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Saint Romain de CondatSaint Romain de Condat (390-460) et son frère Lupicin († v 480)
Fête le 28 février


Le 28 février l'Église fait mémoire de saints Romain de Condat (390-463)
et son frère Lupicin († v 480).

Originaire du Jura, saint Romain se forma à la vie monastique auprès de saint Sabin dans le couvent d'Ainay près de Lyon. Il revint dans son pays natal pour s'y établir comme ermite et il y fonda le monastère de Condat (Saint Claude).

Son frère Lupicien devenu vœuf l'y rejoignit et à deux ils fondèrent nombre de monastères renommés dans le Doubs et jusqu'en Allemagne dont celui de Romainmotier en 450.

Romain rédigea une règle qu’il tira de celle des moines de Lérins.

Un jour, Romain qui allait visiter le tombeau de saint Maurice, à Agaune, fut surpris par un violent orage. Il demanda l’asile dans une cabane de lépreux où il passa la nuit sans aucune répugnance pour l’affreuse maladie de ses hôtes. Le matin, il partit de bonne heure.

Peu après, en se réveillant, les lépreux constatèrent qu’ils étaient parfaitement guéris. Persuadés que leur guérison venait de Romain, il lui coururent après mais ne purent le rattraper. Par contre, ils répandirent rapidement la nouvelle du miracle. Il se retira à son monastère de Condat et y mourut quelques temps après. Son corps fut transporté au monastère de la Baume et. Il y resta jusqu’en 1522, date à laquelle il fut consumé dans un incendie. Ses derniers restes sont aujourd’hui dans l’église de saint Romain de Roche.

< a name= Saint LupicinLupicin était frère puîné de saint Romain, abbé de Condat. Jeune encore, il fut engagé dans les embarras du monde, dont le contact ne lui fit pourtant rien perdre de cette tendre piété qu'il avait constamment pratiquée pendant son enfance. Dès que Dieu, en ravissant à ce fervent chrétien sa femme et son père, eut brisé ainsi une partie des liens qui le retenaient dans le siècle, Lupicin alla rejoindre son frère Romain dans les déserts du mont Jura. L'enfer, jaloux de tout le bien que cette réunion allait procurer à la religion en donnant naissance à tant de maisons sainte, qui devaient devenir en Occident les rivales des Laures de la Thébaïde, mit tout en œuvre pour la détruire dès son principe. Si l'on en croit saint Grégoire de Tours, ce n'est pas seulement par des tentations intérieures que le démon attaqua les deux saints solitaires mais il les molestait jour et nuit par mille mauvais traitements, à un tel point que, lassés de ses poursuites, ils résolurent de quitter ces lieux et reprirent le chemin de leur pays. Ils logèrent d'abord chez une pauvre femme qui s'informa d'où ils venaient et quel était leur dessein les deux frères ayant satisfait à ses demandes, elle leur représenta combien il serait honteux pour eux de se laisser vaincre si lâchement par celui que les amis de Dieu avaient si souvent vaincu. La vérité qui parlait par la bouche de cette femme les fit rentrer en eux-mêmes; ils reprirent courage, retournèrent dans leur désert, et, à force de prières, ils obtinrent do la miséricorde de Dieu, non seulement de persévérer dans la résolution qu'ils avaient formée de passer leur vie dans la solitude, mais encore d'être délivrés des as-sauts du démon.

Ils avaient établi leur demeure sous les branches épaisses d'un énorme sapin, au fond d'une gorge que dominent de hautes montagnes, et auprès d'une fontaine qu'on appelle aujourd'hui le Bugnon. Ce fut le berceau du monastère de Condat. C'est là que les pieux anachorètes reçurent leurs premiers disciples, et les initièrent à cette vie de renoncement, dont ils avaient les premiers, donné l'exemple dans la Séquanie (Franche-Comté). Bientôt le nombre des moines rassemblés sous la conduite de Romain et de Lupicin augmenta tellement, qu'il fallut songer à construire un nouveau monastère, pour y envoyer une partie des religieux. Cette colonie, placée spécialement sous la conduite de Lupicin, s'établit, vers l'an 445, à une lieue de Condat, dans une plaine assez fertile, appelée Lauconne, et où s'élève, aujourd'hui le village de Saint-Lupicin. Cette nouvelle maison, fondée sur le modèle du monastère principal, en adopta les règles et les usages. On y éleva un oratoire on y construisit des cellules isolées pour chaque moine, et les religieux y partagèrent leur temps entre le travail et la prière. Les moines de Condat et de Lauconne se proposaient surtout d'imiter la vie des anachorètes de l'Orient Ils lisaient tous les jours les règles de saint Pacôme, de saint Basile, des moines de Lérins, de Cassien, et trouvaient leurs modèles dans les écrits des Pères du désert.

L'austérité de Lupicin, tempérée par la direction paternelle de son frère, maintenait la discipline parmi les religieux. Jusqu'à saint Oyend, quatrième abbé de Condat, il n'y eut pas de règle spécialement rédigée pour ce monastère. L'exemple de Lupicin était la meilleure des règles. Surtout sévère envers lui-même, il ne semblait s'inspirer que de l'austérité la plus rigide. Toujours il fut vêtu d'une tunique de poil fort incommode et d'autant plus propre à le maintenir dans des sentiments d'humilité, qu'elle était composée de peaux de diverses bêtes, mal apprêtées et grossièrement cousues; son capuce pouvait tout au plus le garantir de la pluie, mais non pas du froid, qui était rigoureux à Lauconne il portait des sabots dans son monastère, et ne prenait des souliers que lorsqu'il fallait sortir pour le service du prochain. Il n'avait point de lit lorsque tous ses religieux étaient couchés, il entrait dans la chapelle, où il passait une partie de la nuit en méditation quand il se sentait abattu par la fatigue, il prenait un peu de repos sur un banc. Dans le fort de l'hiver, il présentait au feu une longue écorce d'arbre faite en forme de berceau, et lorsqu'elle était un peu échauffée, il s'y couchait, seulement couvert de ses habits. Quoique plusieurs écrivains aient remarqué que les Gaulois ne fussent pas d'une complexion telle qu'ils pussent jeûner aussi rigoureusement que les religieux de l'Orient, Lupicin ne se laissa pas d'aller encore plus loin que la plupart d'entre eux par l'austérité de ses abstinences et la longueur de ses veilles 1. Ordinairement il ne prenait de nourriture que tous les trois jours; il ne but jamais de vin depuis qu'il eut quitté le monde il s'abstint même d'eau les huit dernières années de sa vie quand la soif le prenait il en éteignait peu à peu les ardeurs en trempant les mains dans un bassin d'eau, sans prendre d'autre rafraîchissement; jamais, dans ses maladies, il ne souffrit qu'on mêlât à son potage de l'huile ni du lait, bien que l'usage en fût permis aux infirmes dans son monastère près de mourir, en proie aux accès d'une fièvre ardente, s'étant aperçu qu'on lui administrait de l'eau dans laquelle on avait mis un peu de miel, il refusa ce breuvage. Avec un tel esprit d'abnégation, Lupicin était préparé à tous les sacrifices. Dieu lui en imposa cependant un bien pénible pour son cœur, et plus dur que toutes ses pénitences corporelles. Vers l'an 460, son frère Romain mourut entre ses bras, au monastère de la Balme, dont leur sœur Iole était abbesse. Dès lors, Lupicin eut à suppoeter seul la lourde tâche de diriger toutes les communautés du Jura. Il resta à Lauconne, où étaient alors réunis cent cinquante moines, et mit, quelque temps après, saint Minase ou Minause à la tête de Condat, pour administrer ce monastère sous sa direction.

Lupicin gouvernait ses religieux avec autant de zèle que de prudence. Sévère à l'égard des hommes orgueilleux et opiniâtres, il savait au besoin allier la douceur à l'austérité du caractère, et se montrer indulgent pour les fautes qui attestaient plus de faiblesse que de malice. Dans l'année qui suivit la mort de saint Romain, deux frères, ayant formé le dessein de fuir ensemble du monastère, se donnèrent rendez-vous pour la nuit a l'église, afin d'y prier encore avant de partir. Ils s'y rendirent en effet au milieu des ténèbres, et quand ils eurent prié un instant « Pour vous, dit alors l'un d'eux, emportez d'ici mon sarcloir et ma hache, tandis que j'irai tout doucement dans votre cellule prendre votre saie et votre coule, et, après avoir ainsi emporté tout ce qui nous appartient, nous nous retrouverons dans le lieu convenu » Les ténèbres étaient profondes et les deux religieux se croyaient seuls. Mais Lupicin se trouvait à l'église, méditant et priant dans le silence de la nuit, comme il le faisait souvent, et il avait tout entendu. Lorsqu'il vit que les deux frères avaient tout préparé pour leur départ, et qu'ils allaient mettre le pied hors du monastère, il s'écria du coin de l'église où il s'était, retiré : « Mes chers enfants, puisque vous êtes venus prier avec moi avant de partir, vous ne me refuserez pas le baiser de paix au moment de me quitter s. A ces paroles inattendues, les deux malheureux frères tombent frappés de stupeur. Ils versent des larmes, et leurs soupirs attestent qu'ils sentent vivement les remords de leur conscience. Lucipin vient à eux, les appelle par leur nom, et, étendant la main sur eux, les embrasse avec une bonté qui achevé de les gagner. Il ne leur adresse aucun reproche, mais, sans rien leur dire de plus, il se met à genoux avec eux et continue à prier. La grâce divine fit le reste. Les deux moines, touchés d'un vif sentiment de repentir, firent de nombreux signes de croix sur leurs yeux et sur leur poitrine, et, après avoir prié un instant, ils s'en retournèrent chacun à son lit, pleins de honte et de frayeur. Ils étaient si tremblants, que, dans leur trajet, ils ne se dirent pas un mot de ce qui venait de se passer. Cependant, la confusion qu'ils avaient éprouvée et la bienveillance que leur avait témoignée Lupicin, leur faisaient espérer qu'ils obtiendraient de lui le pardon de leur faute.

Ce récit témoigne assez de la douceur que Lupicin savait employer à propos. Mais ce qui atteste aussi sa discrétion, c'est que, pendant près de vingt ans, le saint Abbé ne parla jamais à personne de cette aventure. Un de ces deux frères étant mort, Lupicin réunit alors la communauté, et crut pouvoir raconter cette histoire en présence de celui des deux moines qui vivait encore. Il en tira d'utiles leçons pour la consolation et l'édification de tous. « Voyez », leur disait-il, « mes chers enfants, quelles ruses et quels artifices le démon emploie pour vaincre les amis du Christ. Mais si Dieu a permis que ses serviteurs fussent tentés un moment, c'était pour faire éclater sur eux ses miséricordes, car il leur a tendu la main lorsqu'ils chancelaient, et il n'a pas souffert qu'ils devinssent la proie de l'antique serpent ».

Sources : Atelier saint André
et site Site nouvelle évangélisation
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