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Saint Paisios Velichkovsky Saint Païssy Velitchkovsky (1722-1794)

Fête le 15 novembre

Il naquit en 1722 en Ukraine, fils de Jean, prêtre. Il reçoit à son baptême le nom de Pierre. Très tôt sa vocation religieuse et les traits caractéristiques de sa sainteté se manifestèrent.

À cette époque, et du fait de la réforme brutalement imposée en 1723 par Pierre le Grand à l'Église russe, en effet, celle-ci avait été hélas transformée en une structure administrative docile dans la dépendance directe et sous la tutelle de l'État. Pendant presque deux cents ans la vie spirituelle de la Russie s'est ainsi réfugiée dans les communautés monastiques, donnant naissance à un retour aux sources et à un rapprochement puissant avec la Sainte Montagne de l'Athos.

La vie et l'œuvre de saint Païssy Velitchkovsky en attestent.

Envoyé en 1735 à l'Académie Ecclésiastique de Kiev, et il en abandonna les études au bout de quatre années, déçu par la sécheresse spirituelle de l'enseignement et le caractère mondain.

Il s'engagea dès lors dans la voie monastique à la recherche d'un père spirituel.

En 1743, encore novice "rasophore", il rejoint les petites communautés de moines russes réfugiés dans les skites alors établis dans les principautés roumaines de Moldavie et Valachie. Ses qualités dans l'obéissance, l'humilité, l'amour des frères, la constance, la joie dans les épreuves, le zèle pour la méditation et dans la prière convainquent ses supérieurs de le faire ordonner prêtre avant l'âge de trente ans, en dépit des Canons, ce qu'il ne souhaite pas

Ceci l'amena, en fait, à quitter son monastère et la Roumanie pour se diriger vers le Mont Athos en 1746, où il passera 17 années.

Dans une situation d'extrême pauvreté, il y persévéra d'abord dans la vie érémitique pendant quatre ans.

En 1750, Basile de Poïana Marului [fête le 25 avril], qu'il avait connu en Roumanie, venu au Mont Athos, lui confère la tonsure et lui donne le nouveau nom de Païssy. Il lui conseille de quitter son mode de vie érémitique et de rassembler quelques disciples.

Peu de temps après, un jeune moine roumain, Bessarion, qui comme lui n'avait pu trouver de père spirituel, se présenta et lui demanda avec larmes de le recevoir comme disciple. Ce fut le point de départ de la petite communauté.

En 1758, il est ordonné prêtre pour le service de ses frères.

En 1763 il quitte l'Athos et s'établit au monastère de Dragomirna, au nord de la Moldavie et reçoit le soutien du métropolite Gabriel de Jassy et du hospodar Grégoire Kallimakis, qui allait être plus tard condamné à mort par l'occupant ottoman. Il rédige alors une règle inspirée de Basile le Grand, Théodore Studite et Nil Sorsky. Il devient alors "mégaloschème" – moine du grand habit, le degré supérieur du monachisme byzantin.

En 1775 Païssy et les 350 moines dont se compose désormais sa communauté, quittent la Bukovine, c'est-à-dire à la partie du territoire moldave cédé à l'Autriche catholique. Avec l'aide du prince Constantin Morouzy, il s'établit au monastère de Secu.

En 1779 il reçoit aussi la charge du monastère de Neamts qui va devenir le centre de la communauté "païssiste".

En 1780 Constantin Karagias, ayant rencontré à Neamts le starets Païssy le décrit ainsi : "Je le rencontrai alors pour la première fois. Je vis de mes yeux la sainteté incarnée, un homme libre de toute passion et absolument transparent. Son visage m'apparut d'une très grande douceur, très pâle, comme exsangue. Sa barbe était toute blanche et brillante, très propre ... Il se montrait très doux dans la conversation, sans aucune recherche."

Alors âgé de 58 ans, sa célébrité rayonne, depuis la Moldavie, dans tout l'orient chrétien, en Grèce comme en Russie.

Le moine Vital, disciple de la seconde génération, celle qui l'avait rejoint 15 ans plus tôt à Dragomirna décrit ainsi ses qualités d'Ancien : "Tous lui obéissaient, se soumettaient à lui avec amour, s'appliquaient avec ardeur à leur salut, pleins de confiance à l'égard de ce saint homme. Ils provenaient de multiples pays, en majorité slaves et roumains, grecs, bulgares, etc. C'était un homme de Dieu et une personnalité de grand renom, comme il en fut dans les temps passés. Il était plein d'amour spirituel, de foi et de zèle pour les choses divines, débordant de miséricorde envers tous. Humble, il avait le don des larmes et le charisme de l'enseignement."

Un autre ajoutera : "Le bienheureux possédait un tel don que, par ses paroles, il pouvait ranimer le zèle du plus indolent parmi les hommes."

En 1782 Nicodème l'Hagiorite et Macaire de Corinthe avaient entrepris la publication de la "Philocalie" recueil des Pères grecs. Or cette œuvre célèbre est de la plus haute importance. Non seulement c'est Païssy qui l'introduisit, après l'avoir traduite en langue slave, mais c'est en grande partie sous son influence que ce travail majeur fut accompli, qui réintroduit dans toutes les communautés orthodoxes une pratique de foi venant des temps les plus anciens du christianisme, puisqu'Évagre le Pontique en témoigne déjà au IVe siècle : la Prière du Cœur.

Grâce à Nicodème chez les Grecs et à Païssy chez les Slaves, elle s'introduira parmi les fidèles, et deviendra même célèbre en occident à partir de la publication en 1943 du Récit du Pèlerin russe. Forme profondément personnelle de la piété, elle façonne l'âme des orthodoxes qui la suivent. Elle assure, avec l'aide de Dieu, une force essentielle de notre foi, dans les temps de persécution comme dans la confrontation avec l'impiété ordinaire.

Le 15 novembre 1794 saint Païssy meurt alors que sa communauté plurinationale est composée d'un millier de moines roumains, ukrainiens, russes, biélorusses, serbes, grecs ou bulgares. La pierre tombale porte l'inscription : "Ici demeure notre bienheureux Père hiéromoine du grand habit et archimandrite starets Païssy, d'origine ukrainienne qui, arrivant du Mont Athos en Moldavie avec soixante disciples et rassemblant ici une multitude de frères a renouvelé par son œuvre la vie cénobitique. Il est retourné au Seigneur en l'année 1794 le 15 novembre, sous le pieux Prince Michel Sutul et le métropolite Jacques."

Sa vénérable tombe constitue aujourd'hui encore un lieu de pèlerinage.

JM

Éléments de Bibliographie
Païssij Velitchkovskij "Autobiographie d'un starets" Coll. Spiritualité Orientale n°54 ed. Abbaye de Bellefontaine 1991.
S. Tchetverikov, Le Starets Moldave Païssij Velitchkovskij (1722-1794). Sa vie, son enseignement et son influence sur le monachisme Orthodoxe. Coll. Spiritualité Orientale n°68 ed. Abbaye de Bellefontaine 1997.
Michel Aubry "Saint Païssius Velichkovsky "L'Age d'Homme" 1992
Jacques Serr et Olivier Clément "La Prière du Cœur" Coll. Spiritualité Orientale n°6 bis ed. Abbaye de Bellefontaine 2001

Note
C'est l'Église russe hors frontières en 1981 qui, la première, a reconnu officiellement la sainteté du bienheureux starets ukrainien Païssy Velitchkovsky. Mais toutes les juridictions orthodoxie considèrent aujourd'hui qu'il joua un rôle central dans le renouveau de la spiritualité orthodoxe à la fin du XVIIIe siècle.

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