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Le Saint prophète Joel Saint Prophète Joël

Fête le 21 septembre

Le 19 octobre l'Église célèbre la mémoire du saint prophète Joël.

Yo’el signifie en hébreu Yahvé est Dieu. Comme pour beaucoup de prophètes, nous avons peu ou pas du tout de renseignements biographiques. Sur la datation de ce livre, les hypothèses courent du 4me au 9me siècle avant J.C. Cette incertitude pourrait bien être significative pour la compréhension du message de Joël. Sa parole, contrairement aux autres prophètes, ne semble pas s’insérer dans la vie du peuple élu à une période déterminée. Il n’est nullement certain que le prophète décrive des situations actuelles vécues par le peuple ou un fait concret dont il aurait lui-même été témoin On a plutôt l’impression que les sauterelles, l’incendie, Tyr, Sidon, l’Egypte et autres fléaux évoqués par le prophètes expriment un message supra-temporel : sans cesse, Israël – et chacun d’entre nous – est confronté à l’épreuve du mal et du péché. Le prophète réfléchit, de manière qui lui est personnelle, au combat spirituel qui se livre au sein du peuple comme dans nos vies entre ce que l’on pourrait appeler le péché et la grâce. Et par quels chemins humains cette dernière atteint le cœur humain.

Contenu du Livre de Joël

À travers une série d’oracles de malheur mais aussi de salut pour le peuple, d’oracles contre les nations ennemies et un oracle plein d’espérance pour Juda, le message de Joël se déploie en deux grands thèmes liés l’un à l’autre. Celui du dépouillement total de l’homme et le thème du Jour du Seigneur.

Ce dernier revient comme un refrain en chacun des quatre chapitres du livre. Ce jour est plus qu’un simple jour, il contient toute l’énergie de l’Amour de Yahvé, de son Amour blessé par le péché, de sa miséricorde qui fait grâce. Energie radicalement autre que le prophète ne peut décrire qu’à travers le langage emprunté aux catastrophes naturelles ou à une guerre (1,2-4.6-7) dont l’assaut anéantit toute vie (1,8-12) et qui condamne tout ce qui s’oppose à Yahvé (2,1 sq).

Pour le peuple ce Jour est synonyme de dépouillement total, intérieur et extérieur. Pour le décrire, Joël puise dans le langage des prophètes : essaims de sauterelles auxquels rien ne résiste. Désastre national, économique et religieux. Tout est dévasté, supprimé, dévoré devenu un désert, plus de joie (1, 5-20) – armée dévastatrice, feu dans les villes…

L’ordonnance même du culte est anéantie : plus d’offrandes possibles au Temple. Le lien avec le Seigneur semble rompu.

Dans les deux premiers chapitre (1,1-2,17), le prophète pousse un cri d’alarme et un appel pressant à la conversion : appel à la prière – criez vers Yahvé (1,14) – au jeûne, à la pénitence (1,13-14 ; 2,15-17) Conversion encore extérieure, ritualiste à laquelle il substitue la nécessité d’un retournement plus intérieur du cœur humain : Déchirez vos cœurs et non vos vêtements ((2,12-14)! Invoquez le nom du Seigneur (3,15). (Textes repris dans la liturgie du carême.)

Les deux derniers chapitres (2,18-4,21) disent la réponse du Seigneur. En effet, l’homme dépouillé de tout ne peut plus que s’en remettre au Seigneur, lui qui seul, fait grâce. Peut-être aura-t-il du regret et laissera-t-il après lui une bénédiction ? (2,14) Qui peut supporter le Jour de l’Éternel (2,11) ? Le peuple dont le cœur est repentant. Pour lui, Yahvé sera un refuge, une forteresse (4,16). Au milieu d’Israël (2,27), il le comble de biens matériels et de la joie du cœur (2,21-26) sur toute chair il répandra son Esprit (3,1sq). Notre petit monde intérieur et extérieur sera chamboulé, nous deviendrons prophètes du Royaume où les nations (symboles de la résistance à Dieu) seront vaincues et la Vie restaurée en plénitude (4,1-21), la merveilleuse abondance que procure la présence créatrice de Dieu. Mais l’essentiel est la certitude donnée au peuple irrévocablement lié à son Dieu de connaître le Seigneur, intimement (2,27 ; 4,17).

Pour ceux dont le cœur ne se sera pas retourné vers Yahvé, son Jour sera Jour de jugement (4,1-15).

À cause du passage (3,1-5), Joël est appelé le Prophète de la Pentecôte. Pierre fera référence à cet oracle, annonçant sa réalisation pour tous les croyants dans l’événement de la Pentecôte (Actes des Apôtres 2,17-21)

L’Esprit Saint opère en eux le dépouillement qui conduit à la conversion et la communion avec le Seigneur.

Notons que l’Apocalypse achève ce que Joël annonce de façon voilée. Le terme grec apokaluptein veut dire précisément lever le voile sur le Jour du Seigneur et son jugement. L’apparition du Seigneur à la fin des temps lève le voile. S’il vient avec les anges et les saints, ce n’est pas pour un jugement de condamnation, mais pour un jugement de salut. . Il comblera de bénédictions ceux qui auront mis en Lui leur foi, leur amour et leur espérance. Ainsi, la fin du livre de Joël se réalisera en plénitude pour tous ceux qui adhéreront au Seigneur ressuscité. Jean lève le voile sur ce qui était encore symbolique chez Joël. Dans le combat contre les forces du Mal et de la Mort, Dieu sort vainqueur. L’ennemi (la Bête) est vaincu et la Jérusalem céleste et messianique s’instaure. Remarquons un certain écho entre les paroles de Joël et celles de Jean. Vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi (Joël 2,27) et Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux sera leur Dieu (Ap. 21,3) ; Une source jaillira de la maison de Yahvé (Joël 4,18) et Je lui donnerai de la source de Vie, gratuitement (Ap. 21,6). L’annonce du Jour du Seigneur selon Joël trouve son accomplissement dans le double cri d’amour de l’Eglise pécheresse, repentie et sanctifiée : Mon retour est proche. Oh oui, viens Seigneur Jésus ! (Ap. 22,20)

Valère De Pryck
Source : le site des Saints Byzantins, Orthodoxes e.a.présentés par Valère De Pryck
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