodose, le futur higoumène de la Laure et successeur de saint Antoine [fête le 3 mai]. Lorsqu'il tonsura le noble Barlaam [fête le 19 novembre] et Éphrem [fête le 28 janvier], l'ami du prince de Kiev Iziaslav laroslavitch, saint Nicon encourut la colère du souverain. Celui-ci lui demanda comment il avait pu oser procéder à ces consécrations monastiques sans son ordre. Le saint répondit avec calme : "Je les ai tonsurés par la grâce divine, selon l'ordre du Souverain céleste, Jésus-­Christ, qui les a appelés à une telle vie d'ascèse." Encore plus courroucé par cette réponse, le prince s'écria : "Ou bien tu les persuades de revenir chez eux, ou alors je te jette en prison avec ceux qui t'entourent, et j'ordonnerai de détruire votre grotte" Le bienheureux répondit

"Maître, fais tout ce qui te plaira. Mais il ne m'appartient pas de détourner des soldats de la milice du Roi céleste !"

Comme Nicon et ses moines avaient quitté les grottes de Kiev et s'apprêtaient à s'installer dans une autre province pour échapper à la vengeance du prince, un enfant rapporta la nouvelle à la princesse, laquelle persuada son époux de ne pas provoquer la colère divine en persécutant les moines. C'est ainsi que, mû par la crainte de Dieu, le prince rappela Nicon et ses moines et les laissa en paix. Menant dans ces grottes de Russie, une vie semblable aux anachorètes d'Orient, Nicon remporta de nombreuses victoires sur les puissances des ténèbres par les seules armes du jeûne et de la prière.

Quand les frères devinrent nombreux, souhaitant mener une vie hésychaste, dans le silence et l'effacement, il alla s'installer, avec la bénédiction de saint Antoine, dans l'île de Tmoutarakan, sur la mer d'Azov. Les habitants de cette île, encore peu affermis dans la foi, n'avaient jamais entendu parler de la vie monastique, mais la présence de l'homme de Dieu et ses instructions entraînèrent un grand nombre d'entre eux à suivre son mode de vie angélique. D'autre part, malgré son désir de retraite, la réputation de Nicon se répandit partout, et certains venaient de bien loin pour devenir ses disciples. Le saint fit construire une église dédiée à la Toute Sainte Mère de Dieu, et un monastère, semblable à celui de la Laure des grottes de Kiev, se développa par la grâce de Dieu et les prières de saint Nicon. Un jour, alors qu'il était de passage à la Laure de Kiev, il rendit visite à l'higoumène saint Théodose, qui le pria de rester avec lui. Nicon lui répondit : "Je m'en vais mettre en ordre les affaires de mon monastère et ensuite, si cela est agréable à Dieu, je reviendrai." C'est ce qu'il fit et, de retour à la Laure, il se soumit humblement à saint Théodose (1068). Lorsqu'il devait s'absenter, celui-ci remettait la direction des frères à Nicon, et il lui montrait en tout une tendre affection. Mais, en ces temps troublés où des luttes intestines se faisaient jour entre les princes russes, saint Nicon, désireux de préserver la quiétude nécessaire aux hommes de prière, retourna dans son île.

Quelques années plus tard (1078), il revint à la Laure pour visiter saint Théodose, mais celui-ci avait quitté ce monde et le bienheureux Étienne avait été désigné comme successeur [fête le 27 avril]. Saint Nicon décida toutefois de rester à la Laure jusqu'à la fin de ses jours. II fut, par la suite, élu higoumène à l'unanimité, comme le plus fidèle disciple de saint Antoine, et offrit à ses moines un exemple vivant de la plénitude des vertus monastiques. Il plut tant à Dieu que, pendant son higouménat, l'église de la Laure fut miraculeusement ornée de fresques. Dix ans après leur trépas, saints Antoine et Théodose apparurent en effet à des iconographes de Constantinople, leur remirent de l'or et leur commandèrent d'aller à Kiev peindre l'église de la Laure. Quant à saint Nicon, après avoir servi Dieu en de grands labeurs ascétiques, il partit jouir de la gloire céleste, dont témoignent ses reliques incorrompues (1088).

Sources : synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos-Petra au mont Athos et le site Orthodoxos Synaxiristis
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